(Photo : Médialo - Jean-Simon Guay)
Des pneus, des barils, des véhicules et divers équipements ont été observés dans un boisé des Pays-d’en-Haut.

Piedmont : des allures de dépotoir en forêt

Par Jean-Simon Guay

Autobus, camions, véhicules de déneigement, pneus usés, barils, électroménagers, ferraille et divers équipements qui semblent laissés à l’abandon. Dans un boisé des Pays-d’en-Haut, cette accumulation inquiète une citoyenne depuis plusieurs mois. La Municipalité de Piedmont confirme connaître le dossier et assure qu’un suivi est en cours.

La citoyenne, dont nous ne publions pas le nom, emprunte régulièrement des chemins utilisés par des randonneurs dans ce secteur boisé. C’est au cours de ses déplacements qu’elle a remarqué l’accumulation. Elle dit avoir multiplié depuis les démarches auprès de différentes personnes et instances afin de savoir si l’entreposage est conforme et qui peut intervenir. Accès l’a accompagnée dans le secteur.

Notre journaliste a ainsi pu observer la présence de nombreux véhicules et équipements, dont plusieurs présentent des signes importants de détérioration. Ces observations ne permettent toutefois pas de déterminer le fonctionnement de chaque engin ou la présence de contaminants dans le sol. Aucune contamination n’a été démontrée.

Un dossier connu depuis 2025

Joint par Accès, le maire de Piedmont, Bernard Bouclin, confirme que la Municipalité connaît la situation. Selon les informations qui lui ont été transmises par l’administration municipale, le dossier remonte à 2025 et des visites ont été effectuées sur le terrain.

Certains éléments avaient alors soulevé des préoccupations environnementales. Selon le maire, ceux-ci auraient été retirés rapidement et rien de majeur sur le plan environnemental ne lui a été rapporté.

L’accumulation qui demeure sur le terrain pose néanmoins un problème de conformité, affirme-t-il.

« Ce n’est pas parce qu’on ne le voit pas de la rue qu’on peut contrevenir à la réglementation », résume Bernard Bouclin.

Le maire précise qu’un signalement est particulièrement important lorsqu’une situation n’est pas visible de la voie publique. Une fois informée, la Municipalité peut communiquer avec le propriétaire et effectuer les vérifications nécessaires.

Du matériel utilisable ou abandonné?

Une partie de la difficulté consiste à distinguer le matériel encore utilisé ou conservé pour réparation de ce qui constitue une accumulation qui ne correspond plus à l’usage permis du terrain.

Accès a pu échanger avec une personne liée au terrain. Celle-ci soutient que plusieurs des véhicules, pièces et équipements entreposés peuvent encore être utilisés ou récupérés. Elle n’a toutefois pas souhaité être citée dans cet article.

La Municipalité porte néanmoins un regard différent sur la conformité de l’ensemble. Bernard Bouclin confirme que la situation actuelle contrevient à la réglementation municipale et que des correctifs doivent être apportés.

Une éventuelle valeur de récupération du matériel ne permet donc pas, à elle seule, de déterminer si son entreposage est conforme.

Une correction attendue d’ici la fin octobre

Pour l’instant, Piedmont privilégie les échanges avec les personnes concernées plutôt que les recours judiciaires. Bernard Bouclin affirme qu’elles collaborent avec la Municipalité et répondent à ses demandes.

« On est bien mieux de discuter avec les citoyens, mais, à un moment donné, il y a une limite à discuter », souligne-t-il.

Lorsqu’une situation ne se règle pas, la Municipalité peut notamment transmettre une mise en demeure et, éventuellement, entreprendre des procédures judiciaires. Le maire rappelle toutefois que ces démarches entraînent des coûts et ne permettent pas nécessairement d’obtenir des résultats plus rapidement.

Dans le cas présent, l’administration municipale lui a indiqué que la situation devrait être corrigée d’ici la fin octobre.

Le maire ne s’est pas rendu personnellement sur le terrain. Les informations transmises à Accès proviennent notamment des services municipaux qui assurent le suivi du dossier, précise-t-il.

Pour la citoyenne rencontrée par notre journaliste, ce suivi apporte maintenant une réponse à une partie de ses questions. Elle attend toutefois de voir ce qui sera réellement retiré ou réaménagé au cours des prochaines semaines.

Bernard Bouclin reconnaît de son côté que le processus aura été long.

« L’important, c’est que la Municipalité prenne ses responsabilités. Des fois, c’est plus long qu’on aimerait, mais ça fait partie de notre travail. »

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