(Photo : Gracieuseté - Facebook - OBV rivière du Nord)
Kayak sur la rivière du Nord

Rivière du Nord : un effort de territoire

Par Louis-Philippe Forest-Gaudet (Initiative de journalisme local)

Un an après une déclaration signée par 28 municipalités, le travail collectif pour améliorer la qualité de l’eau de la rivière du Nord entre dans une phase plus concrète.

La rivière du Nord ne redeviendra pas baignable par une simple déclaration d’intention. C’est le message qui se dégage de la première rencontre officielle du comité municipal formé pour assurer le suivi de la Déclaration d’engagement pour la qualité de l’eau, signée en avril 2025 par 28 municipalités du bassin versant.

La rencontre, tenue le 28 avril à Saint-Colomban, réunissait des personnes élues et des membres du personnel municipal. Un an après la signature de la Déclaration, les municipalités signataires réaffirment leur volonté de travailler ensemble pour protéger et améliorer la qualité de l’eau.

Garder le cap

La Déclaration d’engagement, annoncée le 15 avril 2025, repose sur 11 engagements concrets. Ceux-ci touchent notamment la réduction des débordements d’eaux usées, la correction des fosses septiques non conformes, la gestion des eaux pluviales, l’amélioration des stations d’épuration et la mise en valeur écorécréative de la rivière.

« C’est un moment historique. On ne parle pas ici d’un vœu pieux, mais d’un véritable plan d’action collectif », affirmait alors Paul Germain, maire de Prévost. « Nous voulons rendre la rivière du Nord à nos citoyens, la rendre propice à la baignade à moyen terme et la remettre dans un état dont nous pourrons tous être fiers. »

Un an plus tard, le comité municipal veut maintenant donner une structure à cette ambition. Lors de la rencontre d’avril, ses membres ont convenu de poursuivre leur collaboration sur un horizon minimal de cinq ans. Un tableau de bord des engagements sera aussi mis en place, avec une évaluation prévue à mi-parcours.

Du diagnostic à l’action

Le Défi Eau propre s’inscrit dans la suite de cette démarche. Porté par l’OBV rivière du Nord et Fondation Rivières, ce projet vise à rendre la protection de l’eau plus accessible et plus abordable pour les municipalités. Il mise sur l’uniformisation de certaines pratiques, la mutualisation des ressources et l’optimisation de la gestion des actifs municipaux.

« Les contributions des élus et du personnel municipal sont indispensables pour bâtir des bases solides en vue de faciliter la collaboration autour d’enjeux aussi complexes que la qualité de l’eau », affirme Mélanie Lauzon, directrice générale de l’OBV rivière du Nord. Selon elle, les municipalités ont choisi de « mettre leurs efforts en commun » pour poursuivre le travail.

La première phase du Défi Eau propre a permis d’amorcer un diagnostic auprès des municipalités signataires. L’analyse a porté entre autres sur les performances des stations d’épuration et sur les pratiques municipales. L’OBV note déjà plusieurs bons coups, comme l’adoption de technologies innovantes et un suivi efficace de certaines installations septiques. Mais les obstacles demeurent nombreux : manque de ressources techniques et humaines, infrastructures vieillissantes, contraintes financières et disparités réglementaires d’un territoire à l’autre.

Une rivière sous pression

La Fondation Rivières rappelle que la rivière du Nord traverse les Laurentides, de Sainte-Agathe-des-Monts à Saint-André-d’Argenteuil. Elle demeure toutefois soumise à plusieurs pressions humaines, notamment les E. coli provenant des surverses et de systèmes septiques inadéquats.

Depuis 2021, des études et des activités de dépistage ont montré que certaines sections permettent des activités nautiques de contact indirect, comme le canot, le kayak et la planche à pagaie. La baignade demeure toutefois impossible dans plusieurs tronçons.

« La première phase du Défi Eau propre a permis de réaliser un portrait global de la situation des municipalités en ce qui a trait à la qualité de l’eau », indique André Bélanger, directeur général de Fondation Rivières. Il estime qu’il est maintenant possible d’entrevoir des actions pour améliorer la rivière du Nord « afin de pouvoir s’y baigner à nouveau ».

La prochaine rencontre du comité est prévue en octobre 2026. Elle doit permettre d’établir les indicateurs de suivi et de présenter certains bons coups municipaux. Autrement dit, le grand défi commence maintenant : passer de la volonté commune aux résultats mesurables.

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