Propos orduriers au menu de la Régie Intermunicipale des déchets de la Rouge

Propos orduriers au menu de la Régie Intermunicipale des déchets de la Rouge
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Une simple séance ordinaire de la Régie intermunicipale des déchets de la Rouge a viré à l’affrontement entre la journaliste d’Accès et le préfet de la MRC des Lau­ren­tides, mercredi soir dernier. Après s’être fait vilipendée par Ronald Provost pour avoir pris une photo en toute fin d’assemblée, celle-ci s’est carrément fait injurier par le maire de La Conception, Gilles Bélanger. On croyait cette époque révolue.

Déjà, il y avait eu cette expulsion par la police en février dernier du journaliste Ronald McGregor. Puis, tous ces débats nébuleux entourant l’avenir du centre de tri de Rivière Rouge. Et le fait que l’ex-policier et maire de St-Aimé-du-Lac-des-Îles, François Desjardins, chapeaute les régies de récupération et de déchets, ce qui l’amène plus souvent qu’autrement à être juge et partie. Après un caucus privé d’une demie-heure, les citoyens sont conviés à assister à la séance. Les items défilent à la vitesse de l’éclair. Réglé comme un métronome, le comptable de la firme A. Charest présente les états financiers. Le public, privé de document, assiste impassible à cette lecture carabinée. Il faudra patienter jusqu’à l’adoption desdits états avant de pouvoir les obtenir. Pour les questions, s’en remettre à la prochaine séance. En une demie-heure à peine, une dizaine de points sont écoulés.
À bas les photos

Discrètement, la journaliste se lève à la toute fin de la période de questions et se risque à prendre une photo. Dès lors, elle est prise à partie par le président de l’assemblée, Pierre Poirier. Celui-ci indique, sur un ton autoritaire, que le règlement indique clairement que nul n’est autorisé à prendre des clichés lors des assemblées. «J’ai honte d’être citoyen de la Rivière Rouge quand je vois des choses comme celles-là se produire monsieur le président, a lancé Pierre Telmosse, un habitué des séances de la Régie. J’ai assisté à la sortie d’un journaliste par le passé et je trouve que c’est un manque de transparence flagrant.» En ni une, ni deux, la séance fut levée. Aussitôt, le préfet et maire de Bréboeuf, Ronald Provost, s’est mis à sermonner la journaliste, indiquant qu’elle faisait de la provocation. Celui-ci est même allé jusqu’à dire qu’il refuserait dorénavant de collaborer (lire diffuser de l’information) et qu’il ne répondrait plus à ses demandes d’entrevue. Rappelons que récemment, M. Provost avait convoqué une conférence de presse avec certains journaux, excluant d’entrée de jeu, ceux qu’il considère rébarbatifs à ses propos.

Le ton monte

Les membres de la Régie ont un à un quitté la salle en catimini, ne voulant en aucun cas se voir mêlés à cette querelle de mots. Quelques échanges virulents s’ensuivirent, les uns défendant le droit à la démocratie et à la transparence, les autres se cachant derrière un règlement extrêmement questionnable. Ne pouvant imposer ses propos agressifs, le maire de La Conception, Gilles Bélanger, a lancé : «Dans ce cas-là, allez chi… !» La MRC des Pays-d’en-Haut tarde à joindre les municipalités du nord pour former un partenariat dans le dossier du tri-compostage. «J’attends qu’ils finissent de se chamailler, a confié le préfet Charles Garnier. On devait profiter de leur site d’enfouissement et bénéficier d’une redevance pour le transport, mais on veut être partenaire à part entière dans le dossier. On va laisser aller la crise qui les oppose au centre de tri et on verra ensuite.»

Deux membres conciliants

Témoins de l’insulte, le maire de La Minerve, Serge Tassé et le conseiller municipal de Nominingue, André Hallé, également membre du comité de vigilance de la Régie, ont tenu à s’excuser des propos peu élogieux de leurs confrères. Durant une heure, ceux-ci ont pris le temps de remettre les choses dans leur perspective, éreintés des querelles qui secouent les deux régies.

Au ministère des Affaires municipales et des régions, on affirme que des règlements interdisant la prise de photo ou l’enregistrement sot conformes à la Loi sur les cités et les villes et servent à «maintenir l’ordre et le décorum, précise le responsable des relations médias, Daniel Guertin. Libre à chacune des organisations et municipalités de l’appliquer comme ils veulent», précise-t-il.

Le président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), François Bourque, argue que les élus, tout comme les responsables de la gestion des fonds publics ont des comptes à rendre et une responsabilité de transparence. «Les journalistes sont les yeux et les oreilles du public. Les envoyer promener, c’est envoyer promener la population», a-t-il déclaré.

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