Cinq ans plus tard, le parc du Mont Loup-Garou poursuit son développement
Par Alexane Taillon-Thiffeault (Initiative de journalisme local)
Cinq ans après son inauguration officielle, le parc du Mont Loup-Garou est l’un des principaux espaces naturels protégés de Sainte-Adèle. Né d’une mobilisation citoyenne visant à préserver un vaste territoire menacé par le développement immobilier, le parc célèbre cette année son cinquième anniversaire.
S’étendant sur 3,2 kilomètres carrés, le parc comprend notamment les lacs Matley et Richer ainsi que plusieurs sommets, dont le plus élevé de la MRC des Pays-d’en-Haut, culminant à 498 mètres. Aujourd’hui, il offre près de 60 kilomètres de sentiers consacrés à différentes activités quatre saisons, dont la randonnée pédestre, le vélo de montagne, le ski de fond classique et le ski nordique.
Pour Daniel Bergeron, président de Plein Air Sainte-Adèle (PASA), organisme responsable de la gestion du site, l’anniversaire est l’occasion de revenir sur le chemin parcouru depuis les débuts du projet.
« On est vraiment très fiers de ce qui a été réalisé. Ce qui est remarquable, c’est que c’est un projet qui est né d’une volonté citoyenne de protéger un territoire exceptionnel », souligne-t-il.
Une mobilisation pour préserver un territoire
L’histoire récente du parc remonte à 2017, lorsqu’un premier projet immobilier est présenté dans le secteur du Chantecler. Cette annonce est comme un élément déclencheur auprès de citoyens préoccupés par l’avenir du territoire.
La même année, le sommet du Mont Loup-Garou est acquis, amorçant un grand processus d’acquisition de terrains qui se poursuivra jusqu’en 2020. Le projet est présenté à la population en 2018, puis une étude sur les sentiers de plein air de Sainte-Adèle est dévoilée l’année suivante. Un groupe d’ambassadeurs est également créé pour mobiliser des donateurs et appuyer financièrement les démarches.
Cette initiative de conservation s’inscrit toutefois dans une histoire beaucoup plus ancienne. Le territoire a d’abord été défriché et cultivé au moment de la colonisation des Laurentides, vers le milieu du 19e siècle. À partir du début du 20e siècle, il est devenu un lieu fréquenté par les skieurs. Avec l’abandon des activités agricoles, la forêt reprend ses droits et le secteur se reboise naturellement.
« Quand on marche dans le parc aujourd’hui, on traverse des paysages qui racontent plusieurs chapitres de l’histoire des Laurentides », explique M. Bergeron.
Un réseau de sentiers développé progressivement
Après les acquisitions foncières, une nouvelle étape s’amorce en 2021 avec la ratification d’une servitude de conservation et l’entrée en vigueur d’une entente de gestion déléguée. Le parc est officiellement inauguré la même année.
Depuis, les efforts ont principalement porté sur la planification et le développement d’un réseau de sentiers accessible à différents types d’usagers. « On a voulu créer un réseau qui soit à la fois sécuritaire, respectueux de l’environnement et adapté à plusieurs niveaux d’expérience », indique Daniel Bergeron.

Aujourd’hui, le territoire compte environ 15 kilomètres de sentiers de randonnée pédestre, 20 kilomètres destinés au vélo de montagne ainsi que des parcours consacrés au ski classique et au ski nordique durant la saison hivernale.
Le parc accueille autant des visiteurs locaux que des adeptes de plein air provenant de l’extérieur de la région. Et selon M. Bergeron, l’objectif demeure de préserver le caractère naturel du site tout en permettant à la population d’en profiter.
Cette approche a d’ailleurs été reconnue par plusieurs organismes. Le projet a notamment reçu le prix Implication sociale d’Éco-corridors Laurentiens en 2022 ainsi que le prix Otium de l’Association québécoise du loisir municipal en 2023.
Les défis des prochaines années
Après une phase d’acquisition, puis de développement, les responsables du parc amorcent maintenant une période de consolidation qui va durer jusqu’en 2030.
Parmi les priorités figurent l’amélioration des accès au territoire, la poursuite de la mise à niveau des infrastructures existantes et la protection des milieux naturels. Une attention particulière sera également accordée à la cohabitation avec les quartiers résidentiels voisins.
Les gestionnaires souhaitent aussi mettre davantage en valeur le patrimoine historique, culturel et naturel du site. « La conservation demeure au cœur du projet. On veut continuer à améliorer l’expérience des visiteurs, mais toujours dans le respect de ce qui fait la richesse du territoire », affirme M. Bergeron.
Une fête pour souligner l’anniversaire
Afin de marquer les cinq ans du parc, Plein Air Sainte-Adèle organise une journée de célébration le 13 juin prochain, de 10 h à 17 h.
L’événement est réservé aux citoyens de Sainte-Adèle ainsi qu’aux membres privilège de PASA. Diverses activités sont prévues afin de permettre au public de découvrir ou redécouvrir ce territoire qui est devenu, en quelques années, un symbole de la protection des espaces naturels dans les Laurentides.
Pour les responsables du projet, cette célébration représente surtout l’occasion de souligner le travail collectif qui a permis de transformer une mobilisation citoyenne en un parc récréotouristique accessible à la population et protégé pour les générations futures.