Jacques Aubry, la vie en grand
Par Louis-Philippe Forest-Gaudet (Initiative de journalisme local)
Figure bien connue de Saint-Sauveur, l’entrepreneur Jacques Aubry est décédé le 3 juin, à l’âge de 82 ans, laissant derrière lui le souvenir d’un homme rassembleur, flamboyant et profondément ancré dans sa communauté.
Jacques Aubry ne passait pas inaperçu. Sa famille le décrit comme un homme « coloré, jovial, passionné et parfois extravagant », reconnu pour ses nœuds papillon, ses foulards, son élégance et son goût pour les belles choses. Il est décédé le 3 juin 2026, à 7 h 55, au son d’Emmenez-moi de Charles Aznavour, selon l’avis de décès publié par la famille.
« Mon père ne laissait personne indifférent », a écrit sa fille Chanell Aubry sur les réseaux sociaux. Son fils Yannick a aussi salué un homme « généreux, extravagant, drôle et vibrant », dont le rire, la voix et « les excès de passion » continueront de vivre dans les souvenirs.
De la restauration au spa nordique
Né en 1944, Jacques Aubry a d’abord travaillé dans la vente, notamment chez Xerox et dans le domaine automobile. À la fin des années 1970, il s’est établi dans les Laurentides avec son épouse, Carmen, et leurs enfants.
Son parcours entrepreneurial commence dans la restauration avec La Cabane, un petit établissement des Galeries des Monts. Il fonde ensuite le JACAR, nommé en l’honneur de Jacques et Carmen, puis Il Cavallino, un restaurant d’inspiration italienne devenu un lieu de rencontre pour des passionnés d’automobiles. En 1990, Jacques et Carmen reprennent Le Bifthèque de Saint-Sauveur, qui comptera plus de 300 places assises.
En 1998, il crée l’Ofuro Spa, à Morin-Heights, un complexe d’inspiration asiatique aménagé sur un terrain de 10 acres. Le lieu était présenté comme un espace de détente en pleine nature, inspiré par l’art japonais et imaginé par Jacques Aubry lui-même. Le magazine Voir rapportait déjà en 2002 que le propriétaire voulait y créer un endroit où les gens pouvaient retrouver une harmonie avec « l’air, la terre, le feu et l’eau ».
Une communauté touchée
La Chambre de commerce et tourisme Vallée Saint-Sauveur et Piedmont a salué « un entrepreneur de Saint-Sauveur passionné et impliqué », qui a marqué la région par « sa vision entrepreneuriale, son dynamisme et son engagement ».
« Il ne s’est jamais plaint. Il a tenu, pour nous, pour l’amour qu’il nous portait », a écrit son fils Yannick.
Jacques Aubry laisse dans le deuil Carmen Aubry Paraschuk, ses enfants, petits-enfants, son arrière-petite-fille, ainsi que de nombreux proches. Les funérailles auront lieu le 12 juin, de 14 h à 15 h, à l’église de Saint-Sauveur.