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La Rolland, du projet d’avenir au casse-tête actuel:Sainte-Adèle réagit

Par Éric-Olivier Dallard

Dans son dernier éditorial, le rédacteur en chef d’Accès, Eric-Olivier Dallard, s’inquiétait du peu d’information donnée par le maire de Sainte-Adèle, Claude Descôteaux, sur le dossier de La Rolland. En conférence de presse cette semaine, celui-ci a tenu à expliquer aux citoyens la position dans laquelle la Ville se trouve dans le projet du Parc d’affaires La Rolland (CPAR): «Je comprends l’insécurité que cette situation instaure. L’administration et le conseil municipal actuels ont hérité l’endossement de ce projet de plusieurs millions de dollars, dette qui s’accumule et qui paralyse notre budget. Il est légitime que les citoyens s’interrogent et je souhaite leur donner l’heure juste», explique le maire.

Voici le communiqué de presse émis par la Ville à cette occasion:
«La situation est complexe. Bien que la Ville ait cautionné le prêt à 100%, la gestion et l’ensemble des décisions d’ordre administratif ou juridique relèvent du conseil d’administration de la CPAR et non du conseil de ville. Le maire demeure confiant que le conseil d’administration de la CPAR insufflera un dynamisme qui permettra d’améliorer la situation, de relever les défis qui s’imposent et de sortir la ville de gouffre financier.

Dans le cas du conflit qui oppose la CPAR à son locataire, M. Veilleux, nous souhaitons un règlement à l’amiable, à la satisfaction des deux partis et au moindre coût possible. Je dois préciser que la ville n’est pas partie prenante au dossier, ni notre greffier monsieur Michel Rousseau, ni aucun autre membre de l’administration de la Ville n’ont un droit de regard sur les décisions de la Rolland.»

Sur ce point, le maire tient à remettre les faits dans leur contexte. En 1999, le groupe Cascades a cédé à la CPAR les bâtiments et les terrains de l’ancienne papetière Rolland afin de protéger l’héritage patrimonial du lieu et enrichir la région d’un parc industriel. Dès le début du projet, les coûts de rénovation ont largement dépassé la subvention obtenue pour la revitalisation des lieux. En manque de ressources financières, la CPAR devait emprunter. La Ville de Sainte-Adèle a accepté de prendre un risque financier et de cautionner les emprunts de la Rolland. Porté par l’enthousiasme de l’émergence de «la nouvelle économie» et la multiplication de zones industrielles multimédia à travers les régions du Québec, le développement de la Vallée du multimédia avait tout d’un projet prometteur dont les citoyens de la région seraient fiers.
«C’était un projet d’avenir, réaffirme le maire, mais comme le démontrent les conclusions du Rapport de diagnostic stratégique réalisé par Stramar en 2008, commandé par le CLD des Pays-d’en-Haut, dans l’état actuel, le projet n’est pas viable. Plutôt que de contribuer à l’assiette fiscale des adélois, le Parc d’affaires hypothèque leur avenir et comme le souligne le rapport Stramar, des erreurs ont été commises. Selon le CLD, le départ de certains locataires et la fin des crédits d’impôt pour les Centres de la nouvelle économie ont donné le coup de grâce à ce projet».
«Pour remettre à flot le parc d’affaires et mettre en œuvre un plan de développement stratégique viable, des investissements supplémentaires sont nécessaires: employé permanent, revitalisation des infrastructures, développement et positionnement marketing, etc. Mais Sainte-Adèle ne veut plus et ne peut plus investir davantage, soutient le maire Descôteaux. Elle ne souhaite pas le faire, à moins que la direction viable de ce projet à vocation régionale soit assurée.»

Recherche de solutions: vente ou partenariat

Pour assumer de façon responsable les priorités auxquelles elle fait face, la Ville doit faire des choix et trouver des solutions lucides et réalistes. «Nous travaillons de concert avec nos députés, Monsieur David Whissell, député d’Argenteuil et ministre du Travail et ministre responsable de la région des Laurentides, Monsieur Claude Cousineau, député de Bertrand et porte-parole de l’opposition officielle en matière d’affaires municipales et nos partenaires régionaux les CLD et MRC des Pays-d’en-Haut, poursuit le maire Descôteaux. Mais la situation est précaire.» Pour leur part, les maires de la MRC ne souhaitent pas soutenir l’embauche d’un directeur général et le CLD ne versera pas le budget récurrent de 25 000$ alloué au projet. Les responsables actuels de la CPAR continuent d’étudier divers scénarios pour redonner une santé économique à ce projet. Il sonde les ministères et autres organismes de développement pour y trouver des appuis. L’option de vendre le complexe (en tout ou en partie) et les terrains à des fins de développement immobilier est l’une d’entre elles.» Tout cela doit se faire dans le respect des obligations contractuelles de la Rolland à l’endroit de ses locataires.
****L’avenir à protéger****

Devant le fardeau financier dont ont hérité les citoyens de Sainte-Adèle, les représentants de la Ville explorent toutes les avenues proposées. «Vendre le complexe a des conséquences pour l’unique parc d’affaires de la région, et cela ne règle qu’une partie (et non l’ensemble) de la dette des adélois. Sans compter que nous aimerions protéger les quelques 400 emplois actuels, les entreprises, ainsi que l’héritage patrimonial et industriel du territoire» indique le maire.

Une situation délicate pour la Ville qui espère direction, partenariat et dénouement rapide, tant pour les citoyens que pour les entreprises impliquées.**»

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