Ville de Saint-Sauveur : entre contrôle et ouverture
Par Louis-Philippe Forest-Gaudet (Initiative de journalisme local)
Sans éclats majeurs, la séance du conseil de Saint-Sauveur a révélé un équilibre fragile entre contrôle du développement, soutien au milieu et attentes du terrain.
La séance du 15 avril du conseil municipal de Saint-Sauveur s’est déroulée sans débordement majeur, mais avec plusieurs signaux de friction.
Trois élues manquaient à la table. Mme Carrière et Mme Coulombe étaient absentes, tandis que Mme Carole Gagnon, affaiblie par des problèmes de santé, participait à distance par visioconférence. Une présence saluée en ouverture de séance.
Ralentir pour protéger
Au cœur des décisions, le règlement 617-2026 confirme un resserrement du développement immobilier. Adopté à caractère provisoire, il vise à limiter la pression sur un réseau d’égout fragilisé. « Ce n’est pas de gaieté de cœur qu’on ralentit la construction », a rappelé le maire Luc Martel, évoquant un réseau affecté par près de 50 % d’eaux parasites.
Certaines exceptions demeurent. Les habitations unifamiliales et bifamiliales, les unités accessoires et certains agrandissements restent autorisés. Un promoteur a demandé des explications sur les ajustements. Réponse du conseil : « beaucoup d’échanges » et des décisions basées sur les recommandations techniques.
350 000 $ et des questions
La Ville a aussi confirmé une entente avec la Chambre de commerce, avec une enveloppe globale de 350 000 $. Un citoyen a demandé plus de transparence. « Ce serait important que les citoyens sachent comment l’argent est dépensé », a-t-il lancé.
Le maire a répondu que la programmation demeurait entre les mains de la Chambre, tout en indiquant une volonté de mieux répartir les activités sur l’été.
Une chatterie refusée.
Le conseil a refusé une demande visant à autoriser une chatterie dans une résidence du chemin du Bordeaux, estimant que cet usage n’était pas compatible avec la vocation résidentielle du secteur. Les élu.es ont aussi évoqué les nuisances potentielles pour le voisinage, malgré les arguments de la propriétaire, qui affirmait ne causer aucun dérangement et respecter les normes en place.
Une fresque refusée, une frustration
C’est toutefois un dossier culturel qui a cristallisé le malaise. Le propriétaire du Gio’s s’est vu refuser une fresque murale après six mois d’échanges avec la Ville. Motif évoqué : une appréciation esthétique jugée non satisfaisante. « Ça fait six mois qu’on travaille là-dessus », a-t-il dénoncé, visiblement frustré de n’avoir reçu aucun signal négatif avant la séance.
Le conseil a reconnu le caractère subjectif de la décision, liée au processus de PIIA, basé sur une appréciation qualitative.
Entre vision et terrain
En parallèle, la Ville a appuyé le projet régional du Sommet des Laurentides, axé sur la transition écologique. Mais sur le terrain, commerçants et citoyens demandent des règles plus prévisibles et des délais plus courts.
Entre prudence environnementale, vitalité économique et attentes locales, Saint-Sauveur avance, mais sur une ligne étroite.