(Photo : Réseaux sociaux - CIE Laurentides)
58 TET provenant du Pérou et du Guatemala.

Les travailleurs étrangers temporaires de plus en plus présents dans les Laurentides

Par Jean-Simon Guay

Restaurants, hôtels, agriculture, usines : les travailleurs étrangers temporaires occupent aujourd’hui une place importante dans de nombreux secteurs de la région. Derrière cette réalité économique se cachent aussi des parcours marqués par l’isolement, l’adaptation et la vulnérabilité.

Quand Deborah Lopez est arrivée au Québec en 2019, elle ne parlait pas français. Elle travaillait chez Tim Hortons tout en suivant des cours de francisation à temps plein. Sa fille de cinq ans était restée au Nicaragua.

« Maman, quand est-ce qu’on sera de nouveau ensemble ? », lui demandait parfois son enfant au téléphone.

Aujourd’hui citoyenne canadienne et agente de liaison diversité et inclusion au Centre d’intégration en emploi (CIE) Laurentides, elle accompagne à son tour ces travailleurs saisonniers établis dans la région.

« Beaucoup arrivent ici pour travailler et aider leur famille. Ils acceptent parfois des situations difficiles parce qu’ils ont peur de perdre leur emploi », explique-t-elle.

Une présence grandissante dans la région

Cette main-d’œuvre est présente dans plusieurs secteurs des Laurentides, notamment en agriculture, en restauration, en hôtellerie et dans le secteur manufacturier.

« Il y en a dans l’hôtellerie, la restauration, les manufactures », explique Mme Lopez.

Selon elle, beaucoup d’entre eux se trouvent dans les Pays-d’en-Haut.

« Il y a beaucoup de Philippins dans des restaurants comme McDonald’s ou A&W », affirme-t-elle.

Selon le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI), 72 402 travailleurs étrangers temporaires détenaient un permis de travail valide au Québec au 31 décembre 2024. Leur principal pays de naissance était le Guatemala.

Dans certains secteurs, cette main-d’œuvre est devenue essentielle.

Une main-d’œuvre vulnérable

 Selon Deborah Lopez, beaucoup de ces travailleurs arrivent au Québec sans réellement connaître les lois, les normes du travail ou le fonctionnement du système québécois.

« Beaucoup arrivent ici sans connaître les impôts, les déductions ou leurs droits », explique-t-elle.

La majorité d’entre eux possède un permis de travail fermé, lié à un seul employeur. Cette réalité peut créer une importante dépendance.

« Les travailleurs étrangers sont les travailleurs les plus vulnérables parce que s’il y a des problèmes dans leur milieu de travail, ils ne peuvent pas simplement changer d’employeur », affirme Mme Lopez.

Elle soutient que certains vivent des situations difficiles sans oser dénoncer.

« Certains vivent de la discrimination ou de l’exploitation, mais ils ne disent rien parce qu’ils ont peur de devoir retourner dans leur pays. »

Les barrières linguistiques et l’éloignement de la famille compliquent aussi l’intégration de plusieurs travailleurs.

Le rôle du CIE Laurentides

 Le CIE Laurentides offre différents services d’accompagnement afin d’aider les travailleurs étrangers à mieux comprendre leur nouvel environnement.

L’organisme offre notamment du soutien juridique, de l’aide pour les impôts et différentes activités visant à briser l’isolement.

« Vous êtes ici, mais ce n’est pas le même système, les mêmes lois ou la même culture que dans votre pays », résume l’agente de liaison.

Elle rappelle toutefois que plusieurs entreprises offrent de bonnes conditions à leurs travailleurs étrangers temporaires.

« Il y a beaucoup de compagnies qui se préoccupent réellement des travailleurs », souligne-t-elle.

Pour Deborah Lopez, cette réalité démontre surtout l’importance de mieux accompagner ceux qui choisissent de recommencer leur vie ici.

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