Un garde-manger plus grand pour des besoins qui explosent
Par Louis-Philippe Forest-Gaudet (Initiative de journalisme local)
Le Garde-Manger des Pays-d’en-Haut a inauguré ses nouveaux locaux à Sainte-Adèle, un bâtiment pensé pour accueillir plus dignement une demande en forte croissance.
Après 30 ans d’existence, le Garde-Manger des Pays-d’en-Haut entre dans une nouvelle étape. L’organisme a inauguré ses nouveaux locaux de Sainte-Adèle, le 20 mai, devant bénévoles, partenaires, donateurs et personnes élues de la région.
Le nouveau bâtiment n’est pas qu’un agrandissement. Il répond à une pression bien réelle. Dans son rapport annuel 2024-2025, l’organisme indique avoir soutenu 1 031 ménages, remis 31 010 paniers alimentaires et reçu 466 291 kg de denrées. Le même rapport fait aussi état de 498 bénévoles ayant offert 13 298 heures de travail.
« Cette nouvelle bâtisse représente bien plus qu’un simple agrandissement pour nous », a souligné Amélie Vaillancourt, vice-présidente du conseil d’administration lors de l’inauguration. « Elle incarne notre volonté de faire mieux, de faire plus et surtout de faire autrement. »
La dignité au centre
Pour Benoit St-Vincent, directeur général du Garde-Manger, les anciens locaux avaient atteint leurs limites. L’organisme devait composer avec des espaces restreints et de l’entreposage sur plusieurs niveaux. De plus, « les gens devaient attendre à l’extérieur et attendaient quand il pleuvait, quand il faisait froid, moi, ça me faisait le cœur gros », a-t-il raconté. « Aujourd’hui, on a décidé de faire un bâtiment qui permet de pallier un peu ce problème-là et d’offrir beaucoup plus de services. »
Les nouveaux espaces permettent de centraliser l’entreposage et la distribution sur un seul niveau, d’ajouter des chambres froides, d’améliorer la sécurité du travail et d’accueillir les personnes dans un environnement plus discret. L’organisme veut aussi utiliser le bâtiment de façon évolutive. « Moi, je considère vraiment qu’on est capable de doubler la demande », a indiqué M. St-Vincent en entrevue, tout en reconnaissant qu’il est « dommage de devoir penser à ça dans un avenir quand même proche ».
Cuisiner, transformer, rassembler
Les cuisines collectives occupent une place centrale dans ce nouvel espace. Elles serviront autant à cuisiner avec les personnes soutenues qu’à transformer des denrées qui auraient autrement été perdues.
« Moi, les cuisines, je veux et je rêve que d’ici la fin 2026, on ait une cinquantaine de personnes de 70 ans et plus, qui vivent seules ou avec des handicaps, qui puissent recevoir 14 repas par semaine », a expliqué Benoit St-Vincent.
L’objectif annoncé est aussi de récupérer plus de 7 000 kg de nourriture au cours des trois prochaines années et d’accueillir 3 120 participants en cuisine. Le projet s’inscrit dans la mission de l’organisme, qui offre de l’aide alimentaire et vestimentaire aux personnes vulnérables de la MRC des Pays-d’en-Haut, notamment par des comptoirs alimentaires, des cuisines collectives, des lunchs scolaires, de la livraison et la Fouillerie.
Une communauté derrière le projet
Le projet a été rendu possible grâce à plusieurs partenaires, dont Les Cuisines partagées METRO, Banques alimentaires du Québec, Desjardins, la Fondation Famille Raymond, Ronald Bussey, le Fonds du Grand Mouvement Desjardins et d’autres partenaires du milieu.
Metro a contribué 300 000 $ à la cuisine partagée de Sainte-Adèle. « Les cuisines partagées métro, ça se veut des lieux vivants, des lieux de rassemblement où les membres de la communauté peuvent se réunir pour cuisiner ensemble », a affirmé Marie-Claude Bacon, de Metro.
Desjardins a pour sa part versé 150 000 $ au projet. « Ce projet contribuera non seulement à améliorer l’accès à une alimentation de qualité, mais également à renforcer le filet social de notre région, briser l’isolement, créer un milieu accueillant, solidaire, ancré dans la communauté », a déclaré Monique Éthier, présidente de la Caisse Desjardins de la Vallée des Pays-d’en-Haut.
Dans un contexte où les banques alimentaires québécoises rapportent plus d’un million de demandes d’aide alimentaire par mois dans leur Bilan-Faim 2025, l’inauguration prend une résonance particulière. Comme l’a résumé Benoit St-Vincent : « Ça prend une communauté pour arriver à répondre aux besoins. »