Toutes en mouvement : le sport au féminin prend sa place
Par Louis-Philippe Forest-Gaudet (Initiative de journalisme local)
Le sport au féminin était au cœur de la deuxième édition de Toutes en mouvement, qui a rassemblé environ 1200 personnes samedi au parc John-H.-Molson, à Saint-Sauveur.
« C’est un bilan exceptionnel », lance Claudine Labelle, coorganisatrice de l’événement et fondatrice de Fillactive. Selon elle, l’achalandage confirme une chose. Le besoin est réel. « Il y a déjà beaucoup, beaucoup d’engouement. On sait qu’on a une recette qui fonctionne. »
Gratuit et ouvert à tous les niveaux, l’événement proposait du skateboard, du hockey, du soccer et du basketball. Il y avait aussi un DJ, un BBQ, des démonstrations, de l’art, des prix de présence et du prêt d’équipement.
Ainsi, plusieurs participantes ont pu essayer un sport pour la première fois. « Il n’y avait pas d’élément de compétition. Il n’y avait aucune performance », souligne Claudine Labelle. « On était là pour avoir du fun, rire ensemble et essayer plein d’affaires. »
Ce qui l’a le plus marquée, c’est la diversité des âges. « On avait de petites filles jusqu’à des femmes plus âgées », raconte-t-elle. Au skatepark, elle a vu des jeunes prendre leur place dans un espace souvent dominé par les garçons. « On espère avoir créé une étincelle pour dire : maintenant, je peux retourner là. Je l’ai déjà fait une fois. »
Oser essayer
Pour Claudine Labelle, cette confiance est au centre de la démarche. Fillactive et la Fédération des éducateurs et éducatrices physiques enseignants du Québec rappellent d’ailleurs que seulement 14 % des adolescentes canadiennes atteignent la recommandation de 60 minutes d’activité physique par jour, contre 34 % chez leurs pairs masculins. Chez les jeunes qui pratiquent un sport, une fille sur trois l’abandonne avant la fin du secondaire, comparativement à un garçon sur dix.
Ces chiffres donnent du poids à l’événement. Toutefois, ils racontent aussi autre chose. Le plaisir doit revenir avant la performance.
« Il faut arrêter de dire qu’il faut absolument faire du sport de compétition pour évoluer », insiste Claudine Labelle. Selon elle, les obstacles sont nombreux. Il y a la puberté, les menstruations, l’image corporelle, le regard des autres et le manque de confiance. « Il faut reconnaître les barrières », dit-elle.

Gabrielle Lambert, Gardienne de but pour les Roses de Montréal.
Des modèles forts
Cette année, Toutes en mouvement a vu plus grand. La Victoire de Montréal, les Roses de Montréal, Annie Guglia et la Fondation de la famille Mathurin ont participé à la programmation. Alexandra Labelle et Kim St-Pierre figuraient aussi parmi les invitées.
« Les filles étaient vraiment excitées », raconte Claudine Labelle. « Pouvoir aller faire du hockey avec Alexandra Labelle, de La Victoire, ça ajoutait une valeur à ce qu’on mettait sur le terrain. »
D’ailleurs, chaque organisation a pris en charge sa propre activation. « Tout le monde a contribué. Tout le monde savait pourquoi on était là », résume-t-elle. La Ville de Saint-Sauveur a aussi joué un rôle central. « Elle a été un partenaire clé. Elle nous a aidées avec la logistique, la sécurité et les chapiteaux. »
Une étincelle
L’événement est né l’an dernier d’une discussion avec Annie Guglia. Claudine Labelle pensait alors à sa fille, qui n’osait pas aller au skatepark. « Elle disait : je vais être vraiment poche », se rappelle-t-elle.
La première édition a attiré environ 650 personnes. Cette année, l’événement a presque doublé. Donc, la suite se dessine déjà. « Le téléphone commence à sonner pour avoir des éditions dans d’autres villes », confie madame Labelle.
Mais Saint-Sauveur garde une valeur particulière. « Le faire dans mon patelin et voir la différence que ça peut faire, ça fait chaud au cœur. »