Photo : Nordy - Sébastien Fleurant.
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Il prend sa retraite après 60 ans comme barbier

Par Simon Cordeau

Au 193 rue Saint-Joseph à Saint-Jérôme, au coin de la rue Brière, M. Martin tient son salon, Le Figaro. « Je suis né sur cette rue-là, à côté des ponts. » Et c’est à la même adresse que, enfant, il a trouvé sa passion. « J’ai toujours voulu faire barbier. Je venais me faire couper les cheveux par le barbier qui était ici. Je faisais passer d’autres clients avant moi, parce que j’aimais le voir travailler. »

Après sa formation à l’école de barbiers puis quatre ans comme apprenti, il a ouvert son premier salon dans la région de Mirabel. Mais il se retrouve « pris dans l’expropriation ». Il revient donc sur la rue de son enfance, achète la bâtisse où est née sa passion, et ouvre Le Figaro, qu’il tient toujours.

« Les années ont passé »

Depuis qu’il a commencé en 1962, M. Martin en a vu passer, des modes. « Ç’a commencé les cheveux très courts. Après ça est venue la mode des cheveux longs, dans le temps des Beatles et tout ça. Après, il y a eu la coupe Longueuil, puis les coupes au rasoir. »

Les clients, eux, sont plus fidèles que les styles de coiffure. « J’ai des clients, depuis au moins 50 ans que je leur fais les cheveux. Mon plus vieux a 100 ans. C’est mon troisième centenaire. Un client s’est rendu jusqu’à 108 ans. » M. Martin coupe aussi les cheveux de père en fils, et même des petits-fils. « Il y en a que c’est la 3e ou la 4e génération. »

Assis sur sa chaise, les clients se confient, sur eux-mêmes, leur famille, leurs problèmes. « Un me dit : « Ça ne va pas bien avec ma femme. » Ils me content leurs bobos. C’est ce que j’aime dans ça. La conversation est différente avec chaque client. »

Retraite méritée

Après 60 ans de métier, M. Martin prendra bientôt sa retraite. « Ce n’est pas que ça me tente de lâcher. Mais j’ai les épaules usées. C’est comme un joueur de tennis, qui a un tennis elbow parce qu’il répète toujours le même mouvement. Moi, c’est de haut en bas avec mes ciseaux. »

M. Martin fait aussi des longues journées. De 9 h à 17 h 30, il reçoit encore 25 et 30 clients par jour. « L’ouvrage, ce n’est pas ça qui manque! »

Lorsqu’il aura vendu l’immeuble où il habite et où il tient son salon, ce sera l’heure de la retraite. « Mes clients me disent : « Tu vas nous lâcher comme ça? » Mais je vais continuer d’en faire un peu quand même. »

Déjà il rend visite à certains clients qui, à cause de l’âge ou de la maladie, ne peuvent plus se déplacer. « Je leur dis : « Quand tu étais correct, tu venais. Maintenant que tu ne peux plus, je vais y aller. » Donc je vais garder le contact, c’est certain. »

Cependant, plus question de faire 25 clients par jour. M. Martin compte aussi profiter de sa retraite. « J’ai réalisé mon rêve d’enfance. Et je l’ai fait plus longtemps que je pensais. »

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