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«On gruge le capital des générations futures.» — Carole Poliquin

Par nathalie-deraspe

Entrevue exclusive avec la réalisatrice de Homo toxicus

Accès a cherché à savoir ce qui a poussé Carole Poliquin à devenir cobaye pour son documentaire Homo toxicus, qui sera présenté au Théâtre du marais jeudi prochain. Voici l’essentiel de ses propos.
«Au départ, j’avais pensé à la femme Inuit comme personnage principal, puisqu’elle produit le lait maternel le plus pollué au monde», explique la réalisatrice de Homo toxicus. Faute de fonds, Carole Poliquin a finalement décidé qu’elle servirait elle-même de cobaye. Le but: mesurer combien son corps contenait de substances toxiques sur une quantité déterminée. Tout bien réfléchi, cela allait permettre aux gens de s’identifier beaucoup plus aux résultats observés, précise-t-elle.

Toujours en quête de réponses (son dernier film, Le bien commun, l’assaut final, réfléchissait entre autres aux brevets sur le vivant), la réalisatrice invite le spectateur à la réflexion et questionne la communauté scientifique sur les données inquiétantes qui ont été recueillies (les 110 substances chimiques ciblées étaient présentes dans son corps). D’où viennent ces produits chimiques? Notre santé peut-elle en être affectée et si oui, dans quelle mesure?

Au fil de sa recherche, Carole Poliquin s’est intéressée particulièrement aux perturbateurs endocriniens, qui imitent à petites doses le comportement des hormones. À titre d’exemple, la réalisatrice explique que des rats sont devenus hyperactifs après avoir été exposés à des doses infimes de produits chimiques. «Dans certains pays, la production de spermatozoïdes chez les hommes a chuté de 50% en 50 ans, s’indigne-t-elle. Comme il y a des milliards de combinaisons de produits chimiques possibles, le principe de précaution devrait s’appliquer. En ce sens, le gouvernement devrait prendre des mesures pour gérer les risques. Ce n’est pas normal que les citoyens doivent avoir un cours en chimie pour bien choisir leurs produits de consommation.»

La vérité choque

Carole Poliquin affirme avoir obtenu une caution «en béton» pour son documentaire (les scientifiques ont été les premiers à visionner le film) et ce, malgré le fait qu’elle y expose des informations plutôt spectaculaires. «Ne sommes-nous pas en train de franchir la ligne entre le progrès et l’autodestruction», questionne-t-elle dans le film. L’auditoire sera invité à y répondre et à débattre du sujet jeudi soir prochain, en compagnie de la réalisatrice.

Le documentaire Homo toxicus sera présenté à CINÉ-MARAIS jeudi le 18 septembre à 19h30 au Théâtre du Marais en présence de la réalisatrice Carole Poliquin. Théâtre du Marais – 1201, 10e­ avenue, Val-Morin, 819-322-1414, www.theatredumarais.com.

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