Le pékan, mangeur de chats ?

Le pékan pourrait s’en prendre à un chat. PHOTO: Pauline Suffice
Le pékan, mangeur de chats ?
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Faune sauvage

Véronique Piché – Chaque automne, réseaux sociaux et machine à rumeurs répandent l’idée selon laquelle il vaudrait mieux garder l’œil sur son chat, car le pékan rôde. Ce cousin du carcajou est-il vraiment friand de chats ?

« Elvis n’est pas mort. » Josée en est soulagée. C’est qu’elle n’avait plus de nouvelle de son gros chat nommé Elvis. Des voisins disaient avoir vu passer un pékan, alors elle croyait qu’elle ne reverrait plus jamais son chat, nous raconte-t-elle entre deux gorgées de café. Chaque automne, les histoires de pékans et de chats portés disparus sont légion. Le pékan est-il vraiment un tueur furtif et sanguinaire ?

Ambroise Lycke est responsable de la conservation et de l’éducation au parc national d’Opémican, au Témiscamingue. Un tout nouveau parc qui a d’ailleurs fait du pékan son animal emblème. Selon le biologiste, « le pékan est en effet un prédateur très efficace et très vigoureux. Il se nourrit de petits mammifères et il est le seul à s’attaquer aux porcs-épics », explique-t-il. Le pékan a donc la capacité physique de s’en prendre à un chat.

Un opportuniste

Le pékan est un animal de la famille des mustélidés. Comme ses cousins – le carcajou, la martre ou l’hermine – c’est un prédateur. Ambroise Lycke insiste sur le caractère opportuniste du pékan. Car, s’il peut capturer de nombreuses proies, il lui arrive aussi de se nourrir de carcasses abandonnées, comme un orignal mort. La biologiste Pauline Suffice étudie le pékan. Pour elle aussi, il ne fait aucun doute qu’un pékan pourrait s’en prendre à un chat. « S’attaquer à plus gros qu’eux, c’est justement là une caractéristique des mustélidés », dit-elle. Un pékan avec un chat dans la gueule ? Jamais vu, ni en vrai ni en photo. Mais la biologiste sait que certaines populations de pékans des régions plus urbanisées ont adapté leur menu à la présence du félin.

La saison des pékans

L’automne est un moment propice pour observer des pékans. Pauline Suffice explique que c’est la période pendant laquelle les jeunes se dispersent. « Dans une optique d’exploration, ils vont prospecter le territoire pour chercher de la nourriture. » Aussi, même s’ils n’hibernent pas, les pékans cherchent à se faire des réserves corporelles avant la saison froide. Alors oui, ils peuvent s’approcher davantage des habitations pendant l’automne.

Lors d’une disparition de chat, les deux biologistes proposent de commencer par suspecter un chien du voisinage, un coyote ou encore un hibou Grand-duc. Le pékan ne devrait pas être diabolisé comme on l’a fait avec le carcajou ou le loup. « Plutôt que de dépeindre ces bêtes comme des prédateurs, reconnaissons leur rôle essentiel dans la régulation des populations », conclut Ambroise Lycke.

Parc national d’Opémican : https://www.sepaq.com/pq/ope/

Le pékan, un animal dont plusieurs ont peur.

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