(Photo : Médialo - France Poirier)
Xavier-Antoine Lalande, préfet de la MRC de La Rivière-du-Nord; Roxanne Therrien, mairesse de Mirabel; Tim Watchorn, député fédéral libéral des Pays-d’en-Haut, Catherine Hame, préfète de la MRC des Pays-d’en-Haut; et Bernard Bigras-Denis, préfet d’Argenteuil et maire de Lachute.

Enjeux locaux : l’effet Mirabel vu des Pays-d’en-Haut

Par Louis-Philippe Forest-Gaudet (Initiative de journalisme local)

La commande historique annoncée chez Airbus à Mirabel ouvre des perspectives bien au-delà de la métropole industrielle. Dans les Pays-d’en-Haut, on y voit déjà un élan à saisir, à condition de le planifier avec lucidité.

L’annonce faite le 6 mai à Mirabel par Airbus et AirAsia ne laisse pas les élus des Pays-d’en-Haut indifférents. Pour Catherine Hamé, préfète de la MRC, ce qui se passe à Mirabel commence déjà à rayonner jusque dans les Laurentides. « Depuis quelque temps, on sent que ça bouge à Mirabel. Et les Pays-d’en-Haut ne sont pas bien loin. Ce qui prend forme là-bas aura, à terme, des effets chez nous aussi », a-t-elle écrit à la suite de l’événement.

Sa présence sur place a renforcé cette impression. « J’ai vraiment mesuré la force d’attraction qui est en train de s’y installer », souligne-t-elle. Dans son esprit, il ne s’agit pas d’un mouvement abstrait. « Mirabel devient un pôle économique de plus en plus structurant pour notre région élargie. »

En entrevue, Catherine Hamé rappelle que cette réflexion n’a pas commencé avec l’annonce. À la MRC, les discussions sur l’aménagement du territoire, l’habitation et le développement commercial sont déjà bien entamées. La nouvelle réalité qui se dessine autour de Mirabel vient toutefois donner encore plus de poids à ces travaux. « Il faut avoir la lucidité comme gouvernement de proximité de travailler à voir comment on veut se positionner par rapport à ça », dit-elle. « C’est un intrant important qui nous amène beaucoup de matière à réflexion. »

Des retombées à préparer

Le député fédéral Tim Watchorn partage cette lecture élargie de l’annonce. « Ce n’est pas quelque chose qui doit être vu en silo, c’est quelque chose qui est un tout pour la région », affirme-t-il. À ses yeux, les effets potentiels se mesurent autant en emplois qu’en qualité de vie. « Ce sont des bons jobs payants pour les gens qui restent ici », dit-il. « C’est du trafic en moins pour aller à Montréal. » Il ajoute que ces travailleurs, s’ils choisissent de vivre dans la région, vont aussi « dépenser de l’argent dans nos commerces », profiter des installations locales et contribuer à faire vivre le territoire.

Watchorn insiste aussi sur l’importance de garder les élus municipaux dans la boucle. « C’est important pour eux qu’ils sachent ce que fait le gouvernement du Canada », dit-il, estimant que les décisions fédérales ont des répercussions bien réelles dans les milieux de vie.

Du côté de la MRC, Catherine Hamé voit dans cette annonce une occasion de pousser plus loin des réflexions déjà amorcées. « C’est très bien accueilli », résume-t-elle. « C’est un intrant important qui nous amène beaucoup de matière à réflexion. »

Grandir sans se perdre

Les deux élus voient donc dans cette accélération une occasion prometteuse, mais qui demande d’être accompagnée avec méthode. Dans une région déjà sous pression sur le plan du logement, des infrastructures et du transport, le développement devra rester cohérent avec le milieu. « L’identité régionale, c’est nos paysages, c’est la nature. Et il faut à tout prix conserver ça », rappelle Catherine Hamé. Elle résume ainsi l’équilibre à trouver : « Rester accueillant », tout en protégeant ce qui fait la force et l’attachement des Pays-d’en-Haut.

Tim Watchorn va dans le même sens. « On ne veut pas que Saint-Sauveur devienne Blainville, on ne veut pas que Sainte-Adèle devienne Laval », lance-t-il. « Chaque petite communauté a son art, a son identité, mais il y a moyen de travailler autour de schémas d’aménagement et d’urbanisme pour s’assurer que ça marche. »

Pour les Pays-d’en-Haut, l’annonce faite à Mirabel n’est donc pas seulement une bonne nouvelle économique. Elle agit déjà comme un rappel. La croissance qui s’approche peut devenir une réelle occasion pour la région, à condition de l’orienter sans perdre de vue ce qui la distingue.

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