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Pour le professeur de sciences politiques Laurier Millette :

Par nathalie-deraspe

Un enseignant de sciences politiques du cégep de Saint-Jérôme prévoit un retour à la normale. Le Québec n’avait pas connu de gouvernement minoritaire depuis 130 ans. Selon lui, la chose ne se reproduira plus avant longtemps. Entrevue exclusive, Accès.

Quoiqu’en disent les électeurs, le gouvernement Charest a choisi le bon moment pour se lancer en campagne électorale, estime Laurier Millette. Les sondages lui étaient favorables et tout semble indiquer que la crise ira en empirant avec le temps. Celui-ci émet des doutes quand on évoque que le premier ministre pourrait être puni pour son geste: «Il y aura peut-être une baisse de participation aux élections, mais en général, cela profite à ceux qui sont au pouvoir.» Les chicanes intestines du parti Québécois sont désormais chose commune. Les Lévesque et Bouchard en avaient aussi fait les frais. Mais ces purs et durs font le jeu des autres partis, analyse l’enseignant. Chez les libéraux, on est beaucoup plus disciplinés. Seule l’aile jeunesse n’hésite pas à émettre de nouvelles idées. «On les laisse parler, mais on finit par leur dire: meilleure chance la prochaine fois.»

Effondrement de l’ADQ

Laurier Millette prétend que l’Action démocratique du Québec aurait dû démontrer sa capacité à faire une bonne opposition au lieu de tirer à gauche et à droite. «Mario Dumont monte les choses en épingle et joue sur la panique et les peurs. Ça fait des bons clips, mais après?» La venue de l’économiste réputée Diane Bellemare, dans Bertrand, n’y changera pas grand chose à ses yeux. «Il en faudrait 5, 10, ou 15, des économis- tes comme elle dans l’ADQ. À la dernière élection, on a voté pour du changement, mais cette vague-là va retomber. Il va aller chercher les anciens comtés créditistes, qui ont toujours un fond populiste.»
À moins qu’un scandale n’éclate dans les deux dernières semaines de campagne, Laurier Millette prédit un gouvernement majoritaire porté par les libéraux. Tout dépend à quel point l’ADQ perdra des plumes. Mme Marois, quant à elle, fait un excellent numéro deux. «On dirait qu’il lui manque quelque chose pour prendre le pouvoir. Il faudrait des projets mobilisateurs. Mais on ne peut pas faire de révolution tranquille à tous les 10 ans, laisse-t-il tomber. Et si on enlève la couverture de chacun des programmes, y’a pas grand chose qui différencie les péquistes des libéraux.»

En plus des querelles internes du parti, le PQ voit s’émietter le vote au fur et à mesure que Québec Solidaire et le parti Vert consolident leurs appuis. Dans Prévost, le PQ pourrait reprendre le collier, mais la venue du président de la Chambre de commerce et directeur des services financiers chez Desjardins, Jacques Gariépy, pourrait bien venir brouiller les cartes.

Enjeux de taille

Dans la région comme ailleurs au Québec, le prochain gouvernement devra se pencher sérieusement sur le système d’éducation, les pénuries en santé et le manque de main-d’œuvre dans les métiers techniques. «En aéronautique, on a toutes les misères du monde à recruter du personnel, même s’il s’agit d’emplois très bien rémunérés. Les infirmières arrivent formées mais quittent le réseau tant la pression interne est forte. C’est la quadrature du cercle. Et le gouvernement a beau annoncer les programmes d’infrastructures, tout le monde est déjà au chantier.»</p>

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