Sommet des Laurentides 2026 : des solutions locales à partager dans les Pays-d’en-Haut
Par Jean-Simon Guay
Un espace de réemploi à Wentworth-Nord, un plan de protection de l’eau à Saint-Sauveur et une volonté de mieux travailler ensemble : les élus des Pays-d’en-Haut reviennent du premier Sommet des Laurentides avec des exemples à partager et des projets régionaux encore à définir.
Plus de 400 personnes ont participé au rendez-vous du 26 octobre, au Théâtre Le Patriote, à Sainte-Agathe-des-Monts. Coordonnée par Éco-corridors laurentiens, la démarche mise sur la collaboration municipale pour accélérer la transition socioécologique.
Membre du comité directeur, la mairesse de Wentworth-Nord et préfète suppléante des Pays-d’en-Haut, Karine Dostie, explique que l’objectif était de proposer un contenu répondant aux besoins des élus, avec des gestes concrets à leur portée.
« Il ne manque pas de leadership dans les Laurentides, ni d’idées », souligne-t-elle. Pour agir, les municipalités peuvent notamment s’inspirer de solutions éprouvées ailleurs.
Un cahier de pratiques a ainsi circulé avant le Sommet et alimenté les ateliers. Les échanges portaient sur quatre chantiers : l’eau et les écosystèmes naturels, la mobilité durable, l’économie sociale et les matières résiduelles, ainsi que les milieux de vie résilients.
Donner une deuxième vie
L’Éco Dôme de Wentworth-Nord illustre cette approche. Inauguré le 21 octobre, il permet aux citoyens de déposer des matériaux, des meubles, des outils et des articles domestiques encore utilisables, puis d’en récupérer gratuitement.
Selon Mme Dostie, le projet s’inspire d’une installation de Gore. Son emplacement à l’écocentre permet de profiter du personnel déjà sur place, sans embauche supplémentaire.
« On prend une pratique qui existe déjà […], on l’adapte à notre réalité à Wentworth-Nord, puis on la lance tout simplement », résume-t-elle.
Le projet a reçu 10 000 $ de la MRC et 4 000 $ de Tricentris. Une balance permettra de documenter les quantités réemployées. La Municipalité et la MRC estiment qu’au moins dix tonnes de matières pourraient ainsi éviter l’enfouissement chaque année.
L’installation précédait le Sommet, précise la mairesse, mais elle correspond au mouvement de partage que celui-ci souhaite développer.
Protéger le Grand ruisseau
À Saint-Sauveur, le maire Luc Martel retient surtout l’ouverture des municipalités à travailler ensemble.
« On se rend compte qu’en se parlant l’un et l’autre, les municipalités, les MRC, on vit sensiblement les mêmes enjeux », observe-t-il.
Il évoque notamment la possibilité de regrouper des mandats professionnels plutôt que de commander séparément des travaux similaires.
La Ville a présenté au Sommet son plan directeur du bassin versant du Grand ruisseau. Élaboré avec l’Organisme de bassin versant de la rivière du Nord, ce plan comprend 31 actions pour la période 2026-2031.
Le bassin touche Saint-Sauveur, Piedmont et Sainte-Anne-des-Lacs. Les interventions concernent notamment la qualité de l’eau, les bandes riveraines, l’érosion et les risques d’inondation.
M. Martel souligne que les résultats de certaines mesures, comme la végétalisation des berges, apparaîtront progressivement. Il décrit un rôle d’accompagnement de la Ville auprès des riverains, appelés à contribuer à la protection du cours d’eau.
Une démarche à structurer
Pour la préfète Catherine Hamé, la mobilisation régionale était « vraiment impressionnante ». Elle participait plus particulièrement au chantier de l’économie sociale et du réemploi, un domaine qu’elle souhaite structurer dans les Pays-d’en-Haut.
Les initiatives locales existent, mais les projets à porter collectivement restent à déterminer.
« Chaque territoire est à un niveau différent », rappelle-t-elle. La préfète entend soumettre des propositions aux élus : « Moi, je vais avoir des propositions à leur faire. »
Plus de 50 municipalités et MRC ont manifesté leur adhésion à l’Accord des Laurentides, selon les organisateurs. Cette volonté doit ensuite être officialisée par des résolutions municipales, expliquent les élues interrogées.
L’Accord prévoit des engagements mesurables, des échéances et un bilan annuel. Le comité directeur poursuivra le suivi jusqu’au prochain Sommet, prévu en 2027.
« L’important, c’est qu’il y ait une suite à cette rencontre-là », insiste Luc Martel.