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Le programme J'ai ma place au travail dans les Laurentides!

Par nathalie-deraspe

Quelle que soit la forme d’handicap, quelle que soit sa sévérité, il faut beaucoup plus que de la persévérance et de l’encouragement des parents et de la communauté pour réussir à se trouver du boulot quand on souffre de paralysie cérébrale.

Ostracisés depuis l’enfance, les handicapés sont souvent les premiers freins de leur réussite. Il s’en trouve néanmoins quelques-uns à ouvrir la voie, non sans peine. Christian Poisson fait partie de ceux-là. Mais il lui aura fallu vivoter jusqu’à l’âge de 33 ans avant de véritablement prendre sa vie en main. C’est vous dire à quel point il faut décupler les efforts avant de pouvoir briller de tous ses feux quand on se déplace, comme lui, en fauteuil roulant.

Né à 6 mois et demi en compagnie d’un jumeau prématuré en pleine santé, Christian a eu la chance d’hériter d’une assurance toute naturelle. Malgré tout, la vie a vite fait de lui rappeler qu’il était né différent des autres.
«Quand on est enfant, confie-t-il, les préjugés n’existent pas». En fait, il faut bien le dire, ceux-ci sont l’héritage direct de l’étroitesse d’esprit de certains parents. Voilà pourquoi à l’adolescence, tout se gâte. Difficile en effet de se forger une personnalité et une estime de soi quand la première petite copine arrive dans notre vie à 22 ans…

Sauvé par ses passions
À partir de 11 ans Christian obtient ses premières consoles vidéo. Sa passion sera telle qu’à partir de 1988, il y consacrera 10 heures de son temps chaque jour. Parallèlement, les mots prennent de plus en plus de place. De 19 à 25 ans, il passe toutes ses nuits blanches à composer. Le jeune homme aurait pas moins de 1000 textes en banque. Mais il lui fallait terminer son secondaire. Un véritable chemin de Damas. Après plusieurs tentatives et découragements, Christian réussit. Sans sa famille, concède-t-il, il n’y serait jamais arrivé.

Pour l’organisme Intégration travail Laurentides, Christian Poisson est le symbole de la réussite. Mais il faut avant tout réunir plusieurs éléments essentiels afin d’obtenir une conjoncture favorable dans la réinsertion d’une personne handicapée. Comme le dit si bien Christian, les téléthons nous renvoient souvent la pire image des handicapés. Mais bon nombre d’entre eux sont tout à fait en mesure de combler un emploi. Pensons aux employés de bureau par exemple, aux téléphonistes ou…aux testeurs en fonctionnalité de jeux vidéo, comme chez Enzyme à Sainte-Adèle.

Embauché il y a un mois et demi, Christian vit une véritable lune de miel. En fait, sans faire de jeu de mots, disons qu’il est comme un poisson dans l’eau! «Je suis vraiment à ma place, dit le nouveau travailleur. J’arrive à l’heure, je suis motivé et j’ai envie d’apprendre. Je suis sorti de ma première évaluation encouragé et par-dessus tout, je ne vis plus au crochet de la société. Chapeau à Enzyme, qui acceptent de fonctionner dans un environnement complètement différent.»

Après une brève rencontre avec la coordonnatrice des ressources humaines, Josée-Anne Bourque, le compliment est vite retourné à Christian. «Il nous avait fait une excellente impression à la foire de l’emploi, se rappelle-t-elle. Il s’est très bien vendu et on s’est tout de suite souvenu de lui quand on a vu son C.V.».
«Les personnes handicapées sont de plus en plus normalisées dès leur naissance, soutient le conseiller en main-d’œuvre Michel Bélanger. Reste à convaincre les employeurs et le reste de la société qu’ils sont des humains à part entière.» Quarante entreprises de la région leur font déjà une place, indique-t-il. Le programme J’ai ma place au travail, veut faire passer ce nombre à 80 d’ici 3 ans, et ainsi réduire l’écart en emploi de 50% entre les personnes handicapées et non-handicapées. Un travail colossal après des années de négligence dans ce dossier. Une intégration réussie comme celle de Christian encouragera certainement employeurs et handicapés à se tendre mutuellement la main. Un spectacle-bénéfice avec Boom Desjardins aura lieu le 11 juillet à Sainte-Agathe afin de financer d’éventuels projets du genre. «Chaque personne a des passions. Si on n’apprend pas à les développer, on ne peut pas se définir en tant que personne», explique Christian Poisson.

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