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Les chiens des Français étaient-ils plus intelligents que les chiens des Amérindiens?

Par Production Accès

En Nouvelle-France le Québec contemporain, les Français nos ancêtres, ont introduit plusieurs animaux domestiqués, tels le cheval, le porc, la poule, l’oie, les lapins et notamment, le chien.

Ils constatèrent que les Amérindiens et les Inuits avaient aussi des chiens, compagnons de leurs migrations vers l’Amérique.

Ceux-ci sont décrits par les jésuites dans leurs Relations comme «hurlants plus qu’ils ne jappaient» «avec des oreilles courtes, et une épaisse fourrure.»

L’archéologie viendra ajouter à cette description «qu’ils étaient bas sur pattes, le museau allongé et possédant de courtes canines.»

L’Amérindien possédait de sept à huit chiens qui l’accompagnaient à la chasse à l’orignal, pour débusquer les caches d’ours ou repérer les mouvements des castors.

Mais le chien est aussi pour l’Amérindien un aliment qu’il consomme lors de famine, mais aussi «comme moutons en France», ou de consommation rituelle, dans une composante religieuse, en offrande de remerciement à la nature,pour chasser la maladie ou pour affronter un péril.

Le chien est aussi torturé, cruellement pendu par les pattes de derrière à une perche, parfois au nombre de quarante à des échafauds jusqu’à ce qu’ils meurent et se corrompent; les jésuites pour les sauver de cette mort cruelle les détachaient pour les remplacer par des croix.

Les Amérindiens étaient en admiration devant le comportement des chiens des Français: «ce sont des manitous», ils les comparaient à la supériorité matérielle des européens «nation du grand canot de bois, c’est-à-dire des voiliers, à celle de leurs petits canots»

Pourquoi réagissaient-ils ainsi? Les Européens avaient une longue tradition de chasse avec plusieurs races de chiens adaptés autant aux gibiers d’eau que des animaux habitants les terriers, aux gardiens de troupeaux, les bergers, qu’à des chiens de trait, il y avait aussi des chiens plongeurs, sauveteurs,à la chasse à courre, bref, une relation entre l’Européen et son chien plus personnelle, plus affectueuse, plus élaborée, chez l’aristocrate en particulier.

La variété des commandements verbaux impressionnaient aussi l’Amérindien, puisque les chiens des européens y répondaient. L’Amérindien habile à suivre les pistes, à jouer de ruse avec l’animal et le déjouer, puis l’abattre, se valorisait dans la chasse, tout en laissant un rôle moindre à ses chiens, d’ailleurs le chien n’acquerra jamais une figure totémique comme le loup ou l’ours.

L’Européen, contrairement à l’Amérindien qui se fiait à son instinct et à ses connaissances pour suivre les pistes d’un animal plutôt que de suivre son chien, le voyait-il utiliser son chien pour devenir meilleur chasseur… Paradoxalement cela l’amenait à juger que les chiens des Français étaient supérieurs à ses chiens. Il s’agissait plutôt d’une différence culturelle et surtout mythologique alors que pour les Nations amérindiennes la création du monde était celle d’Aataentsic, enceinte sans homme, où il y avait toutefois un chien. Animal frontière entre le chaos et l’ordre social, entre l’animal et l’humain, entre la femme et l’homme, entre l’allié et l’ennemi,entre les humains et les esprits.

Si les Amérindiens admiraient les habiletés nouvelles des chiens européens,les Français s’étonnaient de la dimension spirituelle accordée aux chiens des Amérindiens.

Pour en savoir plus:

Delâge Denys. «Vos chiens ont plus d’esprit que les nôtres: histoire des chiens dans la rencontre des Français et des Amérindiens». Cahier des dix, no 59, 2005, p 179-215.

Messier Alain. Dictionnaire encyclopédique et historique des coureurs des bois. Guérin. 2006.

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