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L’héroïsme de deux jeunes hommes sera récom

Par nathalie-deraspe

Le 25 janvier au matin, le feu a ravagé une partie du Manoir L’Émeraude, une résidence pour personnes âgées située à Prévost. Pendant que des bénévoles accourus sur les lieux rassuraient les sinistrés, 35 pompiers étaient à pied d’œuvre pour maîtriser les flammes.

L’incendie a pris naissance autour de 7 heures, dans un secteur où l’édifice était en construction. La caserne a reçu un appel d’une employée une vingtaine de minutes plus tard. La fumée envahissait peu à peu la partie habitée du Manoir.

Ce dimanche-là, Maxime Lafleur (19 ans) et Joël Lavallée (25 ans) entamaient leur journée à l’épicerie Axep, située à quelques pas de course à pied. En ni une, ni deux, les jeunes travailleurs étaient rendus sur place pour prêter main forte aux pompiers et s’occuper des résidents autant que faire se peut.

L’entrepreneur Michel Gagnon a vu l’incendie depuis sa cuisine et s’est dépêché d’accourir. Sa mère logeait au Manoir. «Les deux jeunes amenaient les bonbonnes d’oxygène aux pompiers, raconte-t-il. Ils ont enlevé leurs manteaux pour vêtir des personnes âgées. Il faisait moins 20 et ils se promenaient en tee-shirt dehors.»

La mère de M. Gagnon a elle-même fait preuve d’un courage exemplaire. «Elle a 84 ans et elle est «prise» du cœur. Quand je suis arrivé, elle était en train de sortir une de ses amies en chaise roulante, lance Michel Gagnon qui précise aussitôt : D’habitude, elle se déplace en «marchette».» Celui-ci a fait plusieurs aller-retour pour loger temporairement quelques sinistrés chez lui. Il a également vidé son camion de tout ce qui pouvait réchauffer un maximum de gens.

Quartier général improvisé

En peu de temps, l’Hôtel de ville de Prévost est devenu le centre nerveux des opérations. «On cherchait un endroit facile d’accès», explique Robert Monette, directeur du service d’incendie de Prévost. L’endroit a vite ressemblé à une véritable fourmilière. Toute la journée, des bénévoles du village et de la Croix-Rouge, aidés d’employés du Manoir et du CSSS de la Rivière-du-Nord, cherchaient fébrilement à relocaliser tout ce beau monde, tandis que le maire et son conseiller Jean-Paul Joubert, discutaient avec les policiers. Il fallait faire vite. Plusieurs d’entre eux nécessitent des soins particuliers. «Mon bureau est devenu une salle à langer», a lancé Claude Charbonneau en entrevue. Le maire a lui-même donné un coup de main pour que les personnes à mobilité réduite puisse avoir accès à la salle de bain. L’endroit n’est pas équipé d’ascenseur.
«L’évacuation a très bien fonctionné, souligne M. Monette. Dès qu’on a reçu l’appel du Manoir, on a communiqué avec les services d’incendie de Saint-Hippolyte et de Saint-Jérôme pour s’assurer d’un maximum d’aide. On a on quitté les lieux vers 21 heures le soir.»

Le propriétaire de la résidence, Sabet Awad, se dit heureux d’avoir pu récupérer les dossiers médicaux de tous les résidents. Par ailleurs, beaucoup de documents ont été détruits, y compris les plans d’agrandissement de la bâtisse. Ses 12 employés se retrouvent à la rue. La reconstruction de l’édifice n’aura pas lieu avant le printemps. Une enquête est présentement en cours afin de déterminer les causes de l’incendie. Une cérémonie est prévue par la Ville pour honorer le courage des bénévoles.

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