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MTQ et municipalités : Les dossiers avancent… lentement

Par Simon Cordeau

Les routes nationales traversent nos municipalités, mais relèvent du ministère des Transports du Québec (MTQ). Celui-ci est souvent lent à répondre aux demandes des villes, déplorent les maires. Samantha Saroufim, conseillère en communication à la Direction générale des Laurentides-Lanaudière, a accepté de faire le point avec nous sur différents dossiers régionaux.

Route 364 – Chemin Jean-Adam

Jacques Gariépy, maire de Saint-Sauveur, demande l’ajout d’un feu de circulation sur la route 364 depuis 8 ans.

Le MTQ a rencontré la Ville le 31 mai dernier pour en discuter. Il a présenté son analyse pour améliorer la portion à l’ouest de la rue Principale. Parmi les options présentées, la Ville considère prolonger le chemin de l’Héritage jusqu’à l’entrée de l’écocentre, de la voirie et du service d’incendie.

L’accès privé deviendrait alors une rue, ce qui changerait la donne dans le secteur, explique Mme Saroufim. « Le Ministère a demandé une étude de circulation à la Ville. […] C’est cette étude qui va orienter la solution. » Occupé par des Sauveurois privés d’électricité depuis samedi, M. Gariépy n’a pas été en mesure de nous dire où en était cette étude avant de mettre sous presse.

Mais cette intersection n’est pas la seule qui est problématique. Il y a aussi l’avenue des Érables, où sortent les véhicules du sommet de la Marquise, et la côte Saint-Gabriel, où un feu de circulation est également réclamé depuis de nombreuses années. « Ce sont trois points névralgiques », souligne M. Gariépy.

C’est pourquoi, lorsqu’il aura reçu l’étude de la Ville, le MTQ réalisera : « […] une étude plus globale de ce segment de route, pour avoir une cohérence, être sécuritaire et améliorer la fluidité », explique Mme Saroufim.

La circulation a peu augmenté en 10 ans sur la route 364. En 2020, la moyenne était de 11 300 véhicules par jour, alors qu’elle était de 11 100 véhicules en 2010.

Route 117 – Boulevard du Curé-Labelle

Paul Germain, maire de Prévost, demande des feux prioritaires, pour permettre aux véhicules arrivant de l’est sur la rue de la Station et le chemin du Lac Écho de tourner à gauche sur la route 117.

« Pour l’intersection de la rue de la Station, une analyse a été faite en 2021. Elle a démontré que la modification n’était pas justifiée », nous informe Mme Saroufim. Selon les normes du MTQ, il faut une voie dédiée au virage à gauche pour ajouter un feu prioritaire. La rue de la Station n’en a pas, et elle est trop étroite pour en ajouter une.

Par contre, le chemin du Lac Écho a bien une voie dédiée… mais le MTQ dit ne pas avoir reçu de demande pour l’ajout d’un feu prioritaire. Cependant, une analyse de l’intersection est présentement en cours. « Quand on va recevoir la demande de la Ville, on va pouvoir l’analyser en même temps », précise Mme Saroufim.

Elle souligne que des changements ont tout de même été apportés à l’intersection de la rue de la Station. « L’été dernier, le Ministère a procédé à une amélioration de la programmation du feu de circulation, à l’ajout d’une phase exclusive pour les piétons ainsi qu’une traverse sonore pour personne avec une déficience visuelle, à la demande de l’organisme Le Bouclier. »

Occupé par les préparatifs du budget 2022, M. Germain a préféré faire des vérifications internes avant de commenter les deux dossiers.

À Prévost, la route 117 est passée d’une moyenne de 18 000 véhicules par jour en 2009 à 20 400 véhicules par jour en 2019.

Route 370 – Chemin Pierre-Péladeau

Michèle Lalonde, mairesse de Sainte-Adèle, souhaite réduire la limite de vitesse sur la route 370. Le segment à 90 km/h, entre le chemin de Deauville et Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, passerait à 70 km/h. Joint au téléphone, le maire de Sainte-Marguerite, Gilles Boucher, approuvait l’idée. « J’ai discuté avec mon conseil, et nous sommes prêts à le faire. […] Il resterait juste au MTQ à donner son accord. »

Toutefois, Sainte-Adèle avait fait une demande similaire en 2020, mais qui aurait réduit la vitesse à 50 km/h. Le MTQ avait refusé. « Les analyses ont démontré qu’une réduction de vitesse détériorerait les conditions de sécurité actuelles. En effet, il est bien documenté que les conducteurs adaptent, consciemment ou inconsciemment, leur conduite à une vitesse qu’ils jugent sécuritaire en fonction de leur environnement. Une limite de vitesse qui n’est pas cohérente avec le milieu risquerait fortement de ne pas être respectée », explique Mme Saroufim.

« Ce n’est pas un mauvais argument », admet Mme Lalonde. Le MTQ avait alors proposé des solutions alternatives à la réduction de la vitesse.

Alternatives limitées

« On collabore toujours avec les municipalités, pour voir les solutions au cas par cas », répète Mme Saroufim. Cependant, les alternatives proposées sont souvent hors des pouvoirs, ou des moyens, des municipalités.

Pour la route 370 par exemple, le MTQ suggère d’ajouter des aménagements, comme des trottoirs, des bordures ou un terre-plein central. Ceux-ci amèneraient les conducteurs à ralentir. Mais il y a un hic. « Les trottoirs sont des équipements municipaux. Ils appartiennent aux municipalités », précise Mme Saroufim. Ce sont donc les municipalités qui doivent défrayer les coûts élevés, comme l’ont fait Prévost et Sainte-Adèle cette année.

Mme Lalonde n’exclut pas l’idée d’emblée, mais émet des réserves. « C’est peut-être à considérer, mais il faut voir les coûts. Nous avons un plan pour 2022, et il y a beaucoup d’autres priorités qui passent avant. » À titre d’exemple, la mairesse évoque le réseau d’aqueduc, qui est en piètre état et qui prendra des années à remettre à neuf. « L’eau et les égouts, c’est une priorité pour les citoyens. Il faut aller au plus urgent. »

Notons que les municipalités doivent aussi obtenir l’approbation du MTQ pour aménager un trottoir en bordure d’une route nationale.

Une autre solution proposée est d’augmenter la surveillance policière, pour faire respecter la limite de vitesse existante. Mais M. Gariépy, dont la demande pour une réduction de vitesse sur la route 364 a été refusée, n’est pas convaincu.

« Le poste de police, il est là! Et les autos roulent vite pareil. »

Aussi, la plupart des municipalités de la région sont patrouillées par la Sûreté du Québec, qui relève du gouvernement provincial. « C’est difficile pour la Ville d’augmenter la présence policière, alors qu’elle n’a aucun contrôle là-dessus », déplore M. Germain.

M. Gariépy abonde dans le même sens. « On est constamment en relation avec la SQ. Ils peuvent surveiller davantage, mais pas 24 heures par jour. Eux aussi manquent d’effectifs. »

La responsabilité du citoyen

Au bout du compte, rappellent les maires, la sécurité routière est l’affaire de tous. « À mon avis, la sécurité comporte trois parties : la SQ, les municipalités, quand elles ont le contrôle, et le citoyen », énumère M. Germain.

Même son de cloche pour M. Boucher. « La sécurité, ce n’est pas seulement de mettre des pancartes. C’est derrière le volant! »

Au total, la Direction générale des Laurentides-Lanaudière compte 2 753 km de routes, dont :

  • 405 km d’autoroutes;
  • 503 km de routes nationales;
  • 821 km de routes régionales;
  • 922 km de routes collectrices;
  • 517 structures du réseau du Ministère;
  • 649 structures du réseau municipal.

« Ça démontre la largeur de la direction. C’est grand comme territoire », illustre Mme Saroufim.

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