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(Photo : Simon Cordeau)
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Saint-Jérôme refuse de rendre le rapport public

Par Simon Cordeau

En novembre dernier, la Fondation Rivières a remis à la Ville de Saint-Jérôme un rapport sur la qualité de l’eau de la rivière du Nord. Depuis, la Ville refuse de rendre ses conclusions publiques.

Intitulé Évaluation du potentiel de baignade et dépistage des sources de contamination dans la rivière du Nord, le rapport avait été commandé en juillet 2021 par la Ville de Saint-Jérôme. L’objectif était de trouver où et quelle quantité de pollution entre dans la rivière, pour ensuite corriger ses sources, assainir la qualité de l’eau et, éventuellement, rendre la baignade possible et sécuritaire.

Depuis la remise du rapport, nous avons tenté d’en obtenir copie auprès de l’administration à plusieurs reprises, sans succès. Nous avons donc fait une demande d’accès à l’information. Après 40 jours d’attente, elle a été refusée.

« Je ne vois pas de problème là »

Pourtant la Fondation Rivières, qui a produit le rapport, a l’habitude de publier ses travaux sur son site web. On y retrouve les études faites sur les rivières Châteauguay ou L’Assomption, par exemple. « Nous sommes très ouverts par rapport à ce qu’on fait et à communiquer nos résultats. Nous, concrètement, on veut que ça se règle », nous avait expliqué Philippe Maisonneuve, chargé de projet en qualité de l’eau, en octobre dernier.

(Crédit : Simon Cordeau)

Questionné au téléphone vendredi, le maire de Saint-Jérôme, Marc Bourcier, ne semblait pas préoccupé que son administration refuse de rendre le rapport public. « Je ne vois pas de problème là. » Quant aux raisons qui motivent ce refus, il a admis ne pas les connaître. « Je ne sais pas. […] Quand c’est un rapport administratif, souvent c’est à l’interne. Je n’ai pas eu connaissance de ce rapport-là. […] C’est probablement dû au fait que la commission de l’Environnement a suspendu ses travaux pour l’été. » Pourtant, nous tentons d’obtenir ce rapport depuis plusieurs mois.

M. Bourcier a toutefois tenu à rassurer la population. « Il n’y a rien à cacher. On est bienveillants sur la rivière du Nord. On a [le conseiller municipal] M. Raymond qui est la sentinelle de la rivière du Nord. […] L’eau de la rivière du Nord est quand même de qualité, on y pêche. »

La commission de l’Environnement devrait reprendre ses travaux en août. « Ce sera probablement plus éclairant lors des travaux de la commission », a ajouté M. Bourcier.

« Une collaboration exceptionnelle »

André Bélanger, directeur général de la Fondation Rivières, a insisté sur le fait que c’est à la Ville de Saint-Jérôme de décider quand le rapport sera rendu public. Il a aussi tenu à souligner la « collaboration exceptionnelle » avec la Ville lors de l’étude.

En octobre dernier, nous avions accompagné Philippe Maisonneuve alors qu’il prenait des échantillons d’eau de la rivière du Nord. Lorsqu’il avait trouvé des sources importantes de contamination, il s’était réjoui de l’intervention rapide de la Ville de Saint-Jérôme pour corriger le problème aussi vite que possible.

« Quand on excave un tronçon de rue, il y a le tuyau de la conduite pluviale et celui de conduite sanitaire. Les gens, parfois, se trompent de tuyau. C’est vraiment une problématique à la grandeur du Québec et ailleurs dans le monde », avait-il expliqué. Les lingettes jetables étaient aussi un problème, bloquant certaines conduites d’eau.

Bientôt une nouvelle étude

La Fondation Rivières fera une nouvelle étude sur la rivière du Nord. En partenariat avec l’Institut des territoires, la Ville de Prévost et la Ville de Saint-Jérôme, on étudiera la qualité de l’eau, la caractérisation de l’habitat du doré jaune pour réintroduire cette espèce indigène, ainsi que le potentiel de baignade.

Cette fois, le financement vient du Fonds région et ruralité, du ministère des Affaires municipales (MAMH), et non d’une municipalité. Cela veut dire que la Fondation Rivières sera totalement libre d’en publier les résultats. « C’est clair que le rapport va être public », a indiqué M. Maisonneuve.

Il reste encore quelques détails administratifs à régler, nous avise-t-on, mais si tout se passe bien, l’échantillonnage devrait débuter dans les prochaines semaines. Cette année, un appareil dernier cri, un ColiMinder, permettra d’analyser les échantillons sur le terrain en seulement quelques heures. Cela facilitera beaucoup l’identification des sources de contamination.

D’autres municipalités de la région ont aussi manifesté leur intérêt à participer à des études similaires sur leur tronçon de la rivière du Nord. La portée des analyses pourrait donc être largement étendue dès l’été prochain.

Lavez vos embarcations!

Pour limiter la propagation des espèces aquatiques envahissantes, il est très important de laver vos embarcations avant de les mouiller dans un nouveau plan d’eau. Le Conseil régional de l’environnement (CRE) des Laurentides a donc créé un répertoire des stations de lavage d’embarcations.

En accédant à la carte interactive Forêt Ouverte du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, il est possible de trouver une station de lavage dans la région et ailleurs au Québec. Vous y trouverez aussi d’autres informations pertinentes comme les coûts, si la station est libre-service ou avec service, ses heures d’ouverture, etc.

Pour consulter le répertoire : bit.ly/3Ltk8Gg

Une fois introduite dans un lac, une espèce envahissante comme le myriophylle à épis peut proliférer rapidement. Une seule petite branche ou feuille peut se reproduire en une plante entière. Lorsqu’elle est implantée, elle peut être très difficile, voire impossible à déloger. Sa présence peut mener à la détérioration puis à la mort du lac.

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