Se déplacer sans voiture dans les Laurentides : un service encore méconnu
Par Jean-Simon Guay
Dans les Laurentides, un service de transport collectif permet de se déplacer entre les municipalités sans voiture. Pourtant, plusieurs citoyens ignorent encore son existence… ou ne savent pas comment l’utiliser.
Pour certains, ce service représente bien plus qu’une simple alternative. Aînés, étudiants, personnes sans permis ou à mobilité réduite y trouvent une solution pour se déplacer dans une région où les distances sont importantes et les options limitées.
Sur les réseaux sociaux, plusieurs témoignages illustrent toutefois des réalités très différentes. Un jeune travailleur affirme devoir marcher jusqu’à deux heures pour se rendre à son emploi faute de service tôt le matin. Une autre citoyenne mentionne, de son côté, ne pas comprendre le fonctionnement du système. À l’inverse, certains estiment que le service répond adéquatement aux besoins… mais principalement aux heures de pointe.
Un service en deux volets
Le réseau repose sur deux services complémentaires. D’un côté, des lignes d’autobus relient les principales municipalités, notamment le long de la route 117. De l’autre, le taxibus, un service sur réservation, permet de rejoindre ces axes à partir de secteurs moins desservis.
Concrètement, un usager doit réserver son déplacement avant 16 h la veille (ou le vendredi pour la fin de semaine), choisir une plage horaire — généralement le matin, le midi ou le soir —, puis se rendre à un point d’arrêt prédéterminé. « Le taxibus n’est pas un service de porte à porte », précise Marie-Claude Beaudet, directrice générale du Transport adapté et collectif des Laurentides (TACL).
Ce modèle, moins connu, peut demander une certaine adaptation pour les nouveaux utilisateurs.
Un service à mieux faire connaître
Selon la directrice générale, le taxibus fait partie d’une offre complémentaire au réseau d’autobus, mais demeure moins utilisé.
Elle reconnaît que certains aspects du service peuvent être difficiles à comprendre pour les usagers. « Il faut regarder longtemps pour être capable de comprendre », indique-t-elle, en évoquant notamment la complexité des horaires.
Des ajustements sont d’ailleurs envisagés afin de rendre le service plus simple et plus accessible. Une révision des horaires est notamment prévue, dans le but d’en améliorer la lisibilité et l’utilisation.
Des contraintes liées au territoire

Le fonctionnement du service s’explique aussi par la réalité du territoire. Dans les Laurentides, les distances sont grandes et les zones habitées souvent dispersées.
Les arrêts de taxibus sont généralement situés dans un rayon d’environ cinq kilomètres des noyaux villageois. Les usagers doivent donc se déplacer jusqu’à ces points d’embarquement, ce qui peut représenter un défi pour certains secteurs.
« Pour certaines personnes, notamment à mobilité réduite, se rendre à un arrêt peut être difficile », souligne Mme Beaudet. Dans certains cas, l’absence de trottoirs ou d’infrastructures adaptées complique davantage l’accès au service.
Par ailleurs, le service offre actuellement un nombre restreint de départs par jour, ce qui peut limiter sa flexibilité pour certains déplacements.
Un financement partagé
Le transport collectif dans la région est financé en partie par le ministère des Transports, qui soutient les services en fonction de leur utilisation. Le reste des coûts est assumé par les municipalités, par l’entremise des MRC.
Le budget consacré au taxibus varie d’une année à l’autre selon l’achalandage. À titre d’exemple, il a atteint environ 80 000$ en 2024 dans les Pays-d’en-Haut, tandis qu’ils ont estimé à près de 60 000$ pour 2026. Dans d’autres secteurs, comme la MRC des Laurentides, il peut dépasser les 200 000 $, notamment en raison des distances plus importantes à couvrir.
Un outil à découvrir
Pour accompagner les usagers, un centre d’appel est accessible en semaine afin de répondre aux questions et faciliter les réservations.
L’information sur le réseau est également accessible en ligne. Le site du TACL permet de consulter les horaires, de suivre les autobus en temps réel et de voir les correspondances avec le taxibus. Une carte interactive des arrêts, avec photos, est aussi offerte.
Dans une région où la voiture demeure souvent essentielle, mieux faire connaître et comprendre les options de transport collectif pourrait faire une réelle différence pour plusieurs citoyens.