Saint-Sauveur : des bénévoles veulent plus de transparence à l’Ouvroir
Par Jean-Simon Guay
Après trois journées de piquetage devant l’Ouvroir de Saint-Sauveur, des bénévoles réclament toujours une voix dans les décisions de l’organisme et davantage de transparence sur ses finances.
Le conseil d’administration défend son mode de fonctionnement et n’entend pas modifier sa structure décisionnelle. Les bénévoles, eux, préviennent qu’ils poursuivront leurs démarches.
Pancartes à la main, une quinzaine de bénévoles ont manifesté devant l’Ouvroir mardi, puis sont revenus samedi. Au cœur de leur mécontentement : ils veulent mieux comprendre comment est administré l’organisme auquel ils donnent de leur temps et participer davantage à ses décisions.
« On ne veut pas s’approprier le CA, mais on aimerait au moins avoir des voix au CA », expliquait une bénévole rencontrée sur place.
Le mouvement découle d’une lettre envoyée le 1er octobre au conseil d’administration (CA). Les signataires demandent notamment de pouvoir devenir membres de l’organisme, d’avoir accès aux statuts et règlements et de participer aux décisions concernant la composition du CA, les orientations de l’Ouvroir et le choix des organismes qui bénéficient de ses dons. Ils réclament également l’accès aux rapports d’activités et aux états financiers.
« On ne sait même pas qui est membre »
Pour plusieurs bénévoles rencontrés lors du piquetage, le fonctionnement de l’organisme demeure difficile à comprendre.
« On ne sait même pas qui est membre. On ne sait même pas comment faire pour devenir membre », lançait une participante.
Dans des réponses écrites transmises à Accès, la présidente du CA, Cécile Nantel, indique que l’Ouvroir compte cinq membres. L’adhésion n’est toutefois pas ouverte : selon les règlements de l’organisme, seules les personnes qui siègent ou ont déjà siégé au CA peuvent devenir membres. Leur admission se fait sur invitation du conseil.
Le CA compte actuellement quatre administratrices. Seuls les membres peuvent devenir administrateurs. Un bénévole ne peut donc pas devenir membre dans le but de présenter ensuite sa candidature au conseil.
Le CA affirme néanmoins qu’un bénévole souhaitant y siéger pourrait être considéré comme toute autre personne, selon les postes disponibles et les besoins de l’organisme. Il défend un modèle qui permet, selon lui, de préserver « la continuité de la mission, la stabilité de l’organisme et l’efficacité de son administration ».
Où va l’argent?

Les finances constituent l’autre grande préoccupation des manifestants. Ceux rencontrés par Accès veulent savoir ce qu’il advient des revenus générés par l’Ouvroir.
« Ça peut être très bien géré », nuance le bénévole Gérard Poirier. Selon lui, ceux qui donnent de leur temps veulent surtout savoir où vont les sommes auxquelles leur travail contribue.
Le CA ne souhaite pas divulguer les revenus, les dépenses ni le résultat financier de l’Ouvroir.
« Pour le moment, le conseil ne divulguera pas les informations financières détaillées de l’organisme », répond-il.
Il indique néanmoins avoir remis 117 500 $ à 15 organismes de la région au cours de l’exercice financier terminé le 31 mai 2026. Parmi les organismes soutenus au fil des années figurent notamment la Fondation de l’Hôpital régional de Saint-Jérôme, la Fondation médicale des Laurentides et des Pays-d’en-Haut, le Garde-manger des Pays-d’en-Haut et Moisson Laurentides.
Les bénéficiaires et les montants accordés sont déterminés par le CA. Les états financiers sont compilés par une firme de comptables professionnels agréés et présentés aux cinq membres lors de l’assemblée générale annuelle, mais ne sont pas rendus publics.
L’Ouvroir précise ne recevoir aucun financement public récurrent. Les administratrices ne reçoivent par ailleurs aucune rémunération ni aucuns honoraires.
Le bras de fer se poursuit
Malgré leur contestation, les bénévoles rencontrés insistent sur leur attachement à l’Ouvroir. Ils disent vouloir améliorer son fonctionnement, et non lui nuire.
Cécile Nantel estime néanmoins que la contestation publique a des conséquences pour l’organisme. « C’est sûr qu’avec ça, ça nous fait du tort », a-t-elle indiqué à Accès.
Le CA se dit prêt à examiner des moyens de mieux informer et consulter les bénévoles, sans préciser lesquels ni fixer d’échéancier. Une limite est cependant posée : il ne prévoit pas modifier sa structure décisionnelle.
« Nous pouvons mieux informer et consulter nos bénévoles sans modifier ce modèle », écrit le conseil.
Après le premier piquetage, Annie, porte-parole du groupe, indiquait n’avoir reçu aucun nouveau contact du CA. Les bénévoles sont revenus manifester samedi.
Ils affirment maintenant vouloir poursuivre leurs démarches. Pour eux, la question centrale demeure entière : avoir une voix dans un organisme auquel ils consacrent leur temps.