(Photo : Photo gracieuseté)

Oiseaux Morin-Heights : une exposition où l’art rencontre la science

Par Alexane Taillon-Thiffeault (Initiative de journalisme local)

À Morin-Heights, une exposition originale mariant art et science met en lumière les oiseaux locaux et leur fragilité, à l’initiative de l’artiste Elizabeth Whalley.

Présentée du 22 au 24 mai au Chalet Bellevue, l’exposition Oiseaux Morin-Heights est l’aboutissement d’une année de travail collectif réunissant plus de 40 participants, allant d’artistes à des scientifiques citoyens.

Le projet, porté par Elizabeth Whalley en collaboration avec le sous-comité Biodiversité de la municipalité, propose une exploration multidisciplinaire du monde aviaire, entre création artistique et démarche scientifique.

Née à Morin-Heights dans une famille d’artistes, Elizabeth Whalley a longtemps vécu et travaillé à New York avant de revenir s’installer dans sa municipalité natale il y a environ quatre ans. « Je travaillais à New York pour gagner ma vie, mais l’inspiration pour faire de l’art, c’était vraiment ici », explique-t-elle. Ce retour aux sources a nourri son idée d’un projet ancré dans le territoire et dans la communauté.

Marier l’art et la science

À l’origine de l’initiative, elle a constaté que malgré un intérêt commun pour les oiseaux, artistes et scientifiques échangent peu entre eux. « Ils n’ont pas de conversation là-dessus. Alors je voulais faire un dialogue, une collaboration entre ces deux mondes », souligne l’artiste.

Elle rappelle d’ailleurs que les liens entre art et science dans la représentation des oiseaux remontent à plusieurs siècles, une tradition qu’elle souhaitait revisiter à l’échelle locale.

Le projet a rapidement pris de l’ampleur. Lancé lors des journées écofamiliales en mai 2025, il a su mobiliser un large éventail de participants. « Je pense que c’est les oiseaux qui les ont mobilisés », affirme Mme Whalley en riant.

Des ateliers, sorties, conférences et activités ont permis de rassembler progressivement une communauté engagée, aujourd’hui forte d’une centaine de membres sur les réseaux sociaux.

Plusieurs thèmes, une exposition

Crédit Lyse Samson

L’exposition aborde une grande diversité de thèmes, comme les écosystèmes, les habitats, la migration, les mythes, les comportements ou encore l’évolution des oiseaux. Mais au-delà de cette richesse de contenus, l’objectif demeure de sensibiliser le public.

« Je voulais sensibiliser à la variété des oiseaux. On parle souvent juste des oiseaux de nos mangeoires, mais il y en a beaucoup d’espèces cachées ici et là », explique-t-elle. Elle insiste également sur leur vulnérabilité. « Je voulais aussi inspirer les gens à protéger leurs habitats. »

Parmi les éléments phares de l’exposition, on retrouve un « coin des sciences », des œuvres en suspension, des photographies, ainsi que plusieurs projets collaboratifs. Une tenture murale réalisée par un groupe de tricoteuses locales illustre notamment un écosystème riche et détaillé, tandis qu’un collage communautaire rassemble des dessins d’oiseaux créés par des citoyens de tous âges.

Partager de façon créative

Cette dimension collective est au cœur du projet. « Les artistes travaillent souvent seuls, mais là, il y avait une grande sensibilisation auprès des oiseaux, et on les a encouragés à faire des recherches en biologie », explique Mme Whalley. Elle observe également un effet inverse chez les scientifiques. « Ça les sensibilisait aux possibilités de partager leurs recherches d’une façon plus créative, plus facile pour le public. »

Pour elle, ces échanges entre disciplines sont l’une des plus grandes réussites de l’initiative. « Les conversations entre artistes et scientifiques ont été vraiment révélatrices pour les deux côtés », affirme-t-elle.

L’exposition se veut également accessible à tous les publics. Des installations ludiques, comme un diaporama destiné aux enfants, côtoient des œuvres un peu plus contemplatives, dont un espace calme invitant à la réflexion. « Tout le monde peut y trouver quelque chose qui l’intéresse », assure l’artiste.

Au-delà de l’événement, Elizabeth Whalley espère que le projet aura des retombées durables dans la communauté. « C’est très bien pour la communauté de se rassembler autour de ces projets et de valoriser notre coin, qui est vraiment naturel », conclut-elle, évoquant déjà la possibilité de futures initiatives sur d’autres thèmes liés à la biodiversité.

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