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Tricentris trouve un chevreuil au recyclage

Par Éric-Olivier Dallard

La période est peu propice aux blagues de mauvais goût chez Tricentris. La crise afflige particulièrement l’organisme à but non lucratif qui semaine après semaine, reçoit les matières recyclables de 59 municipalités de la région.

Depuis novembre dernier, Tricentris perd 80 000$ par semaine. La crise a engendré la chute des marchés, tant au niveau du papier que de l’acier. Les entrepôts sont plein à ras bord. Et pour l’instant, rien ne laisse présager une remontée des prix. Pourtant, la population se préoccupe peu à savoir si telle ou telle matière est bel et bien recyclable. Et cette négligence a un coût, explique Martin Lamoureux, coordonnateur aux communications de Tricentris. «Actuellement, on a 300 tonnes de sacs de plastique sous les bras. Ça nous coûte 60$ la tonne pour les enfouir. C’est une facture de 18 000$ juste pour ça. Alors on attend qu’un pays se décide à nous les acheter pour que des enfants les fasse brûler et en retire un minimum de combustible. On n’a pas le choix.»

Le taux de rejet de matières au centre de tri de Lachute est évalué à 15%. À titre d’exemple, l’organisme recueille près d’une tonne de vêtements tous les deux semaines. Un véritable cauchemar. Les comptoirs d’entraide n’en veulent pas. Leurs poignées de bénévoles sont incapables de gérer de tels surplus.
«Les gens ne prennent pas le temps de s’informer et mettent tout dans le bac, poursuit M. Lamoureux. Ici, on suit les saisons. Il y quelques semaines, on recevait des décorations de Noël; des rallonges électriques, des guirlandes…Le printemps, on reçoit des toiles de piscines, des chaises de jardin, on a même trouvé un chevreuil!»

Des solutions simples

Avec ses centres de Lachute, Terrebonne
(ouvert il y a un an à peine) et Chelsey, Tricentris gère chaque année les matières recyclables d’un million et demi de personnes.

L’organisme compte 150 employés. «Dans le meilleur des mondes, nous, on n’existe pas, lance à nouveau Martin Lamoureux. Il faut réduire nos déchets à la source et prendre la peine de trier ce qu’on recycle. Une bonbonne de propane, ça ne va pas au recyclage, mais au centre de tri. Même chose pour des chaises en PVC.» Et chaque objet non recyclable occasionne des coûts inutiles pour l’organisme qui doit payer pour en disposer. Compte tenu des volumes à gérer, les dépenses montent en flèche. Aussi Tricentris en appelle-t-il à la responsabilisation des citoyens.

La semaine dernière, le gouvernement proposait une aide d’urgence pour tenter de cal

mer la crise. Près de 4,8 M$ seraient destinés
à la modernisation des équipements. Les municipalités ont également fait leur part, en allongeant un peu d’argent avant les Fêtes. Les renouvellements de contrats prévus ces prochaines semaines viendront mettre un baume sur l’insécurité actuelle. Mais pour Tricentris, une garantie de prêts comme le propose la ministre Beauchamp n’es peut-être pas la meilleure solution.

Entre-temps, celle-ci a promis la mise en place d’une politique obligeant tous les ministères et organismes publics à utiliser du papier 80 % recyclé. Cette mesure n’implique aucune dépense tout en créant une demande pour les fournisseurs. «Parfois, les solutions ne sont pas nécessairement dans les grands concepts», fait valoir Martin Lamoureux.

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