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On traite les pédophiles…à Saint-Jérôme

Par Éric-Olivier Dallard

Un phénomène difficile à comprendre

Suite à l’arrestation de Jean-François Harrison pour possession et distribution de matériel pornographique juvénile, plusieurs interrogations se posent sur la pédophilie. Lui-même père de deux enfants et animateur jeunesse, les questions relatives au comédien restent à ce jour sans réponse. Si le phénomène de la pédophilie reste une réalité difficile à comprendre, un centre de Saint-Jérôme cherche à la traiter.

Dans cette foulée médiatique de l’arrestation de M. Harrison, Accès a trouvé intéressant d’approcher Katia Lavallée, directrice du Centre d’entraide et de traitement des agressions sexuelles (CETAS), un centre d’entraide et de traitement des agressions sexuelles mis sur pied pour offrir un coup de pouce aux victimes en brisant la glace sur ce sujet encore tabou de nos jours. Parce que le meilleur moyen de rompre le silence reste encore d’en parler.

Ce qu’en pense l’experte
«L’histoire de Jean-François Harrison est intéressante car cette forme de criminalité sexuelle est en hausse de manière importante et sur laquelle il n’y a pas une foule d’informations» affirme Mme Katia Lavallée. Les traitements offerts à ce type de transgresseur restent encore difficiles à juger car toujours selon la directrice de CETAS, «ces hommes-là n’ont pas abusé d’une victime directe, mais pourrait-on dire n’ont pas encore abusé d’une victime directe ?» Le mystère planera toujours sur la véritable raison des actes de M. Harrison, qui pour l’instant est toujours présumé innocent. Pour le moment, la communauté scientifique ne sait comment comprendre ce phénomène qui est en pleine croissance. On ne peut en conclure qu’Internet fait énormément de ravage sur son passage.

Spécialistes dans les Laurentides
Établi à Saint-Jérôme depuis 1991, le CETAS accueille les victimes d’agression sexuelle durant l’enfance ou l’adolescence, les parents des victimes, les agresseurs adultes ou adolescents et les conjointes des adultes agresseurs afin de leur offrir des services professionnels spécialisés. CETAS détient une équipe multidisciplinaire de plus de dix intervenants formée de sexologues, de travailleuses sociales, de criminologues et de psycho-éducateurs. Le mandat de cet organisme est d’offrir un processus thérapeutique à leurs membres selon leurs besoins et le tout de manière très professionnelle.

Les groupes

La majeure partie des interventions de cet établissement se fait en groupe grâce d’un taux de réussite plus élevé que lors des interventions individuelles. Plusieurs groupes sont alors formés selon la demande des membres et ces derniers se réunissent à chaque semaine afin de traverser leur triste épreuve ensemble. Selon Katia Lavallée, «en favorisant un contact avec d’autres gens ayant vécu un drame semblable au leur, l’isolement des victimes est plus facilement brisé». La formation des groupes est construite selon l’âge et le pourquoi de la présence du membre. On retrouve ainsi des services offerts aux enfants-victimes, aux adolescents- victimes, aux adultes agressés durant l’enfance, aux agresseurs-adolescents, aux agresseurs-adultes et aux mères et aux conjointes. Des suivis individuels sont aussi possibles pour les cas plus particuliers.

Très bénéfique pour les victimes

Suivant l’expérience de Katia Lavallée, «une grande majorité des victimes ne conçoivent pas la nécessité d’exprimer leur expérience et ce souvent par peur. La honte et la peur d’être pointées du doigt poussent souvent les victimes à se réfugier dans le silence.» La thérapie fait toutefois une énorme différence, «on ne fait pas qu’en parler on trouve des solutions et on travaille l’estime de soi.» La directrice du centre relève que souvent les jeunes filles ont une fausse perception de la sexualité, elles croient que pour être aimées elles doivent se laisser faire, le droit de dire non et de choisir leurs expériences sexuelles est excessivement travaillé». Dans la plupart des cas, les thérapies réduisent les séquelles du traumatisme. «Malheureusement elles ne peuvent être effacées mais il est toujours possible de reprendre un mode vie plus satisfaisant», conclut la directrice.
Ça ne se guérit pas mais ça se contrôle

Selon sa ligne de pensée qui «conçoit que l’agression sexuelle est le résultat d’une problématique appartenant à l’agresseur et que c’est celui-ci qui doit en porter la responsabilité», le CETAS croit qu’en se responsabilisant, l’agresseur fait un grand pas dans le droit chemin. Ne pouvant malheureusement pas être guéri de cette «maladie», les pédophiles et autres types d’agresseurs peuvent apprendre la notion de contrôle. Selon Mme Lavallée, «cette fragilité existera toujours dans leur être mais la plupart des hommes s’efforçant d’adopter un mode de vie sain loin des enfants a plus de chances de gagner au niveau du contrôle». C’est pourquoi le premier objectif de cet organisme n’est pas de les aider à se sentir mieux mais bien de contrer une quelconque récidive de leur part.

Il est possible de trouver des dépliants de CETAS dans les CLSC et dans les postes de police.

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