(Photo : Gracieuseté - Vital Productions)
Emmanuel Bilodeau et Dakota Daulby dans le rôle de Bodo et Joel, son fils.

Tissé serré : Derrière la dépendance, l’amour qui demeure

Par Jean-Simon Guay

Fraîchement couronné du Prix du public Or du meilleur long métrage québécois au Festival Fantasia, Tissé serré faisait escale dimanche au Cinéma Pine, à Sainte-Adèle. Une rencontre toute désignée pour ce film indépendant qui a été tournée dans les Laurentides et qui raconte, derrière la dépendance, une histoire profondément familiale.

Le réalisateur Harrison Houde, le coscénariste et acteur Dakota Daulby ainsi que France Castel étaient présents pour échanger avec les spectateurs après la projection.

Inspiré d’une histoire vraie, Tissé serré suit Joel, un jeune homme qui tente de venir en aide à son père Bodo, aux prises avec une dépendance à l’héroïne et au fentanyl. Emmanuel Bilodeau prête ses traits à ce père aussi imprévisible qu’attachant, alors que Dakota Daulby incarne son fils.

Pour France Castel, qui voyait la version finale du film pour la première fois dimanche, la projection a eu une résonance toute particulière.

« J’ai été sonnée », a-t-elle confié devant le public. « On ne peut pas vouloir pour quelqu’un qui ne veut pas. »

L’actrice n’a pas caché son lien personnel avec le sujet abordé par le film. « Comme vous savez, je connais ça, la dépendance. Moi, j’en suis sortie », a-t-elle raconté, ajoutant que certains moments lui avaient rappelé des expériences vécues.

« C’est un film dur, mais en même temps tellement plein d’amour », a-t-elle résumé.

Montrer l’homme derrière la dépendance

Cette dualité entre les moments difficiles et l’humour traverse le film. Lors de la discussion, Harrison Houde a expliqué que cet équilibre était directement lié à la personne réelle ayant inspiré Bodo. Derrière sa dépendance se trouvait également un homme drôle, chaleureux et capable de faire rire son entourage.

Pour le réalisateur, il était donc important de ne pas réduire le personnage à sa consommation et de conserver les moments de joie et d’affection qui existaient dans cette relation père-fils.

Le monteur Étienne Plasse a pour sa part expliqué avoir cherché cette même authenticité au montage.

Une partie de l’équipe de tournage au Cinéma Pine de Sainte-Adèle

« Pour moi, c’était facile de juste placer les performances ensemble, aller trouver les meilleurs moments pour aller chercher le plus réel possible qu’on peut avoir. Je pense que c’est ça qu’on voulait avec le film : vraiment aller chercher le réel », a-t-il expliqué.

Le tournage s’est déroulé sur une vingtaine de jours. L’équipe n’a pas bénéficié de journées consacrées entièrement aux répétitions, mais des lectures ont été organisées avant le tournage.

Un film indépendant tourné dans les Laurentides

La présentation au Cinéma Pine avait aussi une saveur locale. Vital Productions est établie dans les Laurentides depuis plusieurs années et la majeure partie de Tissé serré a notamment été tournée dans le secteur de Mont-Rolland.

L’équipe de production a souligné dimanche son désir de continuer à tourner dans la région et à mettre en valeur le territoire à travers ses différents projets.

La sortie du film survient par ailleurs quelques semaines après sa première mondiale à Fantasia, où le film a remporté le Prix du public Or du meilleur long métrage québécois.

Questionné dimanche sur cette récompense, Harrison Houde a qualifié l’expérience d’« incroyable », soulignant notamment le caractère inattendu de cette reconnaissance pour une petite production indépendante comme celle-ci.

France Castel a d’ailleurs profité de la rencontre de Sainte-Adèle pour lancer un appel au public. Elle a rappelé la difficulté pour un film québécois indépendant de trouver sa place sur les écrans, soulignant que relativement peu de salles avaient choisi de présenter Tissé serré.

« C’est un film important », a-t-elle insisté, invitant les spectateurs à parler du film autour d’eux.

Une invitation qui résume bien l’esprit de cette ciné-rencontre : au-delà de la dépendance, l’œuvre cherche surtout à provoquer une discussion sur ceux qui en souffrent, ceux qui les aiment et les limites de ce que l’amour peut accomplir.

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