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Le Rapport des Damnés?

Par stephane-gendron

Ou devrais-je dire, le Rapport des condamnés, à voir les réactions de poules sans tête de Mario Dumont et de Pauline Marois. Bien évidemment, vous aurez deviné qu’il s’agit du Rapport des Commissaires Bouchard et Taylor sur les accommodements raisonnables. Au moment d’aller sous presse, nous aurons accès au Rap-port, et déjà les NANAlystes du fast-food de l’information se feront aller sur toutes les tribunes mais combien d’entres eux se seront claquer le rapport au complet avant de réagir? À l’air de ce fast-food, c‚est le «cut and paste» intellectuel qui prévaut.

Peu importe les constatations du Rapport ou ses conclusions, l’exercice aura permis de mettre en valeur des visions différentes de notre société et donner la parole à des être de valeurs tout comme de purs imbéciles, le Code de vie de Hérouxville représentant très certainement le paroxysme de l’infériorité intellectuelle lepéniste.

Personnellement, je crois en une Nation forte basée tout simplement sur l’appartenance géographique, la mixité raciale et le partage de quelques valeurs que l’on pourraient qualifier d‚universelles comme l’égalité, la laïcité de l’État et bien évidemment le véhicule de la langue française comme médium rassembleur. Que l’on se définisse comme Québécois «de souche», Canadiens-Français ou autrement ne représente qu’un débat futile pour les racistes déguisés.

Deux personnages ayant marqué notre Histoire collective devrait guider nos pensées avant même toute réaction à l’emporte-pièce: En 1831 alors que l’Assemblée législative du Bas-Canada débattait sur les privilèges à accorder aux Fabriques (les administrations des églises catholiques), le grand chef Patriote Louis-Joseph Papineau avait marqué son Opposition en disant:
«Ce clergé se croit encore le maître de l’autorité civile, croit encore pouvoir exercer une plénitude de pouvoir dont il a abusé.» Voilà pour le petit Mario Dumont qui voudrait privilégier un héritage «judéo-chrétien» dans les valeurs du Québec. Et pour Pauline Marois qui parle d’Elvis Gratton et de citoyenneté pour les uns et d’exclusion pour les autres (par l’entremise de son projet de loi 195), Son Éminence et Sa Grandeur devrait se souvenir de René Lévesque qui avait déclaré: «Québécois est un nom qui unit tout ceux qui sont nés au Québec ou qui y vivent. Il relie les diversités culturelles, linguistiques et religieuses. C’est la marque d’appar-tenance à un peuple, à une terre. L’Usage du mot Québécois n’est d’aucune façon la propriété exclusive d’un seul peuple, encore moins d’un seul parti.»

Avant de vous laisser téléguider par les NANAlystes, donnez-vous donc la peine de lire le Rappport. La pensée par procuration constitue un acte de démission intellectuelle.

Bonne lecture!

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