Formation numérique avec HEC : des résultats variables chez les PME des Pays-d’en-Haut
Par Jean-Simon Guay
La première cohorte d’une formation en marketing numérique avec HEC Montréal est maintenant terminée. Certaines PME des Pays-d’en-Haut en tirent déjà des résultats mesurables. D’autres peinent à suivre le rythme. Une deuxième cohorte est prévue.
Offerte à dix d’entreprises des Laurentides, dont la moitié de la MRC des Pays-d’en-Haut, la formation en marketing numérique développée avec HEC Montréal vise à aider les entreprises à mieux utiliser les outils numériques.
Structurés sur une période d’environ 12 semaines, les participants ont travaillé sur la stratégie numérique, l’analyse des données, les campagnes publicitaires, l’optimisation de leur présence en ligne ainsi qu’à l’intégration pertinente de l’intelligence artificielle.
Des retombées concrètes… mais variables
Chez Overnight Van Supplies, à Sainte-Anne-des-Lacs, l’expérience a été positive. L’entreprise, connue pour sa participation à l’émission Dans l’œil du Dragon, vend des équipements pour fourgonnettes aménagés.
« Avant, on laissait beaucoup de décisions à notre agence. Maintenant, on comprend mieux ce qui est mis en place et on peut participer aux décisions », explique Virginie Bouchard.
Certains ajustements réalisés dans le cadre de la formation ont même eu un impact mesurable. Lors du Vendredi fou, l’entreprise dit avoir enregistré une hausse de ses ventes de 120 % par rapport à la même période l’année précédente.
Mme Bouchard souligne aussi la valeur du Mentorat. « On avait accès à deux heures de consultation individuelle avec Sylvain Amoros. C’est une sommité dans le domaine du marketing numérique. Juste ça vaut largement plus que le coût de la formation », dit-elle.
Malgré tout, elle note que le moment choisi pour suivre la formation représentait un défi. « Ça arrivait en même temps que notre plus grosse période de ventes. On aurait aimé avoir ces outils-là avant. »
Une réalité différente pour d’autres PME

À Sainte-Adèle, l’entreprise Rustic-Tac n’a pas été en mesure de compléter la formation.
« Le manque de temps est un enjeu majeur pour les petites PME. On porte plusieurs responsabilités à la fois, ce qui rend difficile l’intégration continue de nouvelles pratiques », explique Nancy Martin, vice-présidente de l’entreprise.
Elle souligne que l’adoption de stratégies numériques demande souvent des ressources supplémentaires, notamment à l’interne. « Une telle rigueur demande des ressources dédiées, mais l’embauche représente un défi, notamment en raison des attentes salariales élevées. »
Une pression accrue avec l’intelligence artificielle
Selon Mme Martin, l’arrivée de l’intelligence artificielle ajoute une couche de complexité. « Elle peut améliorer l’efficacité, mais c’est un univers en constante évolution, où l’on ressent rapidement une pression à ne pas manquer le train. »
Elle note également que plusieurs entreprises adoptent des approches similaires, ce qui rend la différenciation plus difficile dans un environnement où les consommateurs sont de plus en plus sollicités.
Une deuxième cohorte déjà en préparation
Une deuxième cohorte doit débuter à la fin juin 2026. Jusqu’à 15 entreprises pourraient y participer. La formule sera bonifiée, avec plus d’ateliers pratiques et un volet élargi sur l’intelligence artificielle.
Si le besoin de soutenir les PME dans leur virage numérique ne fait aucun doute, les témoignages montrent toutefois une réalité nuancée qui varie d’une entreprise à l’autre — entre gains concrets et défis d’intégration.