(Photo : Gracieuseté – Ville de Sainte-Adèle)

État des routes à Sainte-Adèle : une campagne dans la campagne

Par Jean-Simon Guay

À quelques semaines du scrutin provincial, Sainte-Adèle lance sa propre campagne. Avec des affiches aux allures électorales, la Ville veut profiter de la course dans Bertrand pour réclamer des engagements concrets des candidats sur l’état des routes provinciales qui traversent son territoire.

« Vos routes. Votre responsabilité. » C’est le message qui est affiché à Sainte-Adèle, sur des panneaux de même format que les pancartes électorales. Les citoyens sont également invités à signaler au 511 les problèmes constatés sur le réseau sous la responsabilité du ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD).

Pour la mairesse Nadine Brière, l’objectif est double : rappeler aux citoyens que la Ville n’a pas le pouvoir d’intervenir elle-même sur ces routes et profiter de la campagne électorale pour obtenir des engagements des partis.

« Ce n’est pas évident pour les citoyens de savoir que les routes qui traversent Sainte-Adèle ne nous appartiennent pas et qu’on n’a pas de pouvoir », explique-t-elle.

« Attendez pas qu’il y ait des accidents »

L’initiative survient dans un contexte particulièrement sensible. Le 20 août, un motocycliste a perdu la vie sur l’autoroute 15 à Sainte-Adèle. Sa conjointe, qui prenait place avec lui sur la moto à trois roues, a affirmé publiquement que le conducteur aurait perdu la maîtrise en tentant d’éviter un nid-de-poule. Cette cause n’a toutefois pas été confirmée par la Sûreté du Québec.

Sans établir elle-même un lien direct entre l’état de la chaussée et le décès, Nadine Brière estime que les conditions routières peuvent ajouter des risques dans un secteur de l’autoroute 15 déjà caractérisé par des courbes et des pentes.

« Attendez pas qu’il y ait des accidents comme ça s’est produit récemment pour réagir. Il faut travailler en amont », lance-t-elle aux candidats.

Pas encore d’engagement

La mairesse affirme avoir déjà rencontré des candidats de Bertrand. Jusqu’ici, dit-elle, aucun ne s’est engagé précisément à investir dans la réfection des infrastructures routières.

Ses revendications ne se limitent pas à un tronçon particulier. Elle réclame des interventions plus importantes sur la route 117 et l’autoroute 15, en plus du chemin Pierre-Péladeau, un axe reliant notamment Sainte-Adèle à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson.

« Avant d’avoir du neuf, il faut entretenir le vieux. Mais là, le vieux tombe en ruine », soutient-elle.

Nadine Brière souhaite maintenant voir les candidats aller au-delà des intentions et annoncer des investissements et des échéanciers. « Si mon toit est à changer, je vais pas attendre qu’il coule pour le changer », illustre-t-elle.

À ses yeux, Québec devrait appliquer la même logique à ses routes : intervenir avant que leur détérioration ne force des réparations d’urgence — ou ne compromette davantage la sécurité des usagers.

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