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David Laflèche et Connor Seidel ont fondé le Treehouse Music Collective.
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Là où des chansons prennent vie

Par Marie-Catherine Goudreau

Quelque part dans la forêt de Sainte-Adèle se cache entre les arbres un studio de musique où artistes québécois se rendent pour créer. C’est le Treehouse Music Collective. 

Dans cette petite oasis entourée d’arbres, auteurs, compositeurs, interprètes, réalisateurs, producteurs québécois, se rencontrent pour créer du nouveau matériel musical. Le studio a été créé il y a 8 ans par David Laflèche.

« On rêvait d’un endroit pour faire de la musique autrement, sans avoir besoin de louer chaque fois », explique le guitariste, auteur-compositeur-interprète, directeur musical et réalisateur d’albums. Quand il a appris que l’espace se libérait, il a tout de suite vu le potentiel, et surtout la lumière et les formes de cette petite cabane. Ensuite est venu la construction du studio et l’insonorisation des pièces. 

De l’écriture, à l’enregistrement, en passant par la composition, tout le processus de création peut se faire dans le « Treehouse ». Sur le toit, on y a installé une terrasse accessible par une petite échelle. Là, on peut admirer les montagnes des Laurentides et même le coucher de soleil. C’est l’endroit parfait pour les sessions d’écriture. 

Collaboration 

« À un certain moment, j’étais sur le point de fermer le studio, pour plusieurs raisons. Mais je voulais terminer mon projet personnel avant. J’ai alors contacté Connor pour qu’il m’aide à venir terminer mon album », raconte David. 

Connor Seidel, réalisateur, auteur et multi-instrumentiste était déjà venu au studio avec Matt Holubowski pour un de ses albums. À la suite de l’invitation de David, il a passé quelques semaines avec lui dans le studio, à l’été 2019. « J’ai tout de suite eu confiance en lui », dit David. Un coup de fil plus tard, Connor demandait de louer l’espace pour réaliser un autre album avec Matt. 

« Un mois est devenu trois mois, puis ça s’est transformé en partnership. C’est ainsi qu’est né le Treehouse Music Collective », ajoute Connor. 

Se laisser inspirer par la nature 

« J’ai déjà eu trois ou quatre studios à Montréal dans le Mile End, et il n’y avait jamais de fenêtres, de lumière naturelle », explique Connor. « La première fois que je suis venu ici, c’était complètement le contraire. On a les portes grandes ouvertes durant l’été pour chaque session. C’est toujours beau, même s’il pleut, même s’il neige. Ça fait qu’on est toujours très inspirés quand on travaille ici. » 

« Quand les artistes viennent ici, ils regardent dehors en pleine session en train de jouer leur instrument puis se disent : « wow » », ajoute David. 

Matt Holubowski, Eliot Maginot, Marie-Mai, Jeffrey Piton, nombreux sont les artistes qui se sont laissé inspirer par l’endroit. Le studio sert aussi à enregistrer des productions musicales pour des projets de télévision.

« On travaille des versions, on les enregistre, pour les distribuer après. Ça sert à plein de choses », explique David. 

Le studio accueille toutes sortes de projets. Certains viennent avec toute leur équipe et louent l’endroit seulement, alors qu’avec d’autres artistes, Connor et David vont réaliser leur projet. 

« On peut participer à l’arrangement sonore et à la direction musicale d’un projet. On a aussi des projets plus personnels à nous. Comme on est propriétaires, ça nous permet d’avoir la latitude pour essayer des trucs, sans que ça nous coûte trop cher », souligne David. « Et on joue aussi de la musique ! Connor a joué tous les instruments ici. »

1969 collective 

C’est dans le studio Treehouse Music Collective qu’a été réalisé l’album 1969, sorti en avril dernier. Ce projet collectif est né de l’amour de Connor Seidel pour la musique folk de ces années. Il a rassemblé quelques artistes québécois tels que Louis-Jean Cormier, Matt Holubowski, Les sœurs Boulay, Safia Nolin, Eliot Maginot, Élisapie, Half Moon Run, Ariane Moffat qui ont tous créé une chanson qui reflète l’année 1969. 

« Je ne connaissais pas du tout la musique québécoise, comme je suis anglophone à Montréal. C’est en travaillant avec Les sœurs Boulay que j’ai découvert Jean-Pierre Ferland, Robert Charlebois, toute cette musique des années 60. Je trouvais ce type d’écriture et d’arrangements tellement beaux, et il n’y a pas beaucoup d’artistes au Québec qui font ce type de musique », explique Connor. 

Il a donc choisi une année, et invité les artistes à travailler « cette niche de musique : folk et très douce ». « Le Treehouse, c’était comme la maison pour le projet. Presque tout a été écrit ici. »

« C’était aussi un prétexte pour travailler avec beaucoup d’amis, et d’artistes », dit Connor en souriant. « C’était vraiment un projet de famille, juste pour faire de l’art, par et pour nous. »

Sur la page Instagram @the1969record, on y trouve des capsules vidéo qui ont été réalisées avec chaque artiste durant leur journée passée au Treehouse. 

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