Rien ne va plus?

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Thomas Gallenne
Actualité

Santé dans les Laurentides

Le 22 février dernier, l’Agence de la santé et des services sociaux des Laurentides (Agence) envoyait un communiqué, informant la population que «l’achalandage dans les salles d’urgence de la région demeure très important depuis la période des Fêtes». En conséquence, elle recommandait aux gens d’utiliser d’autres services de première ligne.

 

L’Agence recommande aux personnes «qui ne nécessitent pas une intervention urgente de faire appel à d’autres services, notamment en utilisant la ligne Info-Santé (8-1-1) ou encore en se présentant à une clinique médicale». Elle rappelle du même souffle qu’ «aucune urgence n’est fermée malgré l’achalandage accru qu’elles connaissent. Les citoyens qui ont besoin de s’y rendre ne doivent pas hésiter à le faire si leur état de santé le requiert. Cependant, pour les personnes dont l’état de santé n’est pas urgent, il est préférable d’envisager d’autres solutions.»

L’Agence des Laurentides tient à souligner qu’elle travaille en étroite collaboration avec les hôpitaux de la région et met tout en œuvre pour servir les personnes qui se présentent aux urgences le plus rapidement possible. Pour ce faire, elle a notamment ajouté des lits supplémentaires pour une période temporaire ainsi que des ressources de suivi pour les personnes nécessitant des services post-hospitalisation.

Julie Boucher, directrice régionale de la santé physique à l’Agence des Laurentides assure que l’ensemble des urgences de la région s’efforce «d’offrir des services sécuritaires et de qualité à la population».

Pour en avoir le cœur net, Accès s’est rendu sur le terrain.

 

Les urgences des Laurentides pleines à craquer

Les urgences des hôpitaux des Laurentides débordent depuis la période des Fêtes, atteignant des taux d’occupation de plus de 200% à certains endroits.

Mathieu Ste-Marie

En date du 24 février, l’hôpital de Saint-Jérôme affichait un achalandage inquiétant de 167% alors que le CSSS des Sommets à Sainte-Agathe soufflait un peu avec un taux de 136%. C’est pire à l’urgence de Saint-Eustache où le taux d’achalandage grimpe à 219 %.

À l’Agence de la santé et des services sociaux des Laurentides, on nous assure que cette situation est normale. «En cette période de l’année, on connaît habituellement un achalandage accru. Ce n’est pas une situation exceptionnelle. L’an dernier, c’était la même chose», commente Myriam Sabourin, agente d’information à l’Agence.

La hausse des personnes atteintes de grippe et de gastro-entérite aux mois de janvier et février explique cette situation. Mais un autre facteur ne doit pas être négligé. «Il y a plus de gens qui arrivent en ambulance. C’est le hasard qui fait que ça arrive à cette période de l’année», note Mme Sabourin.

L’hôpital de Saint-Jérôme constate également une similitude entre les taux d’occupation de 2011 et cette année, pour la même période. Toutefois, le nombre de visites a grimpé en flèche. «On remarque une augmentation de 12 % depuis plusieurs semaines», affirme Nathalie Nolin, directrice du service des communications du CSSS de Saint-Jérôme. À ce chapitre, la situation est plus difficile que l’année dernière à la même période. «Il y a une pression supplémentaire puisqu’il faut voir toutes ces personnes», ajoute-t-elle. Cette dernière estime que le vieillissement de la population est un facteur important expliquant cet achalandage.

Pour répondre à la demande, l’hôpital de Saint-Jérôme a ouvert une unité de débordement pouvant accueillir 16 lits. Les régions administratives limitrophes des Laurentides présentent des taux d’occupation moins élevés. Alors qu’il était de 182% dans notre région le 24 février, il est de 110% en Outaouais à la même date et à 158% en Lanaudière le 22 février.

Notons toutefois que l’achalandage peut beaucoup varier d’une journée à l’autre. À titre d’exemple, l’occupation à l’urgence de Sainte-Agathe est passée de 50 % à 164 % en seulement quatre jours.

Les gens qui se rendront à l’hôpital et dont les besoins sont considérés peu urgents au triage devront s’armer de patience. Ainsi, en cas de grippe ou de gastro-entérite, l’Agence invite la population à consulter la ligne Info-Santé ou son site web sans se déplacer à l’urgence. Les patients avec des problèmes de santé urgents seront vus rapidement, assure l’Agence.

Ce lundi, le taux d’occupation dans les urgences de la région était de 162% à Saint-Jérôme et 114% à Sainte-Agathe, pour une moyenne régionale de 159%.

 

Urgence à Sainte-Agathe

Un peu avant 7 heures jeudi dernier, au Centre hospitalier Laurentien de Sainte-Agathe-des-Monts. Quelques personnes attendent encore pour voir un médecin ou obtenir les résultats des examens pratiqués dans les heures précédentes. Avec un taux d’occupation de 164%, la situation est à peine plus reluisante qu’ailleurs dans la région.

David Richer

Dans la salle d’attente, Véronique et son jeune garçon patientent depuis cinq heures. «Je suis arrivée vers 2 heures ce matin avec mon enfant parce qu’il faisait beaucoup de fièvre et grelotait. Je n’ai même pas vu l’infirmière du triage encore», déclare-t-elle. Cette mère de 28 ans est venue à l’urgence deux semaines auparavant, avec son autre garçon. Ils ont dû attendre près de neuf heures avant de rencontrer un médecin.

 

Pascal, lui, affirme avoir rencontré l’infirmière au triage en moins de deux minutes après son arrivée. «Ça fait un peu plus de trois heures que j’attends et ils ont nommé une personne, précise-t-il. C’est sûr que les ambulances passent en priorité et c’est compréhensible.»

 

Un phénomène qui perdure

Cet achalandage accru n’est pas nouveau, puisque toutes les urgences de la région  ont connu une hausse importante du nombre de visites au lendemain du jour de l’An.

 

À l’hôpital agathois, le 27 février dernier, 16 patients se trouvaient sur une civière alors que le permis n’en autorise que 14.

 

Au total, 17 patients sont arrivés par ambulance la veille. «Les arrivées en ambulance ont souvent des répercussions qui peuvent se faire sentir jusqu’au lendemain», explique Myriam Sabourin, agente d’information à l’Agence de santé des Laurentides. Celle-ci  suggère que seules les personnes qui éprouvent de graves symptômes se présentent à l’urgence. Ainsi, cela permettra aux établissements de santé de se désengorger.

 

Prévention du jeu pathologique

Beaucoup de gens touchés dans les Laurentides

 

Du 12 février au 12 mars se déroule la campagne nationale de prévention du jeu pathologique. Sous le thème Le jeu prend de plus en plus de place?, les individus sont invités à se questionner sur leur comportement envers les jeux de hasard et d’argent.

Éric-Olivier Dallard

Selon les plus récentes études, 0,7% de la population du Québec sont des joueurs pathologiques. Pour la région des Laurentides, ceci représente 2 565 personnes. «Si ce nombre peut paraître peu élevé pour certains, il faut considérer que le jeu pathologique a des effets néfastes directs sur l’entourage du joueur, soit sur 5 à 10 personnes pour chacun d’entre eux», précise Richard Morin, directeur général du Centre André-Boudreau, l’établissement public responsable de la réadaptation des joueurs pathologiques dans la région des Laurentides.

Les conjoints et les enfants des joueurs pathologiques sont de loin les membres de l’entourage les plus affectés. Les difficultés financières de la famille sont une des principales conséquences du jeu pathologique. Les conjoints se voient parfois dans l’obligation de contracter des emprunts pour rembourser les dettes du joueur. Quant aux enfants, les absences répétées et prolongées du parent joueur, tout comme son imprévisibilité, les blessent énormément et les amènent à croire qu’ils ont peu d’importance pour leur propre parent.

Depuis plusieurs années, le Centre André-Boudreau a développé une expertise au niveau du jeu pathologique. L’établissement qui couvre l’ensemble du territoire de la région accueille les individus qui désirent mettre fin à leurs habitudes de jeu. Les intervenants spécialisés les soutiennent pour qu’ils reprennent du pouvoir sur leur vie en trouvant un équilibre psychologique, physique et social et qu’ils développent différentes habiletés afin de remplacer leurs habitudes de jeu par des habitudes plus saines. Les joueurs pathologiques sont également accompagnés dans des activités favorisant leur réinsertion sociale et professionnelle. «Les membres de l’entourage des joueurs sont considérés comme étant également prioritaires. C’est pourquoi nous avons développé une gamme de services à leur intention. Les intervenants les aident dans une démarche de mieux-être et dans l’amélioration de leur relation avec le joueur pathologique. D’ailleurs, le fait de travailler avec les membres de la famille a un effet direct sur le succès de la démarche de réadaptation du joueur pathologique», confirme M. Morin.

 

Le Centre André-Boudreau est un établissement public membre du réseau de la santé et des services sociaux du Québec. Il offre des services gratuits aux personnes présentant des problèmes d’abus ou de dépendance à l’alcool, aux drogues ou aux jeux de hasard et d’argent.

 

Afin de rejoindre le plus grand nombre, ses équipes sont réparties dans des points de services sur l’ensemble du territoire des Laurentides, de Deux-Montagnes à Mont-Laurier.

 

Pour une demande de services ou pour plus d’information: 1 888 345-1395.

 

Une infirmière praticienne à Sainte-Agathe

Le Centre de santé et des services sociaux des Sommets (CSSS) recherche actuellement une infirmière praticienne – aussi appelée super-infirmière – qui pourrait alléger le travail des omnipraticiens dans les groupes de médecine familiale et intervenir dans les Centres locaux de services communautaires (CLSC).

David Richer

«Comme partout au Québec, il manque de médecins dans les Laurentides, reconnaît le directeur général du CSSS des Sommets, Yves Lachapelle. La venue de cette infirmière praticienne permettra de compléter le travail des médecins omnipraticiens en clinique privée. Elle pourra donc suivre une centaine de patients.»

 

Une personne est déjà en poste à mi-temps à Mont-Tremblant et Labelle, secteur Vallée de la Rouge. «On anticipe l’embauche d’une seconde personne pour Mont-Tremblant. Cette dernière serait présente dans les CLSC en plus des cliniques», précise M. Lachapelle.

 

Selon lui, ces infirmières praticiennes effectuent sensiblement le même travail qu’un médecin auprès de la population: «Elles peuvent prendre un patient en charge, lui prescrire des traitements, pratiquer des examens et vérifier ses problèmes chroniques.»

 

Les Laurentides:

région défavorisée

La région des Laurentides a un besoin flagrant d’omnipraticiens en médecine familiale. Selon la porte-parole de l’Agence régionale de la santé, Myriam Sabourin, il manque actuellement 180 médecins de famille. «Nous avons présentement environ 500 médecins omnipraticiens qui pratiquent, mais il en manque encore près de 180 pour répondre à la demande», explique-t-elle.

 

Chaque année, le ministère de la Santé envoie en régions, une cohorte d’omnipraticiens. Concernant les Laurentides, 36 médecins omnipraticiens ont été sélectionnés à la fin de l’année 2011, pour venir pratiquer. À titre comparatif, la région a accueilli 27 médecins en 2010.

 

 

 

 

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Thomas Gallenne

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