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L’épouse d’un patient affirme que son mari est victime de passe-droits

Par nathalie-deraspe


CSSS des Sommets

Une histoire pour le moins dérangeante est survenue récemment au Pavillon Lapointe de Sainte-Agathe. Alors qu’on régit la liste d’attente d’une main de fer, une patiente a eu le privilège de se faufiler au sommet pour obtenir une place dès sa sortie de l’hôpital. Du jamais vu, aux dires de témoins.

Diane Fortin et André Paquette sont propriétaires du Manoir des pins. Une auberge avec 45 employés à sa solde. En décembre, André Paquette est victime d’un ACV. Il est transporté d’urgence à l’hôpital laurentien, où on lui prodigue tous les soins nécessaires à son état de santé. Les médecins constatent une paralysie sur une bonne partie du corps de leur patient. Il demeurera invalide à vie.

Du jour au lendemain, Diane Fortin se voit contrainte à gérer l’entreprise familiale tout en trouvant un peu de temps à son horaire pour effectuer des allers-retours à l’hôpital. André Paquette est placé sur une liste d’attente. Il occupe la 8e place. Entre-temps, on l’envoie dans un centre de soins de longue durée de Labelle. Pour plusieurs, l’endroit est davantage destiné à soigner les patients qui présentent des problèmes psychiatriques que tout autre défaillance de santé.

Bénévole de longue date au Pavillon Lapointe, Diane Fortin constate qu’un décès est déclaré. Celle-ci apprend aussitôt que la place ainsi libérée sera aussitôt prise par une dame en provenance de l’hôpital. Une patiente qui, contre toute attente, n’aura effectué aucun transit avant de bénéficier d’un lit au Pavillon-Lapointe. «On m’a dit que personne ne pouvait avoir de passe-droits, lance Diane Fortin. Et tout à coup, une patiente arrive et prend la place. Combien a-t-elle payé pour se retrouver là?», lance-t-elle furieuse. «Le bureau du député nous appelle aux deux mois pour la même raison, banalise le directeur des communications du CSSS des Sommets, Alain Paquette. Si on commençait à faire ça, on n’en finirait plus, dit-il. Et ce n’est pas parce que quelqu’un donne à la Fondation médicale des Laurentides qu’il s’assure une place à l’hôpital.»

Un processus rigoureux

L’Hôpital affirme que chaque patient est traité selon un protocole rigoureux qui ne laisse place à aucun malentendu. Dans ce cas-ci, la gestionnaire au dossier aurait fait appel à un neuro-psychologue qui aurait encouragé le transfert de la patiente en question au Pavillon-Lapointe. Souffrant de trouble de comportement majeur, la dame aurait exigé plusieurs fois l’intervention d’équipes d’urgence, d’où la nécessité de la placer à Sainte-Agathe, d’expliquer l’Hôpital.

Plusieurs personnes questionnées au dossier s’étonnent tout de même de voir un cas comme celui-là référé au Pavillon-Lapointe, alors que les ressources les plus appropriées pour ce type de cas se trouvent au nord de la région. «Selon la Loi, nous ne sommes pas obligés de placer un patient près de son milieu naturel, se défend Alain Paquette. Nous on tente de le faire dans la mesure du possible, mais le problème du réseau en est un d’accessibilité. Le bassin de desserte est de 60 000 personnes. Peut-être n’avons-nous pas été assez clairs. Nous suivons la liste d’attente mais s’il survient un cas d’urgence, il se peut qu’une personne passe devant tout le monde.

Un réseau qui déborde

Alain Paquette signale que 12 personnes en perte d’autonomie et en attente d’hébergement sont actuellement stationnées dans une unité de débordement située à même l’hôpital. En date du 26 mars, 39 patients étaient en demande d’hébergement, 19 patientaient dans des résidences privées, à l’hôpital ou à la maison, tandis

qu’une vingtaine d’autres étaient en transit.
«C’est un jeu de domino», confesse le directeur des communications du CSSS.

Il n’empêche qu’un médecin et une employée du Pavillon-Lapointe ont fortement encouragé Diane Fortin à porter plainte. Et la pire frustration pour elle, c’est de demeurer dans le doute. Avec une réponse officielle de l’établissement et une kyrielle d’interrogations qui demeureront en suspens.

Accès a demandé de consulter la liste des donateurs de la Fondation médicale des Laurentides la semaine dernière et a réitéré sa demande cette semaine. Il faudra toutefois patienter jusqu’à lundi pour jeter un œil sur ces précieux documents.

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