(Photo : Luc Robert)
Le curling de Saint-Sauveur occupait le site actuel du théâtre de Saint-Sauveur, aujourd’hui à vendre.
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Curling Saint-Sauveur : Des rencontres grâce au sport

Par Luc Robert - Initiative de journalisme local

Dans les années 1970, le curling de Saint-Sauveur occupait le site actuel du théâtre du même nom, présentement mis en vente à l’intersection de la rue Claude et de l’avenue Aubry.

Âgé d’à peine 25 ans, Jean-Gilles Bélisle se souvient de cette époque sportive et sociale.

« Avec ses quatre allées de curling, sa piscine et son sauna, le curling de Saint-Sauveur était l’endroit de prédilection des jeunes. L’endroit, qui appartenait au Mont-Gabriel, était géré par feu Paul Bélanger », s’est souvenu M. Bélisle. Ce dernier campait plusieurs postes à l’établissement, avec un horaire de travail atypique.

« J’étais à la fois serveur au bar, ainsi que préposé à la piscine et aux allées de curling. C’était de loin cette dernière tâche qui me plaisait le plus. Étant minutieux d’avance, je devais arroser et gratter la surface glacée, afin que la patinoire soit la plus droite et lisse possible, car les pierres devaient se rendre au bout dans les meilleures conditions, vers la cible. J’épandais l’eau à reculons, avec un genre de pommeau de douche, pour être précis. Ça prenait beaucoup de patience. Ma mère (Yvonne Hotte-Bélisle) ne trouvait pas ça comique quand je revenais du curling à 4h AM, sans avoir bu une seule goutte (rires) », s’est-il souvenu.

Les changements brusques de températures pouvaient rapidement se répercuter sur la santé des employés. « Quand on passait quelques heures à servir les clients et à entretenir la piscine et le sauna, à 90 degrés Faraneights, c’était ensuite l’occasion d’attraper une bonne grippe, quand on allait s’occuper du curling, à 28 Faraneight, la température idéale pour garder la glace en bonne condition. Ça prenait une santé de fer. J’ai perfectionné mon anglais à servir les joueurs des ligues interrégionales. J’ai même trouvé ma future épouse, Mireille Filion, que je saluais au retour, près de la ferme Molson. C’était une époque heureuse et festive, où on ne s’en faisait pas trop avec les éléments de la vie. »

Les Bonspiels

Le curling de Saint-Sauveur était aussi un endroit reconnu pour présenter des tournois interrégionaux et provinciaux de la discipline.

Au début des années 1970, Jean-Gilles Bélisle a participé à la grande époque du curling de Saint-Sauveur. 

« Au début, au salon, on retrouvait surtout des fêtes d’écoles ou de groupes, où la danse était à l’honneur. Nous étions deux employés à s’occuper du curling, de sorte qu’on a appris à jouer en côtoyant les gens du milieu. Puis, peu à peu, la réputation de l’endroit a dépassé les frontières des villes voisines : les trains arrivaient à Saint-Sauveur avec des joueurs de quilles de plusieurs régions, pour les tournois Bonspiels. Il y avait des concurrents de Lachute, de Montréal, de l’Ontario aussi. Ça faisait différent de voir débarquer des quilleurs, nous qui recevions surtout des skieurs. »

Nouvelle vocation

Le curling de Saint-Sauveur devint, selon la « biographie Internet » des lieux, le théâtre de Saint-Sauveur. Dans les années soixante-dix, différents producteurs y travaillèrent en saison estivale, dont Yves Corbeil et Gilles Richer.

En 1983, Robert Rivard est devenu propriétaire des lieux et a commencé un travail de rénovation, pour en faire une salle de spectacle confortable. Puis, en 1989, Philippe Riopelle reprit l’immeuble et termina les travaux, afin de confirmer sa vocation de théâtre d’été professionnel. Adjacent au théâtre, une salle à manger proposa aussi des forfaits souper-théâtre relevés.

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