25e anniversaire du vol TS236 : Robert Piché veut laisser un legs
Par Louis-Philippe Forest-Gaudet (Initiative de journalisme local)
Vingt-cinq ans après l’atterrissage d’urgence du vol TS236, Robert Piché a retrouvé le public au Musée Rodrigue, à Saint-Sauveur. La soirée du 22 août a aussi souligné le premier anniversaire du lieu et une autre page marquante de l’aviation québécoise.
Le 24 août 2001, l’Airbus A330 d’Air Transat perd ses deux moteurs au-dessus de l’Atlantique. Robert Piché et le copilote Dirk de Jager dirigent alors l’appareil vers Lajes, aux Açores. Les 306 personnes à bord survivent.
Samedi, l’exploit était au cœur d’un souper organisé par le Musée Rodrigue et la Fondation Aérovision Québec.
Un legs à transmettre
Robert Piché n’avait pas lui-même planifié la célébration. Il collabore toutefois avec les deux organisations depuis l’ouverture officielle du musée, l’an dernier.
Déjà porte-parole de la Fondation Aérovision Québec, il a accepté de contribuer à la mise en valeur de la section consacrée à l’aviation au Musée Rodrigue. « Ça va faire connaître le vol 236 aux générations qui n’étaient pas au monde quand c’est arrivé », explique-t-il. « C’est une manière pour moi de laisser un legs du vol. »
La soirée a aussi réservé une surprise au commandant. Elisa Bernard, une passagère du vol TS236, était présente sous le chapiteau. Elle avait été la première personne à emprunter une glissière lors de l’évacuation de l’appareil. Celle-ci se trouve en compagnie de Robert Piché sur la photo principale de l’article.
Une passion contagieuse
Robert Piché a profité de l’événement pour inviter le public à appuyer le Musée Rodrigue. Le lieu compte 16 salles thématiques et plus de 5 000 artefacts, dont une section liée au vol TS236.
Lorsqu’il a été approché pour s’y associer, le commandant s’attendait à découvrir une collection plus modeste. Sa visite l’a rapidement convaincu. « J’ai passé trois heures à faire le tour de son musée, je suis tombé à terre », raconte-t-il. « La maquette, le travail là-dedans, ce n’est pas croyable. »

Il dit avoir été frappé par la passion de Claude Rodrigue, fondateur du musée, et de l’équipe bénévole. « C’est facile de se joindre à lui et de donner un bon coup de main dans sa démarche », ajoute-t-il.
Plus qu’un atterrissage
Pour Robert Piché, l’intérêt du public dépasse l’atterrissage aux Açores. Son parcours de reconstruction, après la prison et l’alcoolisme, rejoint aussi des personnes qui traversent des épreuves. « Les gens s’identifient à moi, à mon histoire, parce que je ne suis pas le seul à avoir une vie extraordinaire », affirme-t-il. « Bien que tu fasses des erreurs, ce n’est pas grave. Tu peux toujours te relever et recommencer. »
La Fondation Aérovision Québec a également remis le trophée Robert Piché, à titre posthume, au pilote James Raymond Hartley. Le 23 décembre 1946, celui-ci avait posé un De Havilland Dragon Rapide sur les glaces du fleuve Saint-Laurent, près de Mont-Joli, après une panne de ses deux moteurs.
Six des sept personnes à bord avaient survécu après plusieurs jours sur les glaces. Une murale commémorative soulignant le 25e anniversaire de l’exploit de Robert Piché a aussi été dévoilée au cours de la soirée.
