Tournages dans les Laurentides : avant les caméras, des mois de préparation
Par Jean-Simon Guay
La série Meatballs tourne pendant six semaines à Saint-Sauveur, tandis que la deuxième saison d’Empathie s’est installée à Morin-Heights, selon Film Laurentides. Derrière ces productions, un travail de recherche et de coordination commence bien avant l’arrivée des équipes.
Inspirée du film de 1979, Meatballs réunit notamment Robbie G.K., vu dans Heated Rivalry, et Maddie Phillips, connue pour Gen V. Cette comédie située dans un camp de vacances comptera huit épisodes d’une demi-heure et doit arriver sur Crave en 2027.
À Morin-Heights, le tournage de la deuxième saison d’Empathie fait suite au succès de la série créée par Florence Longpré, qui partage notamment l’écran avec Thomas Ngijol. La première saison a remporté le prix du public au festival Séries Mania, à Lille, en 2025, ainsi que le prix Gémeaux de la meilleure série dramatique en septembre 2026.
Pour Marie-Josée Pilon, de Film Laurentides, accueillir un tournage implique beaucoup plus que de proposer un beau paysage. Il faut trouver des lieux qui répondent au scénario, vérifier leur disponibilité et tenir compte des besoins d’une équipe qui vivra et travaillera dans la région pendant plusieurs semaines.
Le parcours de Meatballs, produite par Blink49 Studios et Incendo, illustre cette préparation. Film Laurentides a ouvert le dossier en septembre 2025, environ un an avant le tournage. La demande : trouver un camp de vacances pouvant accueillir la production à la fin de l’été 2026.
Du scénario au lieu de tournage
L’organisme a proposé plusieurs bases de plein air, puis accompagné la production dans ses repérages. Selon Mme Pilon, le choix s’est précisé en juin. La disponibilité du site après la saison des camps permettait d’envisager une occupation prolongée.
Une fois le lieu retenu, les propriétaires et la production négocient les conditions de location. « Nous, notre travail, après ça, il consiste à leur envoyer des listes de fournisseurs », explique Marie-Josée Pilon.
La proximité des services compte dans la décision. Un décor peut répondre aux attentes artistiques sans convenir aux contraintes pratiques. Où loger les équipes? Où stationner les véhicules? Quels espaces pourront accueillir les costumes, la coiffure et le maquillage? Ces questions font aussi partie de l’installation d’un tournage.
Dans le cas de Meatballs, la présence de l’équipe s’étend ainsi au-delà du décor où les scènes sont filmées. Elle nécessite des espaces de travail et des services dans les environs.
Des dépenses dans la communauté
Location de bâtiments, nuitées, achats, carburant et embauche de figurants : les dépenses d’une production peuvent toucher plusieurs secteurs de l’économie locale. Mme Pilon indique notamment que des résidents des Laurentides participent à Meatballs comme figurants.
Le bilan financier de ce tournage reste toutefois à établir. Film Laurentides demande aux productions de remplir, après leur passage, un formulaire détaillant leurs dépenses régionales. L’organisme peut ensuite compiler les sommes consacrées à l’hébergement, aux locations, à la main-d’œuvre et aux autres fournisseurs.
Selon Mme Pilon, les retombées recensées par Film Laurentides se situent généralement entre 3 et 5 millions de dollars par année dans l’ensemble de la région. Ces montants ne constituent donc pas une estimation des dépenses des deux séries actuellement présentes à Saint-Sauveur et à Morin-Heights.
Faire connaître la région
Film Laurentides offre gratuitement ses services aux productions. « On est financés par les subventions du gouvernement fédéral, provincial et municipal », explique Mme Pilon. Les huit MRC des Laurentides et des caisses Desjardins soutiennent notamment l’organisme.
Pour entretenir ses liens avec les producteurs, les réalisateurs et les responsables des lieux, l’organisme multiplie les rencontres professionnelles. « On est connus parce qu’on va dans leurs événements, on va dans leurs congrès », souligne Mme Pilon.
Selon Mme Pilon, l’équipe prépare environ 150 propositions de lieux chaque année, pour quelque 40 à 45 tournages accueillis. Certains projets choisissent une autre région, demeurent à Montréal ou ne se concrétisent pas.
L’accueil exige enfin une collaboration avec les municipalités. Une fermeture de rue ou l’occupation d’un stationnement peut modifier le quotidien des citoyens et des commerçants. « Il faut que ce soit méticuleusement préparé. Et ça, ça demande beaucoup de coordination », souligne Mme Pilon.