Le dossier de la motoneige s’embourbe

Le dossier de la motoneige s’embourbe
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Pour éviter de s’enliser indéfiniment dans le dossier, les gens de la Table de concertation sur les véhicules hors route (TCVHR) ont décidé d’aller d’abord scruter l’opinion des MRC avant de proposer quelque tracé que ce soit.

Le syndrome «pas dans ma cour» fait rage. Que ce soit à Sainte-Agathe, Saint-Adolphe-d’Howard ou Saint-Hipppolyte, des voix s’élèvent du côté des riverains. Même certains adeptes de motoneiges grognent. Ils dénoncent le fait que les clubs vendent des cartes de membres sans pourvoir assurer un accès continu aux sentiers du nord au sud. Aussi, le préfet de la MRC des Pays-d’en-Haut et président de la Table de concertation sur les véhicules hors route, Charles Garnier, a pris la résolution d’aller sonder les huit municipalités régionales de comté impliquées dans le dossier avant de continuer à échafauder des propositions de parcours avec ses collègues. C’est ce qui est ressorti de la dernière réunion de la Table tenue plus tôt cette semaine. «Le dossier des aires protégées n’a pas bougé, celui du l’Université de Montréal non plus (station de biologie), les citoyens du Lac Pilon sont en colère, ceux de Saint-Hippolyte aussi. Avant de faire un tracé, il faut faire le tour des MRC et demander à chaque maire s’il sont ouverts ou non à voir passer des véhicules hors route sur leur territoire.»

Tournée de sensibilisation
«On entreprend une tournée de sensibilisation du 13 février au 28 mars, renchérit la coordonnatrice de la Table, France Savoie. On va expliquer le mandat gouvernemental et sensibiliser les élus face à l’importance d’établir des sentiers interrégionaux. On va parler de la problématique, recevoir leurs impressions et voir s’il y a eu des plaintes de la part des citoyens. C’est l’élu dans sa cour qui s’y connaît. Et il faut qu’ils comprennent: on veut bien entendre les problèmes, mais on veut qu’ils nous aident à trouver des solutions.» Admettant qu’il s’agit d’un mandat «corsé», France Savoie demeure optimiste, tout comme la majorité des 41 membres de la Table. «C’est un mal nécessaire. Faut à tout le moins tout tenter pour y arriver.»

Consciente des enjeux en cours, Mme Savoie prétend que le problème va s’amplifier d’année en année, compte tenu de la recrudescence fulgurante des ventes de véhicules tout-terrain (VTT). «Le phénomène est le même que ce qu’on a connu avec les motoneiges il y a 30 ans, estime la coordonnatrice de la Table. Quand on sait qu’il y a environ 20% seulement des propriétaires de VTT qui sont membres d’un club, on peut s’imaginer ce qu’il adviendra. Nous on leur dit : vous pouvez pratiquer ce sport mais pas n’importe où, pas n’importe quand et n’importe comment.» Il n’empêche qu’en attendant le tracé définitif, les solutions temporaires imposées à certains résidents sont plutôt boiteuses. «À Saint-Hippolyte, les motoneiges commencent à circuler à 7h30 le matin et passent à quelques pas de la patinoire municipale ou des maisons, se plaint Pierre-Dionne Labelle, qui parle au nom d’une soixantaine de citoyens de sa municipalité. Comment voulez-vous que la jeune maman promène sa poussette?»
«On passait sur la route mais il y a eu des plaintes, explique Michel Lauzon, président du Club laurentien de motoneiges. Pour cet hiver, le maire préfère qu’on passe directement à côté de la patinoire» (un protocole était signé à ce sujet jeudi).

Paul Shaw, qui accordait un droit de passage aux motoneigistes depuis des années, a décidé de refuser l’accès aux VHR cet hiver. Il craint d’être exproprié au détriment du tracé permanent. Rapidement, les motoneigistes ont dû élaborer un sentier de contournement temporaire. «Cette année, la municipalité nous donne accès à un kilomètre de route comparativement à 500 mètres l’an dernier. Si l’Université de Montréal accepte le troisième plan d’ingénieur forestier qu’on leur propose, beaucoup moins de propriétés privées vont être touchées. Que voulez-vous, on ne peut pas faire d’omelettes sans casser d’œufs.»
«C’est loin d’être réglé, estime pour sa part Sylvain Valiquette, qui siège du la Table au nom du Club de plein air de Saint-Adoplhe-d’Howard. Il y a les vieux résidents, habitués de partir de chez eux avec leur motoneige et il y a les nouveaux arrivants, qui achètent une propriété pour avoir la paix. En septembre 2005, la municipalité a sondé la population. Quarante pour cent des gens étaient en faveur d’un sentier motorisé et 85% voulaient un sentier non-motorisé. Mais la municipalité a quand même fait sa part en aménageant un stationnement de 15 000$ pour accommoder les utilisateurs de VHR étant donné que l’accès à l’ouest de la municipalité est fermé pour l’hiver. Mais il y a encore des gens qui gueulent. Ils sont coincés à Saint-Addolphe. Faut se rendre à l’évidence. Un jour, les gens ne pourront plus partir du sud vers le nord.» «Faut d’abord déterminer où est le kilomètre zéro, il faut faire ce débat», conclut France Savoie.

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