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Des organismes communautaires réclament plus de logements sociaux

Par Éric-Olivier Dallard

Le Collectif des Laurentides pour un Québec sans pauvreté a tenu une manifestation devant l’Hôtel de région mercredi après-midi, dans le but d’interpeller les élus sur le manque criant de logements sociaux dans les Laurentides.

Un campement temporaire a été érigé de façon symbolique, pour inciter les membres de la Conférence régionale des élus des Laurentides (CRÉ) et les candidats aux élections provinciales à faire du logement social une priorité régionale. Dans une lettre présentée au directeur général de la CRÉ, Roger Hotte, l’organisme rappelle que le droit au logement est inséré dans le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels de l’ONU. En 2006, le comité chargé de son application soulignait que l’absence de logements sociaux au Canada empêche notamment les femmes victimes de violence de mettre fin à leur relation. On y mentionne également que les allocations au logement et les prestations d’assistance sociale sont en deçà des coûts moyen de loyers, et que les listes d’attente pour les appartements subventionnés sont très longue. En clair, l’ONU entrevoit la lutte contre le phénomène des sans-abri et l’insuffisance de logements comme une situation d’urgence nationale.

Pire qu’ailleurs

Des données récentes de la Société d’habitation du Québec (SHQ) indiquent que les Laurentides comptent beaucoup moins de logements sociaux (HLM, Coopératives d’habitation ou autres) que toute autre région du Québec. Selon un document publié en juin dernier,14 ménages sur 1 000 avaient obtenu de l’aide via ses programmes, comparativement à 25 sur 1 000 dans l’ensemble de la province. En 2003, une étude du Réseau des femmes des Laurentides révélait déjà l’ampleur des besoins à combler. Alors que la région comptait un total de 3277 unités de logements sociaux, 1126 ménages figuraient sur une liste d’attente. Le Collectif soutient que la crise économique qui pointe à l’horizon multipliera les besoins en ce sens. L’organisme considère qu’une portion des 4 G$ d’investissements de Québec en matière d’infrastructures devrait être allouée au développement de logements sociaux. Le Collectif réclame notamment que la CRÉ mette en place un comité d’élus qui définirait un plan d’action clair pour que des actions concrètes voient le jour dans ce dossier. Les candidats Lise Boivin, de Québec Solidaire et Gilles Robert, du Parti québécois, ont tous deux donné leur plein appui aux revendications du Collectif. Mme Boivin a souligné que son parti s’engage à créer 50 000 logements sociaux en 5 ans. La candidate de Prévost promet d’en obtenir 10% pour la région.

D’après une analyse réalisée par le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), un grand nombre de personnes et de familles est condamné à consacrer jusqu’à 80% de leur revenu uniquement pour se loger. Un curieux badeau, passant par là, a dit bien connaître la situation. Au bord de la retraite, lui et sa conjointe vivent de l’assistance sociale. Avec un loyer mensuel de 651$, un plan budgétaire pour défrayer l’électricité, les coûts du téléphone et autres dettes courantes, il ne leur reste qu’un peu de monnaie en poche. Pour se nourrir, le couple doit fréquenter les soupes populaires. «Vous n’avez pas songé habiter un HLM?», lui demande-t-on. «On l’a fait, mais le nôtre était plein de moisissures.» Une autre réalité qui frappe les locataires.

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