Une consultation qui soulève l’inquiétude

Une consultation qui soulève l’inquiétude
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Les coupes forestières

Au moins une cinquantaine de kilomètres de sentiers, destinés à la raquette ou au ski de fonds, pourraient être affectés par la coupe de bois possiblement envisagée sur les terres publiques situées dans la municipalité de Morin-Heights.

 

C’est ce qu’affirme Chris Schlachter, un citoyen bien connu à Morin-Heights. Selon lui, les pistes Lover’s leap, Corbeau, Western, Rapide-Blanc, la Chasse-Galerie et la Viking Ouest deviendraient inutilisables advenant que le Ministère des ressources naturelles et de la Faune (MRNF) autorise la coupe.

 

Aux dires de M. Schlatter, on toucherait à des sentiers qualifiés de patrimoniaux. «Certains d’entre eux existent depuis longtemps. Ils se connectent l’un à l’autre, ce qui explique pourquoi ils sont importants», déclare-t-il.

 

Ce Morinheighter a constaté, après avoir observé la carte qui montre les endroits où la coupe de bois pourrait avoir lieu, que le trois quarts des terres publiques de la municipalité seraient touchées.

 

Une coupe sélective

De son côté, Line Lortie, technicienne forestière de l’Unité de gestion des Laurentides, soutient que la «possible» coupe de bois ne sera pas effectuée dans la prochaine année ou encore en 2014. «Avant, on doit faire un inventaire forestier», soutient-elle.

Sans savoir le nombre exact ou encore la superficie d’arbres coupés, elle souligne que la «coupe sera partielle, soit de 30 %, ce qui signifie une tige sur trois sera coupée».

 

Inquiétude à l’horizon

Chris Schlachter s’inquiète de la pérennité de l’environnement. «Il s’agit d’une coupe inquiétante. Reste à voir ce que les travailleurs forestiers vont faire. Mais il est certain qu’ils vont se promener sur les terres et enlever probablement les plus beaux arbres, mentionne-t-il. Tout ça va perturber la faune et les activités des randonneurs. À ce moment-là, les sentiers ne pourront plus être utilisés», poursuit M. Schlachter.

 

Un autre résident de Morin-Heights, qui préfère garder l’anonymat et dont la maison est située non loin d’un sentier de raquettes, se questionne également quant à l’impact que cette coupe pourrait avoir sur cette piste.

 

«C’est normal qu’il y ait de la coupe sur ces terres puisqu’elles sont dédiées à cela. Ce qui m’inquiète, c’est de savoir si les sentiers seront maintenus intacts», soutient le Morinheighter.

 

Questionné à savoir si les sentiers seront affectés par cette coupe, Mme Lortie

s’avance: «S’ils sont reconnus, leur impact visuel ainsi que leur quiétude seront respectés et l’apparence de coupe d’arbres sera minime à vue d’œil».

 

Interpelé par un citoyen lors de la dernière séance du conseil municipal, le maire de Morin Heights Tim Watchorn, maintient toujours sa position à l’heure actuelle. «La municipalité s’opposera à 100 % des coupes de bois, même si elles sont d’ordre sélective. Celles-ci enlèvent toute l’intimité et la beauté de la nature», souligne-t-il.

 

Règlement oblige

Du côté de la Municipalité régionale de comté (MRC) des Pays-d’en-Hauts, on affirme que le producteur forestier est au courant qu’un projet de parc régional se dessine peu à peu sur les terres de la Couronne.

 

On dit même qu’il doit se plier au règlement des Normes d’intervention sur les terres publiques. Par contre, «il n’est pas obligé de s’y conformer lorsqu’il s’agit de très petits sentiers – ce qui semble le cas lorsqu’on regarde la carte qui stipule que la piste les Bouleaux est d’une longueur de 0.6 km. Il arrive donc que le producteur forestier s’entende à l’amiable avec la MRC pour minimiser l’impact sur ceux-ci», explique André Boisvert, responsable de l’aménagement du territoire des Pays-d’en-Haut.

 

Il ajoute que «lorsque le projet de parc régional sera offciellement complété, le producteur forestier n’aura plus le choix de se soumettre au règlement».

 

L’accès aux terres

Si le gouvernement autorise cette coupe sélective, par quel moyen la compagnie forestière aura-t-elle accès aux terres publiques? Présentement, aucune route ne les relie aux chemins déjà existants.

 

Selon M. Watchorn, il n’existe pas d’endroits où les travailleurs forestiers pourraient traverser librement avec leurs machineries lourdes. «Le seul qui leur permettrait d’accéder aux terres est le stationnement qu’on a fait près de la piste les Bouleaux. Mais on refuse qu’ils l’empruntent», affirme le maire de Morin-Heights.

 

Actuellement, le MRNF éprouve des difficultés d’accès au terres. «Les ingénieurs forestiers ne peuvent que prendre des photos aériennes pour faire leur étude», explique le directeur du Service de l’environnement, James Jackson.

 

Dans le cadre du processus de consultation, la prochaine étape sera de prendre le pouls du côté municipal, dont celui de Morin-Heights.

 

 

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