Salon des aînés : du kiosque à l’accompagnement
Par Jean-Simon Guay
Une personne s’arrête devant le kiosque de L’Antr’Aidant en compagnie du parent qu’elle accompagne. Elle aurait des questions à poser, mais hésite à parler de pertes cognitives ou de perte d’autonomie devant lui. Une intervenante lui remet alors de l’information, prend discrètement ses coordonnées et lui propose de la rappeler lorsqu’elle sera seule.
Cette situation, L’Antr’Aidant la rencontre régulièrement au Salon des aînés de Saint-Jérôme. Présent depuis la toute première édition, l’organisme régional y voit bien davantage qu’une occasion de distribuer des dépliants.
Le Salon, qui se déroulera le 12 septembre au Quartier 50+, réunira une centaine d’exposants offrant des services aux aînés et à leurs proches.
Pour L’Antr’Aidant, cette concentration de visiteurs et de ressources représente un lieu privilégié pour rejoindre des personnes qui ne se reconnaissent pas nécessairement comme proches aidantes.
« C’est le plus gros Salon des aînés qu’on a dans la région des Laurentides, mais il touche aussi au vieillissement en général », explique la directrice générale de l’organisme, Julie Gravel.
« On pense qu’on a là l’écosystème idéal pour dépister des personnes proches aidantes, pour leur permettre de reconnaître leur rôle, mais aussi pour permettre à la population de reconnaître les gens autour d’elle », souligne-t-elle.
Un premier contact immédiat
Au moins trois membres de l’équipe seront présents au kiosque en tout temps afin de répondre aux questions, mais aussi d’accueillir des situations personnelles. Des intervenantes circuleront également dans le Salon avec des vestes sur lesquelles l’expression « proche aidant » est inscrite en évidence.
« Il y a quelque chose d’instantané dans le service offert gratuitement à la population », explique la directrice générale.
L’équipe ne demeurera pas uniquement derrière son kiosque. Elle rencontrera les visiteurs, assisteront à certaines conférences et établiront des liens entre les sujets abordés et la réalité des proches aidants.
« On ne les mettra jamais dans une situation où elles pourraient être inconfortables. Elles vont quand même avoir accès à toute l’information et on pourra prendre leur nom pour les rappeler à un moment où elles seront seules », précise Julie Gravel.
Des visiteurs plus jeunes
Avec les années et la popularité croissante du Salon, L’Antr’Aidant remarque également un rajeunissement des personnes qui s’arrêtent à son kiosque.
« Les gens ont envie de se préparer à vieillir ou à accompagner le vieillissement. On trouve que le Salon est un grand levier social pour ça », observe la directrice générale.
L’organisme rencontre notamment davantage de proches aidants dits « sandwichs », qui doivent composer simultanément avec les besoins de leurs enfants et ceux de leurs parents vieillissants.
« On a des adolescents ou de jeunes adultes encore à la maison et, en même temps, des parents qui vieillissent. C’est la clientèle qui a le plus augmenté dans les salons des aînés, entre autres à Saint-Jérôme », indique-t-elle.
« Quand on accueille un enfant au Québec, on reçoit le guide Mieux vivre avec notre enfant. Mais mieux vivre avec son grand-parent, personne ne reçoit ça. Ça vaut la peine de parler du vieillissement avec nos proches », illustre-t-elle.
De 20 à 30 suivis chaque année
Bon an, mal an, l’équipe recueille directement au Salon les coordonnées de 20 à 30 personnes.
« Ces personnes sont rappelées dans la semaine qui suit et plusieurs vont intégrer nos activités dans le mois suivant. C’est quand même une donnée probante », affirme Julie Gravel.
« On rencontre d’anciens aidants qui nous disent : “Si j’avais su que vous existiez, si j’avais eu ça, ça se serait beaucoup mieux passé pour moi.” »
Ces rencontres peuvent mener à une implication au sein de la brigade bénévole de L’Antr’Aidant, composée de personnes souhaitant partager leur expérience auprès d’autres proches aidants.
Plus de 15 groupes réunis
Cette année, l’organisme profitera également du Salon pour présenter un nouvel outil réunissant dans un même document ses quelque quinze groupes de soutien offerts dans les Laurentides.
Pour Julie Gravel, s’arrêter au kiosque constitue déjà une façon de reconnaître collectivement l’importance des proches aidants.
« Les personnes proches aidantes sont les piliers de notre société dans le contexte du vieillissement de la population et des défis du réseau de la santé. En visitant notre kiosque, les gens prennent une partie de cette responsabilité collective avec nous. On sera là pour eux, autant qu’ils sont là pour la personne qu’ils accompagnent. »