Projet de 4 étages : le conseil change de cap
Par Jean-Simon Guay
À peine trois jours après une mobilisation citoyenne qui a mené à l’ajournement de la consultation publique, le conseil municipal de Saint-Sauveur a décidé de mettre fin au processus du projet de construction d’un immeuble de 4 étages et 26 logements sur la rue Principale.
Une résolution officialisant l’arrêt du Projet Particulier de Construction, de Modification ou d’Occupation d’un Immeuble (PPCMOI) doit être soumise au conseil municipal lors de la séance ordinaire du 19 août.
Les promoteurs avaient demandé au conseil de suspendre le processus plutôt que d’y mettre fin. Les élus ont choisi de ne pas retenir cette avenue.
Accès a tenté de joindre le promoteur Daniel Filion, sans obtenir de retour au moment de publier.
« Les échanges des dernières semaines ont fait ressortir différentes préoccupations liées notamment au développement du secteur, à son caractère distinctif, à la circulation, au stationnement et à l’évolution du centre-ville », affirme le maire Luc Martel dans un communiqué.
« Dans le cas présent, nous estimons qu’il est préférable de mettre fin au processus actuel », poursuit-il.
Une mobilisation qui change la donne
La décision survient après l’assemblée publique du 11 août au chalet Pauline-Vanier. La rencontre avait attiré une foule beaucoup plus importante que prévu.
Philippe Leclerc, animateur mandaté pour diriger la consultation, avait indiqué à Accès que 200 à 250 personnes étaient attendues, mais estimait finalement l’affluence à environ le double, soit autour de 500 personnes.
La salle ayant atteint sa capacité maximale et de nombreux citoyens étant demeurés à l’extérieur, la consultation avait finalement été ajournée avant que le projet puisse être présenté.
La Ville dit regretter que le projet n’ait pu être officiellement présenté et rappelle l’importance de permettre aux citoyens favorables comme défavorables de s’exprimer dans le respect.
Le projet du 389, rue Principale prévoyait 26 logements, un commerce et un bâtiment de quatre étages. Il nécessitait six dérogations au règlement de zonage, notamment en matière de hauteur, puisque le maximum actuel est de 2,5 étages, et de densité, avec 94,75 logements à l’hectare plutôt qu’un maximum de 35.
Fallait-il une telle mobilisation?
La Ville présente cette importante mobilisation comme le témoignage de l’attachement des Sauverois au développement harmonieux de leur centre-ville.
En entrevue avec Accès vendredi, la directrice générale adjointe Marie-Ève Beaumier a indiqué que l’administration souhaite maintenant accélérer la réflexion et les consultations entourant l’avenir du secteur central.
Accès lui a demandé si les préoccupations entourant le développement du centre-ville n’étaient pas déjà présentes bien avant la consultation du 11 août.
« Je pense que oui, mais on ne s’attendait pas à ce que ça suscite une telle mobilisation », a répondu Mme Beaumier.
Elle rappelle que le processus de consultation existe pour permettre à la population de se prononcer sur des projets qui soulèvent des enjeux.
« Il y a des enjeux qui méritent aussi d’être soumis à la population », souligne-t-elle.
Sortir du « pièce par pièce »
Le maire Luc Martel a confirmé lundi à Accès que la Ville souhaite accélérer la révision du Programme particulier d’urbanisme (PPU) du centre-ville à la suite des événements des dernières semaines. Les prochaines étapes demeurent toutefois à déterminer.
Le document actuel date de 2010 et établit notamment la vision d’aménagement du secteur central.
Pour Mme Beaumier, les événements des dernières semaines montrent l’intérêt d’aborder le développement du centre-ville dans son ensemble.
« Je pense qu’on gagne à travailler davantage ensemble sur un angle plus global que sur du pièce par pièce, comme là, c’était le cas », affirme-t-elle.
La démarche n’est pas encore rendue à l’étape de l’appel d’offres et le maire n’est pas en mesure d’avancer un échéancier. Aucune annonce concernant le PPU n’est prévue lors de la séance du conseil du 19 août, a-t-il précisé.
Malgré l’absence d’échéancier, Luc Martel estime que la Ville devra avancer rapidement dans sa réflexion. « Il y a un problème criant de logement », souligne-t-il, ajoutant qu’il faudra travailler sur les prochaines étapes.
Le projet du 389, rue Principale prévoyait l’ajout de 26 logements au centre-ville. Rien n’indiquait toutefois que des logements sociaux ou abordables en faisaient partie.
Le maire souligne que la réflexion devra concilier les besoins en matière de logement et le développement du centre-ville.