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(Photo : Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs - N. Nadeau-Thibodeau)
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Nos forêts touchées

Par Marie-Catherine Goudreau

À Sainte-Anne-des-Lacs, plusieurs citoyens ont relevé un problème qui touche plusieurs arbres de la municipalité. C’est la maladie corticale du hêtre qui affecte de nombreuses forêts de la région.

« En effet, dans la région, tu regardes partout et les hêtres sont malades », affirme Catherine Hamé Mulcair, mairesse de Sainte-Anne-des-Lacs. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles le conseil municipal souhaite adopter une nouvelle règlementation en aménagement forestier. « On veut rendre nos forêts plus résilientes aux changements climatiques et aux températures de plus en plus chaudes », soutient-elle.

Selon la mairesse, il faut notamment planter de nouvelles essences d’arbres, qui vont mieux s’adapter aux nouvelles réalités climatiques. La Municipalité souhaite faire une exploitation plus durable des forêts.

Transmission rapide

Cette maladie a été introduite en Amérique du Nord au 19e siècle, mais « on n’en a jamais autant parlé », explique André Goulet, aménagiste des territoires naturels à l’Institut des territoires. « C’est une maladie qui se transmet assez facilement, et dont les infections sont facilitées par un insecte qui vient pénétrer dans les bois. »

Partout où les hêtres sont présents, la maladie est souvent là aussi, mentionne M. Goulet. Mais elle affecte aussi les érables à sucre et les bouleaux jaunes. Lorsque l’arbre est infecté, il va procéder à une régénération asexuée, c’est-à-dire que de nouveaux hêtres vont pousser à partir des racines. Cela fait en sorte que les hêtres vont prendre de plus en plus de place dans la forêt, au détriment des autres espèces.

« Une forêt, c’est comme une population. Il faut des bébés, des jeunes arbres, mais aussi des plus vieux », souligne André Goulet. Toutefois, la maladie fait en sorte qu’il y a beaucoup de jeunes hêtres qui poussent, mais ils meurent très jeunes. Cela met notamment en péril les érablières.

À Sainte-Anne-des-Lacs et Prévost, la Forêt Héritage est beaucoup affectée par la maladie. On retrouve plusieurs arbres malades ou morts dans les sentiers, et cela « engendrent des enjeux de sécurité », soutient M. Goulet.

Envisager les solutions

Afin de stopper les infections d’un arbre à l’autre, il faut sortir les hêtres malades de la forêt. « La maladie se propage par des gouttelettes, par le vent. Ainsi, si on veut arrêter la propagation, il faut couper les jeunes hêtres affectés », mentionne André Goulet.

Pour les propriétaires forestiers, des programmes existent pour ceux qui ont quatre hectares et plus de forêts. Ils sont admis-sibles à de l’aide pour effectuer des travaux et récolter les hêtres malades, rapporte l’ingénieur forestier.

La mairesse de Sainte-Anne-des-Lacs, Catherine Hamé Mulcair, rappelle que les citoyens peuvent s’adresser à la Municipalité si un hêtre malade près de leur maison est dangereux. Les gens peuvent faire une demande au Service de l’environnement s’ils croient qu’il y a un danger avec un arbre sur leur terrain.

Qu’est-ce la maladie corticale du hêtre ?

La maladie corticale du hêtre est occasionnée par l’action combinée d’un insecte, le kermès du hêtre, et d’un champignon pathogène. La maladie survient lorsque les spores des champignons s’introduisent par des blessures faites à l’écorce, entre autres celles causées par la cochenille du hêtre.

Les spores du champignon sont disséminées par la pluie et le vent et se logent dans les microblessures. On peut alors observer des taches brunâtres sur l’écorce, puis graduellement, la nécrose du cambium suivie d’un affaissement localisé de l’écorce.

C’est alors que l’on remarque l’apparition de petits chancres circulaires d’environ 2 cm de diamètre. Ceux-ci peuvent se fusionner lorsque l’arbre est gravement atteint, donnant au tronc un aspect verruqueux. Par la suite, on observe un dépérissement du houppier, un jaunissement du feuillage et la mort survient à brève échéance.

Les hêtres de plus fort diamètre, ayant une écorce plus rugueuse et étant couverts de cochenilles du hêtre, sont les plus sensibles à la maladie.

Source : Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

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