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Agrandissement du Métro de Val-David: Un chantier vert à la démesure de René Derouin

Par nathalie-deraspe

Après trois ans de tergiversations, Jacques Dufresne a réussi à trouver un consensus au sein de la population. Avec le génie artistique de son ami René Derouin, l’agrandissement du Métro Dufresne fera figure d’œuvre d’art.
À prime abord, l’édifice commercial détonne dans le paysage architectural du village. Agrandir la superficie de 30% sans en affecter davantage le voisinage n’était pas une mince affaire. Jusqu’à récemment, les maintes modifications apportées aux plans projetés n’ont pas suffi pour obtenir l’aval de la municipalité.
«En novembre, j’étais complètement découragé, indique le propriétaire Jacques Dufresne. Ça fait trois ans qu’on travaille le projet. J’avais l’impression de me battre contre la population au grand complet, confie-t-il. J’avais même perdu mes alliés naturels. Mon banquier ne croyait plus en mes projets. Quand j’ai croisé René Derouin, je sortais d’une autre réunion avec la municipalité. J’étais écoeuré qu’on me demande des trucs sans fondement et sans professionnalisme.»

Le projet ambitieux et grandiose proposé mardi soir devant une salle de 80 à 100 personnes, a fait l’unanimité. L’enthousiasme est partagé. Pourtant, les gens n’étaient pas nécessairement des artistes, a souligné René Derouin.

Une maquette de 350 pieds de long couvrira le haut des murs végétalisés de la bâtisse industrielle. Cinq ouvriers, sous la gouverne de M. Derouin, érigeront au fil des semaines 45 panneaux sculptés et peints aux couleurs des saisons. À eux seuls, les verts se décaleront en six tonalités distinctes. C’est dire la subtilité de ce tableau gigantesque. Paysages de fruits, de légumes, bateaux de pêcheurs, autant d’illustrations évocatrices pour tenter de marier l’édifice au décor ambiant du village. «Une évocation paradisiaque de tout ce que la nature peut nous donner», lance l’artiste dans sa verve habituelle. Des arbustes et des grimpants indigènes viendront se greffer à cette œuvre monumentale. L’automne, les lierres épouseront les courbes subtiles et délicates dressées par Derouin et son équipe. L’hiver, des luminaires viendront éclairer le décor alimenté par la neige.

Un projet longuement mûri

De la proposition lancée en novembre au commerçant, René Derouin a dressé tout un plan structuré, avec maquette et présentation détaillée, comme s’il fallait à tout prix vendre le projet autrement que comme un collectif mobilisateur. Pourtant, l’artiste n’en retirera que le bénéfice de s’impliquer socialement dans sa communauté. Il s’agit donc là que d’une affaire de cœur. «La valeur de cette œuvre au pouce carré n’aurait pas de commune mesure, admet René Derouin, maintes fois primé de par le monde. Mais les coûts des matériaux et le salaire des employés seront assumés par Jacques Dufresne.» Pas question de payer une œuvre d’art donc. M. Derouin en demeure l’unique propriétaire. Mais des gens se souviennent de son discours d’il y a 30 ans, alors qu’il parlait de la responsabilité sociale de l’artiste.

L’œuvre sera préparée entièrement en atelier à compter du printemps, au moment même où débuteront les premières plantations aux abords du site. Il faudra cinq ans pour atteindre la pleine maturation du projet; mais dès 2010, tout sera finalisé. Le projet à peine accepté que Jacques Dufresne rêve déjà d’installer un jardin communautaire et un bistro sur le toit.
… et du côté de Val-Morin…

Val-Morin va de l’avant avec son projet de revitalisation… En effet, les citoyens de l’endroit se sont fait peu nombreux à signer le registre pour s’opposer au plan de revitalisation du cœur du village. Fort d’un appui de 95% de la population, le maire Jacques Brien s’apprête à faire «le projet de l’histoire de Val-Morin».

Le coût total des travaux projetés est évalué à 5,7 M$, mais le maire rêve déjà de subventions qui aideraient à réduire la facture de près de moitié: «Pour des raisons de transparence, dit Jacques Brien, nous avons proposé un règlement d’emprunt qui reflète les coûts réels de l’ensemble des travaux. Avec un taux hypothécaire basé à 5,25%, ce qui est très conservateur, la taxation municipale augmenterait de 88$ par 100 000$ d’évaluation, ce qui signifie une hausse de 4% de taxes.»

Le Fonds vert canadien se serait toutefois montré intéressé à financer le projet à des taux de 0,5%, garantis sur 20 ans. Les intérêts épargnés sur cette seule transaction seraient de 1,7 M$, indique Jacques Brien. Du côté de Québec, on dit que le projet est sur la piste fast track. Dans ce cas, le programme d’infrastructures s’appliquera.

Les soumissions publiques seront lancées en avril. Dès juillet, les travaux devraient être entamés en vue d’être terminés cet automne. Le garage municipal devrait faire l’objet de travaux en août, pour un déménagement de la caserne d’ici la fin de l’année. La construction de nouveaux locaux au cœur du village sera entreprise au printemps 2010, mais la démolition de la bâtisse existante se fera dès cette année. «Nous ne démolissons pas pour le plaisir de démolir, souligne M. Brien. Le bâtiment est resté sans entretien durant 15 ans. Il y avait des problèmes électriques, les pompiers ont été appelés plusieurs fois sur les lieux, il y a de l’infiltration d’eau et des faiblesses au niveau de la structure.»

Le projet origine des propositions de l’organisme Fondation Rues Principales, qui a œuvré à

Val-Morin de 2005 à 2006. (N. Deraspe)

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