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Les agriculteurs expropriés de Mirabel peuvent enfin racheter leurs terres

Par nathalie-deraspe

Un autre chapitre important vient de se clore dans la saga de l’aéroport de Mirabel. Quarante ans plus tard, les expropriés du temps pourront en effet reprendre possession de leurs terres à titre de propriétaires.

Pour les agriculteurs, il s’agit d’une victoire acquise au terme d’innombrables pourparlers. Le programme de vente des 11 000 acres de la réserve aéroportuaire de Mirabel était attendu depuis des lustres. Le maire Hubert Meilleur n’est pas de cet avis: «Harper crée une injustice encore plus grande. Ce n’est pas nécessairement les expropriés qui vont profiter de ça». Selon Marcel Denis, président du Comité des 11 000 acres de l’UPA, la seule chose que le maire veut, c’est du terrain pour augmenter le développement industriel de Mirabel. «Mais la ville est née de cette expropriation-là, soutient l’agriculteur. Et Mirabel, c’est le jardin de la couronne nord. Dès qu’on traverse à Saint-Colomban, on ne peut plus semer le même type de maïs. On voit le maire couper des rubans pour chaque nouvelle entreprise qui voit le jour mais là, il y en a une établie de 1 M$ qui vient de se construire et il n’était pas là. À Mirabel, on fait de l’agriculture en attendant. Faudrait rappeler au maire le nombre d’hectares de terres arables qu’on perd au Québec chaque année. Un pays riche, c’est un pays qui est capable de nourrir son monde.» En décembre 2006, le gouvernement Harper avait promis d’aller de l’avant dans le dossier. Un comité de transition, présidé par Me Daniel Picotte, a alors été créé pour proposer des recommandations quant aux modalités du Programme de vente. Les prix de vente des propriétés seront établis selon leur valeur marchande au 18 décembre 2006, date de l’annonce du Programme. Les locataires et les expropriés concernés se verront attribuer une réduction de 15% au prix de vente. D’autre part, les terres humides qui se trouvent à l’intérieur de ces 11 000 acres cédées sont désormais protégées en vertu de la Politique fédérale sur la conservation des terres humides (1991), par le biais d’un partenariat entre Transports Canada et Environnement Canada.
(N. Deraspe)

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