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L’eau fait trop de victimes inutiles

Par nathalie-deraspe

La saison nautique a déjà fait près de 20 vic-times sur les plans d’eau du Québec alors qu’en 2007, on en dénombrait 12 à la fin de l’été. Les incidents malheureux du Lac Pré-vost la semaine dernier et le plus récent de cette semaine auraient-ils pu être évités?

L’été est à peine commencé que la province bat un triste record de noyades. Des 27 décès reliés à des baignades en piscines ou sur des plans d’eau, 17 concernent la sécurité nautique. La directrice de la promotion de la sécurité nautique à ministère de l’Enseignement, des Loisirs et du Sports (MELS), Sylvie Turner, considère la situation préoccupante. Celle-ci admet toutefois qu’il peut s’agir d’un concours de circonstances. «Il faudrait étudier les statistiques sur une plus longue période de temps avant de tirer des conclusions hâtives», indique-t-elle. Les données les plus récentes datent des années ’90. Durant cette période, le nombre d’accidents était plutôt stable malgré une augmentation croissante du nombre de plaisanciers. Bon an mal an, il y aurait une centaine de noyades au Québec. Le tiers de celles-ci serait directement lié aux activités nautiques. La majorité ont lieu avec des embarcations de moins de 6 mètres. «Certains messages sont plus difficiles à passer, estime Mme Turner. On le répète depuis des années, le facteur de risque le plus important demeure le fait de ne pas porter de gilet de sauvetage. Dans bien des cas, on les voit flotter près de l’embarcation quand on repêche une victime. Les gens ne voient pas la nécessité de le porter. Dans un sondage récent, les personnes interrogées affirmaient que c’était trop chaud et inconfortable. Pourtant, il existe une panoplie de gilets adaptés aux activités qu’on fait.» Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le fait de savoir nager ne signifie pas qu’on sortira sain et sauf d’une mésaventure sur l’eau. Un changement rapide de météo peut engendrer des vents violents et des vagues meurtrières. La fatigue et l’alcool peuvent également diminuer les réflexes. Entre 1991 et 1998, près de 20 % des noyés présentaient un taux d’alcoolémie supérieur à la norme, un chiffre sous-estimé, compte tenu que dans 48 % des cas, le rapport du coroner ne précise pas cette donnée. Pourtant, la surconsommation est objet à sanction, au même titre que la conduite automobile avec facultés affaiblies.

Jusqu’à présent, la loi oblige tout conducteur d’embarcation d’avoir des vestes de sauvetage à bord sans obligation de le porter sur soi. Y aurait-il lieu de modifier la réglementation? Faudrait-il exiger des enfants qu’ils apprennent à nager à l’école? Ce sont là des préoccupations à l’étude, nous dit-on. Mais le rapport coûts-bénéfices serait encore à prouver, selon le MELS. Au Lac Prévost, une simple balade en canot en pleine nuit aura coûté la vie à un jeune homme de 18 ans.
«À partir du 15 septembre, tous les conducteurs d’embarcations motorisées devront avoir une preuve de compétence qu’ils auront acquise auprès d’un organisme accrédité. L’examen et le matériel didactique leur apprendra les règles de base d’usage d’une embarcation», souligne Sylvie Turner. C’est un pas de plus, estime-t-elle. On peut se procurer le Petit guide de sécurité nautique à Transports Canada, au 1 800 267 6687.

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