Gravelle Laurentides : l’aventure commence à vélo
Par Louis-Philippe Forest-Gaudet (Initiative de journalisme local)
Avec ses six parcours entre villages, lacs, montagnes et routes secondaires, Gravelle Laurentides invite à découvrir la région autrement, à un rythme plus lent et plus près du paysage.
Gravelle Laurentides propose une autre façon d’explorer la région : non pas seulement comme destination de plein air, mais comme territoire à relier, village après village.
Portée par la SOPAIR, l’offre rassemble six parcours de vélo de gravelle en libre-service, téléchargeables gratuitement. Ils s’adressent autant aux personnes curieuses de s’initier qu’aux cyclistes capables de planifier une aventure sur plusieurs jours.
L’idée est simple : utiliser les routes de gravelle, les rangs, les chemins secondaires, les segments asphaltés et les pistes cyclables pour faire apparaître un autre visage des Laurentides. « On voulait avoir du tourisme à moindre impact, avoir des visiteurs, mais des visites cohérentes avec nos valeurs sur le territoire », explique Marie-France Lajeunesse, directrice générale de la SOPAIR.
Des boucles pensées pour le territoire
Les parcours n’ont pas été dessinés uniquement pour accumuler des kilomètres. Ils cherchent à créer des boucles cohérentes, à éviter les grands axes trop passants et à proposer des trajets qui donnent envie de s’arrêter.
Jean-Sébastien Thibault, d’Espresso Sports, a contribué à la conception des tracés. « Ils sont venus me chercher parce que je les avais déjà faits, raconte-t-il. J’ai fait un best of de tout le monde, puis j’ai essayé que ça tourne dans des boucles pour faire quelque chose d’accessible. » Les Laurentides restent un territoire de côtes et de reliefs soutenus. L’offre permet toutefois de choisir son défi.
La mairesse de Sainte-Adèle, Nadine Brière, y voit aussi une occasion de mettre en valeur la mobilité active. « Ça démontre que la mobilité active est précieuse dans notre région, souligne-t-elle. Notre territoire est magnifique et rouler en douceur nous permet de l’admirer encore plus. »

Rouler avec prudence
La caractérisation des itinéraires a été réalisée avec l’appui de Vélo Québec, selon des critères liés à la circulation, aux obstacles, à la vitesse et aux accotements. Le but : proposer des trajets intéressants sans envoyer les cyclistes dans des conditions inadéquates.
Comme les parcours empruntent des routes et infrastructures publiques, leur état peut changer. La SOPAIR invite donc les cyclistes à consulter l’information disponible avant de partir.
Aller au-delà du P’tit Train
Le P’tit Train du Nord demeure l’un des grands repères cyclables de la région. Gravelle Laurentides s’y greffe pour ouvrir d’autres possibilités. À partir de cette colonne vertébrale bien connue, les cyclistes peuvent rejoindre des boucles et découvrir des secteurs moins fréquentés.
Pour Marilyne Lortie, directrice générale du P’tit Train du Nord, cette complémentarité est au cœur du projet. « Utiliser un moteur touristique aussi fort que le P’tit Train du Nord pour diluer les flux et inviter les gens à découvrir d’autres portions des Laurentides, c’est ce qu’on veut », affirme-t-elle.
Une corde de plus pour le plein air
Pour la préfète de la MRC des Pays-d’en-Haut, Catherine Hamé, le vélo de gravelle s’ajoute à une offre déjà variée, entre vélo de montagne, P’tit Train du Nord, sentiers et Routes blanches. « On voit vraiment l’engouement qu’il y a pour tout ce qui concerne le plein air et le vélo plein air, affirme-t-elle. C’est une nouvelle façon de mettre en valeur notre réseau. »
Derrière les parcours, il y a aussi une intention économique : encourager des sorties qui se prolongent dans les villages, les hébergements, les commerces et les attraits locaux.
Prendre le temps
Gravelle Laurentides n’est pas seulement une carte de parcours. C’est une invitation à choisir son rythme. On peut partir pour 13 km, prévoir une grande boucle, s’arrêter dans un village, prolonger la sortie avec une nuitée ou simplement découvrir une route qu’on n’aurait jamais empruntée autrement.
La gravelle a cette qualité : elle amène ailleurs sans nécessairement aller loin. Elle transforme les détours en destinations. Elle oblige parfois à ralentir, mais c’est souvent là que le paysage apparaît vraiment.
Dans les Laurentides, les parcours ne promettent pas tous la facilité. Ils promettent plutôt une expérience : celle de sentir le relief, de traverser les villages autrement et de regarder le Nord à hauteur de vélo.

Six parcours, six niveaux d’aventure
Gravelle Laurentides se décline en six itinéraires, chacun avec son niveau d’effort, sa distance et son type d’expérience.
La Monroe
- Très facile
- 13 km
- 94 m de dénivelé.
- C’est le parcours d’initiation, pour apprivoiser le vélo de gravelle sans se lancer dans une longue sortie.
Le P’tit Narval
- Niveau intermédiaire
- 31,5 km
- 411 m de dénivelé.
- Il permet de vivre une vraie sortie de gravelle, avec un effort plus soutenu, mais encore accessible aux personnes qui souhaitent progresser.
La P’tite Ourse
- Niveau intermédiaire
- 71 km
- 621 m de dénivelé
- Ce parcours demande une meilleure préparation. Il s’adresse aux cyclistes qui veulent passer plusieurs heures dehors, en combinant effort, paysages et arrêts en chemin.
La P’tite Boréale
- Difficile
- 106 km
- 1 168 m de dénivelé
- Ici, on entre dans la grande sortie. Le parcours convient aux personnes qui ont déjà de l’expérience et qui savent gérer leur rythme.
La Retraite de l’Ouest
- Très difficile
- 154 km
- 1 494 m de dénivelé
- Elle peut devenir une escapade d’envergure, à organiser sur une longue journée ou plus, selon le niveau et l’envie.
La Grande Boréale
- Très difficile
- 269 km
- 2 777 m de dénivelé
- Aventure phare, c’est un itinéraire pour cyclistes aguerris, capables de composer avec la distance, les montées, la météo et la logistique d’un parcours de plusieurs jours.