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Notre journaliste critique The Tinder Swindler

Par Simon Cordeau

Je suis toujours partant pour les documentaires spectaculaires produits par Netflix. Que ce soit les lacunes de la justice américaine dans Making a Murderer, la fraude pharaonique de Fyre: The Greatest Party That Never Happens, la dystopie annoncée par The Social Dilemma, ou les personnages invraisemblables de Tiger King, ils promettent toujours des frissons et des sensations fortes. Mais je dois avouer que The Tinder Swindler, sorti début février, m’a laissé sur ma faim.

Sur une application de rencontre, des femmes trouvent le match parfait. Simon Leviev est beau, charismatique, attentionné et, cerise sur le sundae, fils d’un milliardaire et magnat des diamants. Voyages en jet privé, hôtels cinq étoiles, soupers gastronomiques : ces femmes croient vivre un conte de fée alors qu’elles forment une connexion intense et, croient-elles, sincère avec leur prince charmant.

Mais, vous l’aurez compris, tout cela n’est qu’un mensonge. Bientôt, leur amoureux est pourchassé par ses ennemis et… a besoin d’argent. Comment refuser?

Il y a bel et bien une histoire tragique ici, alors que les victimes sont trahies et dénudées de leurs avoirs, mais peu de mystère ou de surprises. Comprenez-moi bien : l’hameçonnage romantique est un phénomène réel et terrifiant, qu’un homme narcissique, sociopathe et séduisant pousse ici à l’extrême. Les victimes confient leur histoire avec courage et une admirable résilience. Vous, exposeriez-vous au grand public vos échanges les plus intimes, dans l’espoir de faire payer celui qui vous a trompé?

Malgré tout, on dirait que l’intensité de ces relations et la montagne russe d’émotions qu’ont vécue les victimes se traduit mal à l’écran. Le documentaire utilise beaucoup les échanges de textos, les recherches Google, les clips vidéos et les photos Instagram pour avancer l’intrigue, ce qui désincarne et dilue la tragédie qu’on raconte. Il y a un côté viscéral que, selon moi, on ne parvient pas à traduire.

Cela dit, le dernier témoignage est assez satisfaisant et réconfortant, même si on comprend que justice n’a pas encore été rendue.

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