(Photo : Médialo - Louis-Philippe Forest-Gaudet)
Au chalet Pualine-Vanier, à l'intérieur, la capacité de la salle a rapidement été atteinte

Projet de 4 étages : plus de 500 personnes, la consultation est ajournée

Par Jean-Simon Guay

Il était à peine 18 h 30 lorsque le Journal Accès est arrivé au chalet Pauline-Vanier, à Saint-Sauveur, mardi soir. À l’extérieur, une longue file de citoyens attendait déjà pour assister à la consultation publique concernant le projet d’un immeuble de 4 étages et 26 logements au 389, rue Principale.

À l’intérieur, la capacité de la salle a rapidement été atteinte. De nombreux citoyens sont demeurés dehors, certains allant jusqu’à cogner aux fenêtres pendant que la rencontre tentait de commencer.

Selon Philippe Leclerc, animateur mandaté par la Ville pour diriger la consultation, environ 200 à 250 personnes étaient attendues. L’affluence aurait finalement été environ deux fois plus importante.

« On s’attendait à ce qu’il y ait 200, peut-être 250, mais là, le double », a-t-il indiqué au Journal Accès après la rencontre. L’estimation placerait donc l’affluence autour de 500 personnes.

Devant une salle bondée et des citoyens manifestant leur mécontentement à l’extérieur, la Ville a finalement choisi d’ajourner la consultation publique.

Des citoyens piétinent et cognent aux fenêtres

M. Leclerc avait d’abord tenté de lancer la rencontre en expliquant qu’un formulaire en ligne permettrait aux personnes incapables d’entrer de transmettre leurs commentaires à la Ville.

La proposition n’a pas calmé la salle.

Lorsque l’animateur a expliqué que tous ne pourraient assister à la rencontre, plusieurs citoyens à l’intérieur se sont mis à piétiner bruyamment du pied. À l’extérieur, des personnes cognaient aux fenêtres.

« Si on n’établit pas les règles du jeu, je suis désolé, mais la consultation publique n’aura pas lieu », avait prévenu M. Leclerc quelques instants auparavant en tentant de ramener le calme.

Devant la réaction des citoyens, les représentants de la Ville ont demandé quelques minutes pour se concerter.

La décision est rapidement tombée.

« Étant donné l’importance de préserver la démocratie et l’importance pour le conseil et l’administration que tout le monde puisse se sentir inclus et non pas exclu, on va prendre la décision d’ajourner la rencontre », a annoncé M. Leclerc.

La consultation devra donc être reprise dans une salle permettant d’accueillir davantage de personnes. Le Manoir Saint-Sauveur fait partie des endroits envisagés, a indiqué l’animateur à Accès, mais aucun lieu n’était encore confirmé mardi soir.

Carole Viau : « Le but est d’ouvrir la porte »

Après l’ajournement, le Journal Accès s’est entretenu avec la conseillère municipale Carole Viau, l’une des quatre élus ayant voté en faveur du premier projet de résolution le 15 juillet.

Questionnée sur ce vote malgré les nombreuses dérogations demandées, Mme Viau a insisté sur le fait qu’il ne constituait pas une approbation définitive du bâtiment.

« Le but est d’ouvrir la porte », a-t-elle expliqué au sujet de cette première étape du processus de PPCMOI.

Quelques jours avant la consultation, Mme Viau s’était rendue dans le voisinage en compagnie du maire Luc Martel pour rencontrer des résidents préoccupés par le projet.

Interrogée par Accès sur la réaction de ces citoyens lors de cette visite, sa réponse a été brève : « Très mauvaise. »

Elle s’est toutefois montrée sceptique quant à la possibilité de satisfaire les voisins.

« Le jour où il va y avoir quelque chose sur ce terrain-là, ils ne seront pas contents », a-t-elle répondu.

Accès lui a alors fait remarquer qu’il existe une différence entre la construction éventuelle d’un bâtiment conforme à la réglementation et le projet actuellement présenté, qui prévoit notamment 4 étages dans un secteur où le maximum actuel est de 2,5.

Le projet demande également une hauteur de 12,33 mètres plutôt que 10,5 mètres et une densité de 94,75 logements à l’hectare, alors que le maximum actuel est de 35.

Le plan d’urbanisme en révision

Au cours de l’entretien, Mme Viau a également soulevé un autre élément : le cadre urbanistique de Saint-Sauveur est appelé à changer.

Selon elle, le plan d’urbanisme actuel date de près de 20 ans et doit être revu, notamment parce que le contexte réglementaire a évolué depuis son adoption.

Questionnée par Accès sur le moment où la Ville disposerait de ce nouveau plan, elle a répondu : « On travaille dessus, je peux pas vous dire la date. »

Le projet du 389, rue Principale demande actuellement six dérogations au règlement de zonage. Outre la hauteur et la densité, elles touchent notamment l’usage multifamilial, qui n’est actuellement pas permis dans cette zone.

Des voisins inquiets

Avant même le début prévu de la consultation, Accès s’est entretenu avec plusieurs citoyens préoccupés par les conséquences possibles du projet sur le voisinage.

Parmi les inquiétudes exprimées figurent notamment la hauteur du bâtiment, l’ensoleillement, l’intimité des propriétés environnantes et les vues dans le secteur.

Certains résidents avaient d’ailleurs invité le maire Luc Martel et Carole Viau à venir constater la situation directement dans le voisinage quelques jours avant la consultation.

Ils devront finalement attendre avant de pouvoir présenter officiellement leurs arguments.

La Ville doit maintenant publier un nouvel avis précisant la date et le lieu de la reprise de la consultation publique.

Mardi soir, avant même que les 26 logements et les six dérogations puissent véritablement être débattus, la mobilisation citoyenne avait déjà forcé la Ville à revoir ses plans.

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