Le golf Alpine a été divisé en 51 lots pour du développement résidentiel, malgré l'opposition citoyenne. Photo : Archives - Nordy - Sébastien Fleurant.
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Sainte-Adèle : À contrecoeur, les élus adoptent le projet résidentiel au golf Alpine

Par Simon Cordeau

Les conseillers municipaux ont finalement adopté le projet majeur de lotissement qui transformera le golf Alpine en 51 lots pour du développement résidentiel. Les élus ont expliqué être contraints à cette décision. Ils n’ont pas trouvé de façon de freiner le projet, puisqu’il est conforme à la réglementation. Cela n’a pas satisfait les citoyens présents qui, jusqu’à la dernière seconde, espéraient plus de temps pour protéger le golf patrimonial.

« C’est un projet qui m’arrache le coeur », a déploré le conseiller municipal Richard Allard. Il a reconnu la valeur historique « évidente » du golf Alpine et s’est dit préoccupé par les pertes d’emplois résultant de sa fermeture. « Je vais être obligé de voter pour le projet. […] Dans le cadre règlementaire, il n’y a aucune façon qu’on peut empêcher un propriétaire terrien de jouir de son bien. […] À partir du moment où un projet est proposé, les changements règlementaires sont impossibles sans risques de poursuites », a-t-il ajouté. La conseillère Arielle Beaudin a souligné elle aussi qu’elle prenait cette décision « le coeur gros et mal à l’aise ».

« On est pris devant le fait accompli. »

– Richard Allard, conseiller municipal

Déception des citoyens

« La Ville a ainsi fait fi d’une pétition de près de 1 500 noms, de la présence et de l’intérêt marqué de citoyens engagés, positifs et mobilisés séance après séance, et de propositions novatrices qui auraient pu sauver le dernier vestige de ce patrimoine Laurentien », déplore la résidente Sylvie Champeau.

La séance du conseil a même été ajournée durant 20 minutes. Mais à leur retour, les élus ont « décidé de maintenir leur décision ». La proposition a donc été adoptée à l’unanimité. Notons que les conseillers Alexandre Laganière et David Huggins-Daines étaient absents lors de la séance du conseil municipal.

Solutions ?

Jusqu’à la dernière seconde, des résidents voisins du golf ont tenté de convaincre les élus qu’une solution était possible. Mme Champeau croit que la Ville aurait pu appliquer une réserve foncière sur le terrain du golf. Celle-ci dure deux ans et peut être renouvelée un autre deux ans. Cela aurait laissé le temps aux citoyens de s’organiser et de lever des fonds pour acheter le terrain. La citoyenne croit aussi que de futures subventions provinciales auraient pu permettre de l’acheter. De plus, les élus seront peut-être différents après les élections de 2025, a-t-elle soulevé.

Mais pour appliquer une réserve foncière, la Ville doit avoir l’intention d’acheter le terrain, avec un projet clair et précis pour celui-ci, ont expliqué les élus et la directrice générale. Par ailleurs, si la Ville devait mettre fin à la réserve foncière, elle pourrait devoir payer des indemnités au propriétaire. Selon la mairesse, Michèle Lalonde, s’engager dans l’achat du terrain serait « irresponsable » dans l’état actuel des choses, alors que la Ville a une dette importante et que plusieurs de ses infrastructures ont un besoin urgent d’être restaurées.

Mme Champeau affirmait que les citoyens avaient un avis juridique favorable, contraire à celui de la Ville. Elle a souhaité que les avocats s’assoient ensemble pour les comparer. Les élus ont écarté cette option.

Quand au droit de préemption, aussi évoqué, il ne s’applique que si le terrain est mis en vente. Comme le propriétaire n’en a pas l’intention, cela n’empêcherait pas le développement du terrain.

Enfin, le conseil avait déjà reporté ce point de l’ordre du jour à deux reprises. La première fois, des précisions étaient nécessaires au niveau de l’urbanisme. La seconde fois, un délai de 30 jours avait été accordé, pour ouvrir un dialogue entre les résidents et le propriétaire, Mario Besner. Mais celui-ci a refusé toute discussion. La Ville l’a aussi fortement encouragé à rencontrer les citoyens pour présenter son projet. « Il n’a jamais voulu », a expliqué Mme Lalonde.

Craintes

Les résidents présents ont exprimé de nombreuses craintes face au développement d’un projet résidentiel au golf Alpine. Celui-ci encouragerait l’étalement urbain, irait à l’encontre de la protection de l’environnement, mettrait en péril la qualité de l’eau de la rivière du Nord, augmenteraient la circulation routière au-delà de la capacité des infrastructures, et détruirait la valeur patrimoniale du site, plaident-ils.

Surtout, le projet n’a pas l’acceptabilité sociale nécessaire, et cela aurait dû guider, d’abord et avant tout, la décision des élus, croit Mme Champeau. « Ils sont là pour exécuter la volonté des citoyens », illustre-t-elle.

Une contribution de parc de 5,2 % du terrain permettra de préserver le sentier patrimonial Adéloise Est et un accès au parc linéaire du P’tit Train du Nord.

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