Halte climatique l’Escale : Sainte-Adèle réclame un déménagement
Par Alexane Taillon-Thiffeault (Initiative de journalisme local)
La question de la halte climatique a dominé les échanges lors de la séance du conseil municipal de Sainte-Adèle du 15 juin. Les élus ont adopté une résolution demandant le déménagement de la ressource actuellement située à proximité de la Place des citoyens.
« On ne demande pas à la halte climatique de changer de mission, on demande seulement qu’elle change d’emplacement », a résumé le conseil municipal.
En entrevue après la séance, la mairesse Nadine Brière a rappelé que la Ville ne possède aucun pouvoir décisionnel sur les opérations de la halte, qui relève du réseau de la santé.
Mme Brière dit consacrer de nombreuses heures à ce dossier, tout comme plusieurs commerçants et intervenants du milieu. Selon elle, Sainte-Adèle assume actuellement une part importante des impacts liés à l’itinérance dans la MRC des Pays-d’en-Haut sans bénéficier d’un soutien financier équivalent des autres municipalités. La mairesse estime également que le problème dépasse largement la seule question du local actuel. Elle plaide pour une meilleure coordination entre les différents acteurs concernés.
Le point de vue de la préfète
De son côté, la préfète de la MRC des Pays-d’en-Haut, Catherine Hamé, affirme qu’un déménagement de la ressource fait déjà l’objet d’ouvertures de la part des différents intervenants concernés. Elle reconnaît toutefois qu’un tel exercice demeure complexe, puisqu’il faut maintenir l’accessibilité des services aux personnes en situation d’itinérance tout en assurant leur intégration dans un nouveau milieu.
« Il faut garder l’accent sur les solutions », soutient-elle.
Mme Hamé rappelle également que les décisions financières de la MRC sont prises collectivement par les dix municipalités du territoire. À son avis, les maires ont déjà démontré une solidarité régionale dans d’autres dossiers liés à l’itinérance, notamment par leur soutien à des initiatives mises en place ailleurs dans les Laurentides.
Mais la préfète reconnaît que l’enjeu dépasse largement Sainte-Adèle. « L’itinérance n’est pas un problème d’une seule place », souligne-t-elle.
À son avis, la solution passera par une collaboration accrue entre les municipalités, les organismes communautaires, le réseau de la santé ainsi que les gouvernements provincial et fédéral. « Tout le monde doit répondre présent », résume-t-elle.
Un surplus de 4,85 M$ en 2025
En ouverture de séance, la Ville a présenté ses états financiers 2025, qui font état d’un surplus de 4,85 millions de dollars. Cette somme provient principalement de revenus supérieurs aux prévisions, notamment grâce aux droits de mutation, aux revenus de taxation découlant de la croissance immobilière, aux permis, aux services municipaux et aux intérêts bancaires.
Le conseil prévoit déjà affecter une partie de ce surplus à différents besoins. Environ 1 million de dollars seraient consacrés à la réfection des trottoirs, un autre million aux parcs et espaces verts, ainsi qu’un million supplémentaire à l’entretien des bâtiments municipaux. Une bonification de la réserve environnementale est également envisagée.
Un terrain pour agrandir le parc du Mont Loup-Garou
Les élus ont également autorisé le dépôt d’une offre d’achat pour un terrain d’environ 51 hectares adjacent au parc du Mont Loup-Garou. La valeur proposée est de 355 000 $. Selon Mme Brière, cette acquisition s’inscrit dans la volonté du conseil de poursuivre le développement du réseau de plein air municipal et de protéger des espaces naturels. « On voit tout se bâtir autour de nous. Assurer l’accès au plein air pour les générations futures, ça nous tient à cœur », a-t-elle indiqué.
Le moratoire, toujours d’actualité
Interpellée par des citoyens au sujet du moratoire sur les nouvelles rues et certains développements résidentiels, Mme Brière confirme que la réflexion est loin d’être terminée. Le conseil travaille actuellement à une nouvelle vision de l’aménagement du territoire en lien avec le futur schéma d’aménagement de la MRC. La Ville souhaite notamment évaluer la capacité de ses infrastructures routières avant d’autoriser de nouveaux développements.
Des athlètes honorés
Avant la séance, la Ville a rendu hommage à plusieurs athlètes adélois, dont l’olympienne Lauriane Desmarais-Gilbert et sa sœur Valérie, ainsi qu’à trois jeunes ayant participé aux Jeux du Québec. Selon la mairesse, l’objectif était de créer un moment de rencontre entre les jeunes sportifs et des modèles inspirants.